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Histoires et Historiens (épistémologie)

Publié le 12/08/2013

Extrait du document

Le quatrième livre contient des considérations géographiques relatives à l'expédition des Perses contre les Scythes, dont il étudie les lois et l'histoire, et contre les peuples de la Cyrénaïque.

Le cinquième livre décrit l'arrivée des Perses dans le nord de la Grèce et la conquête de la Macédoine.

Enfin, du sixième au neuvième livre, Hérodote dresse un tableau des guerres médiques. Son neuvième livre se termine sur la libération des colonies ioniennes d'Asie Mineure.

« • C'est ainsi que des sciences annexes de l'histoire voient le jour.

la dlronologie, notamment celle de la période julienne, acquiert ses lettres de noblesse avec l'historien et philologue Joseph- Juste Scaliger (1540-1609).11 en va de même avec la paléographie, à laquelle est associé le nom de Bernard de Montfaucon (1655-1741), auteur de la Paléographie ,......------., grecque (1718) et rAIItlfpllté exp/lffiH (1719).

De son côté, le bollandiste -membre d'une société qui travaille à partir du JMI' siècle au recueil de l'histoire de la vie des saints -Daniel Van Papenbroeck (1628-1714) donne une impulsion remarquable à la diplomatique, c'est-à-dire à l'étude de la structure des documents officiels en s'Intéressant à leur classification, leur valeur, leur age et leur authenticité.

Certains travaux de la période demeurent encore aujourd'hui des références.

C'est notamment le cas de l'analyse du Code théodosien à laquelle Jacques Godefroy (1587-1652) consacre trente années de sa vie.

• Si l'érudition est bien la marque de fabrique de l'histoire entre le 'Ill' et le JMI' siècle, celle-ci doit encore s'affirmer comme un moyen et non comme une fin les historiens des JMII' et XIX' siècles s'y emploieront IVIII._XIl, SlkLE : l'HISIOIH S'AVI'ONOMISE fliUDmON COMME MorEN • Nécessaire au travail de l'historien, l'érudition ne se suffit pas à elle-même.

Davantage que la simple mise en perspective des documents collectés et soumis à une analyse critique, l'érudition doit être replacée dans une vision plus large du passé.

•l'historien britannique Etlwt1Td GibbGII (1737- 1794) mène cette tadle à bien, comme l'atteste son Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain (1n6-1788).

Il s'appuie notamment sur les travaux des érudits français de l'Académie des inscriptions .

Bien que son œuvre soit marquée par l'Idéologie du droit naturel, Gibbon forme des hypothèses sur lesquelles les historiens d'aujourd'hui débattent encore.

• L'historien britannique ouvre la voie aux travaux de l'Allemand I.HfleM -••e (1795-1886) dont l'Histoire des peuples ro m ans et g ermaniqu es entre 1494 et 1535 (1824) réalise une habile synthése entre le dépouillement du compte­ rendu précis des documents et l'énoncé des problématiques nées de celuki.

Ranke s'Intéresse aussi à l'histoire de la France et de la Grande-Bretagne aux lM' et JMI' siècles.

deux pays auquel il consacre à chacun un ouvrage (1852- 1861, pour la France, et 1859-1869 pour la Grande-Bretagne) en insistant sur la vigueur des courants intellectuels qui s'y sont développés.

Historien cie premier ordre, Ranke est le créateur de l'école r--~--- ..

historique allemande dont l'antiquisant "1lleolltw Mo.tr~R tr (1817-1903) s'Impose bientôt comme la figure emblématique.

fHISIOIIE DES CMUSAIIOIIS • Alors que l'histoire telle que la conçoivent Gibbon et Ranke est encore exclusivement politique ou religieuse, d'autres commencent à entreprendre l'histoire globale d'une civilisation.

C'est l'objectif que poursuit Voltaire (1694- ma) avec son Siècle de Louis XIV (1751) et son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations (1756).

• Le Ba lois l«oollllll't:lrlltln ( 1818- 1897) s'engage dans cette voie en s'intéressant particulièrement à l'histoire culturelle .

Sa magistrale Civilisation de la Renaissance en Italie (1860) reste la • Bible • des historiens et des historiens de l'art sur ce sujet • Parallèlement à l'histoire culturelle se développe l'histoire économique, inaugurée dès 1843 par l'Allemand Wilhelm Rosdler (1817-1894) qui, avec ses collègues Bruno Hildebrand (1812-1878) et Kart Knies (1821-1898), s'attadle à dégager une théorie historique de l'économie politique .

lA PENsH n L"HISJOIIE • Plus largement.

les historiens commencent à considérer que tout ce qui est humain relève de la science sociale.

