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Indonésie de 1995 à 1999 : Histoire

Publié le 24/12/2018

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Dès le début des années 1995-1999, la situation politique de l’archipel indonésien se dégrade. En juin 1996, Megawati Sukarnoputri (fille du premier président de l’Indonésie, de 1949 à 1966, Ahmed Sukarno) est évincée de la présidence du PDI (Parti démocratique indonésien), le principal parti de l’opposition. Pour le pouvoir en place, elle présente un danger car elle a su rallier à son parti après les classes moyennes urbaines, de plus en plus insatisfaites du décalage entre le niveau de développement économique général du pays et la nature autoritaire d’un régime qui résiste toujours à toute réforme. Malgré la répression sévère de ses partisans, elle veut incarner une alternative démocratique au système en place depuis l’indépendance. Le contrôle exercé par l’Etat sur les principaux partis autorisés, le PDI et le PPP (Parti du développement uni, qui regroupe les musulmans) empêche ces formations de mobiliser l’opinion publique et de canaliser le mécontentement populaire, ouvrant la voie à une possible radicalisation de l’opposition comme le prouvent les troubles survenus en 1997. Ces émeutes traduisent moins des conflits interethniques ou interconfessionnels -en raison de la coexistence plutôt harmonieuse des religions reconnues (islam, bouddhisme, hindouisme, protestantisme et catholicisme) -qu’une profonde crise sociale due à l’accentuation des disparités économiques et sociales. Le mécontentement gagne surtout la jeunesse, touchée de plein fouet par le chômage. La corruption, le népotisme et l’autoritarisme du régime sont de plus en plus contestées et de nouvelles violences éclatent en mai à l’occasion des élections législatives, remportées une fois de plus par le parti au pouvoir, le Golkar (74 % des voix).

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« (dont le projet autoroutier confié à l'entreprise de BTP de la fille de Suharto).

Après la signature, en janvier 1998, de l'accord en cinquante points avec le FMI, Ahmed Suharto décide de briguer un septième mandat présidentiel.

Mais la contestation se radicalise : l'opposition passe à l'offensive à 1 'approche des élections de mars (un millier d'intellectuels musulmans propose Amien Raïs, leader de la puissante association réformiste d'action sociale, Muhammadiyah, comme candidat à l'élection présidentielle, tandis que Megawati Sukamoputri pose sa candidature, qui est invalidée par le gouvernement).

Au sein même de l'armée, des voix s'élèvent contre la candidature de Suharto.

Au terme de trois décennies de croissance (7 % par an en moyenne), le pays entre dans une phase d'incertitude, mais Suharto, défiant l'exaspération de la population, à son comble depuis le début de la crise monétaire qui secoue 1 'archipel indonésien, et brandissant la menace d'un prétendu complot de l'Occident, se fait « réélire » pour un septième mandat de cinq ans.

Après son investiture officielle par l'Assemblée du peuple (dont la moitié des membres est nommée par le pouvoir, avec 75 sièges réservés à l'armée, pilier du système, et dont la majorité des élus sont issus des partis ayant l'accord du pouvoir), Suharto nomme un proche, Bacharuddin Jusuf Habibie, au poste de vice-président.

Le nouvel exécutif comprend essentieÜement des proches, dont sa fille .

Pourtant, après avoir consolidé son emprise sur 1 'appareil d'État et l'économie par la corruption et le népotisme, plus de deux déceooies durant, Suharto est congédié quelques semaines après sa >.

Les grandes émeutes de mai 1998 (qui font 1 200 morts), la pression des étudiants exigeant des réformes institutionnelles et démocratiques et celle de la communauté internationale, qui invite le pouvoir à >, ont précipité sa chute.

Durant l'année 1998, la crise touche tout le pays et, plus particulièrement, les classes les plus pauvres.

Les principaux indicateurs économiques et sociaux sont au rouge : le PIB chute de plus de 10%; l'inflation, le chômage (15 millions) et la pauvreté (plus de 32 millions de personnes vivant avec moins de 500 dollars par an) sont en hausse ; les productions de riz, de maïs et de soja subissent les effets des sécheresses provoquées par le phénomène climatique El Niiio du second semestre 1997.

Au désastre économique s'ajoute une catastrophe écologique : en novembre et décembre 1997, des incendies, provoqués par l'incurie des firmes exploitant des concessions forestières dans le Kalimantan, à Sumatra et à Java occidental, ravagent plus de 225 000 hectares.

Aggravées par le retard de la mousson, ces destructions entraînent une famine, remettant ainsi en cause 1' autosuffisance alimentaire que le pays connaît depuis 1985.

De nombreuses manifestations éclatent contre la vie chère, les licenciements, la corruption, le népotisme, les scandales et le contrôle de l'économie par la minorité chinoise.

Les émeutes antichinoises (des commerces sont incendiés, pillés ou mis à sac) sont tolérées, mais également encouragées par 1 'armée pour détourner la colère populaire grandissante contre les dirigeants et le système en place.

L'après-Suharto Le « retrait » de Suharto consacre autant la dislocation du système politique que l'échec de la stratégie de développement adoptée.

Cette dernière, fondée sur l'alliance entre un libéralisme financier débridé et des monopoles d'État ainsi que sur la confusion entre intérêts privés, familiaux et publics a montré ses limites sous les coups de la crise financière asiatique.

Cette démission forcée précipite le déclin de 1' instauré en 1966.

Le nouveau président J usuf Habibie doit conduire une difficile transition, tandis que des milliers d'étudiants continuent d'occuper les campus universitaires et exigent sa démission.

Le nouveau gouvernement ou. »

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