Il appartient aux historiens romantiques français, notamment à Adolphe Thiers (1797-1877), François Guizot (1787-1874), Auguste Migne! (1796-1884), Guillaume Barante (1782-1866), Augustin Thierry (1795-1856) ou Jule s Mkhel et (1798-1874), aux côtés de leurs collégues allemands et britanniques -parmi lesquels Ranke et Gibbon-, de mettre en mouvement.

à la lumière de l'expérience des luttes politiques et sociales issues de la Réwlution française, les concepts et les notions élaborées au siècle des lumières et les méthodes érudites inventées depuis la Renaissance.

• L'écriture de l'histoire -la manière et le style -évolue aussi, portée notamment par le souffle de Michelet • Ainsi, et bien qu'ils revendiquent une approdle scientifique, des historiens français comme Hippolyte Taine (1828-1893), Ernest Renan (1823-1892) ou Fustel de Coulanges (183!H889) marquent les esprits par l'exposé de leur sensibilité littéraire.

• Quels qu'ils soient, les historiens puisent leur inspiration dans les différentes philosophies de l'histoire, autrement dit dans les grands courants de la pensée ocddentale, du romantisme, du rationalisme, cie l'empirisme libéral ou encore du marxisme.

L'évolutionnisme qui traverse l'œuvre des grands penseurs du XIX' siècle comme Friedridl Hegel (TnD-1831), Auguste Comte (1798-1857), Chartes Darwin (1809-1882) ou Kart Marx (1818-1883), imprime également sa marque sur la recherdle historique .

• C'est en tant que produit de ces divers courants de la pensée occidentale que l'histoire moderne nalt au XIX' siècle .

• Dans le même temps, l'histoire devient une discipline qui s'enseigne à l'école et à l'université .

L'historien professionnel apparalt.

Les États, à l'instar de la Convention en France, organisent la conservation des documents, des ardlives et subventionnent les recherches .

L'HISTOIRE AUJOURD'HUI W UMmS DE L"HISIOIIE I'OSITIVISI'E • Entre la fin du XIX' siècle et les années 1920, l'histoire parait être victime de son propre succès.

Assurée dans ses méthodes, l'histoire des historiens -l'histoire universitaire -croit possible de s'émanciper des hypothèses et des interrogations surgissant des événements politiques et de la pensée philosophique .

Elle écarte comme non historique tout fait n'ayant pas reçu la consécration du document écrit Ce faisant.

cette histoire positiviste restreint son domaine à l'histoire politique et à l'histoire des seules personnalités ou événements susceptibles de laisser des traces écrites.

Parallèlement.

l'histoire abandonne ses prétentions aux explications globales pour se limiter à des explications partielles.

• En dépit de ses protestations d'objectivité, cette histoire positiviste n'est pas indépendante des idèologies, notamment libérales et nationalistes, qui sous-tendent les recherches du Français Chartes Seignobos (1854-1942) et de l'Allemand Heinrich von Treitschke (1834-1896), député nationaliste, partisan ouvert de Bismarck et du retour de l'Alsace à la Prusse et dont l'antisémitisme inspirera les nazis.

Il en est de même de son compatriote Wilhelm Mommsen (1892-1966), sympathisant notoire des nazis qui perdit son emploi en 1945.

• Dès la fin des années 1920, contre le mirage de l'absolution positiviste et sous l'effet de l'ébranlement des certitudes au lendemain de la Grande Guerre, de la crise mondiale, du développement et de l'audience du marxisme, du mouvement ouvrier, de l'Irruption des masses dans l'histoire qui se fait, se dèveloppe en France un mouvement d'histoire sociale globale.

Refusant de s'intéresser aux seuls événements politiques, cette histoire globale, tournée vers la longue durée, élargit le champ des sources habitueUes : pour elle tout est document • Cette histoire globale, qui trouve dans le structuralisme un terreau fécond, est introduite par luden Febvre (1878-1956) et Marc Blodl (1886-1944).

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle s'institutionnalise grace à Fei"MMIId .,..,., (1902-1985) qui, avec Febvre, fonde en 1929 la revue des Annales d'histoire économique et sociale Parallèlement est créée l'École des hautes études en sdences sociales (EHESS).

• Dans le cadre de l'histoire globale, tout est objet d'histoire : l'économie, les mentalités, la biologie ou la culture .

l'histoire est sommée d'Intégrer les questions, les méthodes et les conclusions de nombreuses autres disciplines .

Conduite à traiter des faits de masse, l'histoire développe des méthodes quantitatives.

t'ESSOUFRUIENT DE L"HISlOIU GUIIAI.E • Un peu à l'Instar cie ce qui s'était passé lors du triomphe du positivisme, le projet globalisant.

hégémonique dans les sciences sociales, finit par s'essouffler, victime de ses contradictions.

Telle science humaine -linguistique, sociologie, psychanalyse, ethnologie- n'est-elle pas plus • explicative • que l'histoire? l'étude éwlutive des sociétés n'est-elle pas plus scientifique que leur analyse historique ? • Pour autant ce courant de l'histoire globale est très fécond.

En témoigne notamment l'histoire des mentalités collectives que Geerfes Dfllly (1919-1996) -le Dimanche de Bouvines (1973)-définit comme • une histoire de l'évolution de l'esprit humain, dont le dleminement est parallèle à l'évolution des coutumes, des techniques ou des collectivités •.

• Cette histoire des mentalités est illustrée par Philippe Ariès (1914-1984) -auteur de rHomme devant la mort (19n) -, Jean Delumeau (né en 1923) -la Peur en Ocddent (1978) -,Jacques Le Goff (né en 1924) -Un long Moyen Age (2004) -, ainsi que le Britannique Keith Thomas (né en 1933) ou l'Américaine Natalie Zemon Davis (née en 1928).

• L'histoire des mentalités ouvre la voie à la micro-histoire qui doit son essor aux travaux de l'Italien carto Ginzburg (né en 1939) -le Fromage et les vers : l'univers d'un meunier frioulan du xw• siécle (1976).

Dans cette même veine figure également le travail d'~ LeRoy Liltlurie (né en 1929) -Montaillou , village occitan de 1294 à 1324 (1975).

Dans ces deux derniers cas, un point de départ limité éclaire des pans entiers du passé.

Pws D'U NE DEMEURE IIIINS lA IIAISOII DE L"HISIOIIEN • À cOté de l'école des Annales, de l'histoire des mentalités ou de la micro-histoire, l'histoire événementielle fait son retour dans les années 1970, comme en témoigne le succès public de la biographie et l'essor de l'histoire immédiate où se mêlent histoire, journalisme et sociologie .

Ce mouvement initié au début des années 1960 par Jean Lacouture (né en 1921) se développe sur le plan universitaire dans le cadre de l'Institut d'histoire du temps présent sous la houlette de François Bédarida (1926-2001).

• Parmi les autres tendances actuelles de l'histoire figure la nouvelle histoire politique qui, autour de René Rémond (1918-2007), fait la synthèse des traditions de l'Institut d'études politiques et celles de l'École d'histoire des relations internationales créée par Jlllem lletltHwlll (1893-1974).

lES NOUVEAUX •Olim• DE L"HIS101U • L'histoire se donne de nouveaux objets d'études.

Ainsi, Marc Ferro a initié la réflexion sur le cinéma et l'histoire.

Il utilise le cinéma comme instrument de connaissance de l'histoire des sociétés, considérant que cet art livre un témoignage au même titre que des sources traditionnelles (le Cinéma, une vision de l'histoire, 2003).

• Alain Corbin (né en 1936) marque sa discipline par son approche novatrice sur l'historicité des sens et des sensibilités, ce dont témoigne son travail sur l'odorat et l'Imaginaire social (le Miasme et la jonquille, 1982).

Ce même Corbin s'Intéresse aux anonymes, avec son histoire d'un sabotier inconnu (le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot, 1998).

Dans la même veine, Jean-louis 1 Aandin (1931-2001) renouvelle l'histoire de la famille, de la sexualité et de l'alimentation (Familles- Parenté, maison, sexualité 1 .

dans l'ancienne société, 1976).

• De son cOté, Gérard Noiriel (né ·J en 1950) apparalt comme un pionnier de l'histoire des flux migratoires.

ft Son ouvrage le Creuset français (1988), constitue la toute première histoire n générale de l'immigration en France .

• L'histoire sociale, qui irrigue les travaux de ces chercheurs français, aura été ouverte par Rolande Trempé et sa thèse consacrée aux mineurs jj de Carmaux de 1848 à 1914.

Résistante, elle s'est intéressée également à la place des femmes dans la lutte contre l'occupant nazi .

1 les femmes (les Femmes ou les silences ~!; de l'histoire, 2001) et les mouvements ouvriers (/es Ouvriers en gréve, 1974) ): occupent également une place centrale dans les recherches de l'historienne française Michelle Perrot (née en 1928).

oi • Enfin, parmi les nouveaux courants, il il convient de mentionner la • business history • qui se met au service des entreprises afin de leur restituer leur passé.

Initié outre-Adantique, ce courant essaime rapidement.

notamment en France -Histoire de la RATP de Michel Margairaz (1989) - ainsi qu'en Allemagne .

On le voit.

la maison de l'historien recèle plus d'une demeure.. »

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