Étiquette et art de vivre à la Cour des Valois
Publié le 28/08/2013
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A la Cour des Valois, la reine mère Catherine de Médicis exerce une forte influence, en matière de rituel comme en toutes choses. Pour réglementer le cérémonial autour de sa royale personne, tant au quotidien que lors des événements d'exception, Henri III va s'inspirer des préceptes maternels. En août 1578, il édictera la première d'une
série d'ordonnances codifiant l'étiquette.

«
que, indispensable selon elle
à la grandeur du royaume .
Or
ce culte doit s'accomplir selon
des
rituels bien définis .
Cha
que événement, du minuscule
au grandiose, doit être prévu ,
du lever au coucher de Sa
Majesté , du déroulement des
repas aux déplàcements de la
Cour et à la réception des
ambassadeurs.
« Selon Dieu et
la raison»
Catherine de Médicis a soi
gneusemént veillé à l'éduca
tion protocolaire de sa royale
progéniture.
En 1563 déjà,
dans une lettre datée du 8 sep
tembre et adressée à Charles
IX, âgé de treize ans, à l'occa
sion
de sa majorité, elle a
vanté les avantages d'un
emploi du temps fixe et rigou
' reusement orchestré, passant
« LE VRAI PARADIS DU MONDE»
En Europe, la Cour des
Valois est réputée comme la
première de toutes.
Le mémorialiste Pierre
de Bourdeille, seigneur de
Brantôme, la célèbre comme « le vrai paradis du monde et
école de toute honnêteté, de vertu, l'ornement de la
France ».
Les appartements où Catherine de Médicis tient chaque après-midi son cercle,
très intime et restreint, sont
le siège de « tout le plaisir de
la Cour ».
Les visiteurs
privilégiés , souverains,
princes, gentilshommes
de
noble naissance , y sont
accueillis par un mélange
unique et exquis de grâce et
de vivacité intellectuelle.
La reine mère, qui aime
s'entourer de gaîté et de jeunesse, y a fait aménager un
théâtre.
Avec son exubérance
toute latine, elle est la plus
enthousiaste des spectatrices,
riant de tout son cœur avec un
plaisir évident : cela, le bon
ton
ne l'interdit pas.
en
revue les
bonnes habitudes
en la matière de son beau
père tant admiré, François 1•',
et celles de son défunt mari,
Henri
11.
« Je crois que vous
voyant réglé en
votre personne
et façons de vivre et votre Cour
remise avec
l'honneur et poli
ce que j'y ai vu autrefois, cela
fera un
exemple pour tout vo
tre royaume
et une reconnais
sance à un chacun
du désir et
volonté que vous avez de
remettre toutes choses selon
Dieu et la raison », a-t-elle
insisté .
La souveraine ne s'est pas con
tentée d'inculquer à ses
enfants
le respect de l'ordre,
elle a aussi tenté de leur trans
mettre une véritable philoso
phie de la vie, où la joie tient
un rôle essentiel.
A ses yeux, la
gaîté est
primordiale, il faut
savoir plaisanter, y compris
de
soi-même.
Elle se réjouit ainsi
de l'honneur que lui font les
artilleurs royaux en
baptisant
leur plus grosse pièce « reine
mère », en hommage à l'em
bonpoint de sa maturité ! Et
puis il
est capital de peupler sa
maison d'enfants .
Elle qui en a
mis
dix au monde affirme vo
lontiers : « Voyez combien
Dieu m'a donné d'enfants pour
n'être point mélancolique.
»
Un immense appétit
de vivre
Madame Catherine donne
l'exemple, excellant dans les
exercices
physiques et intel
lectuels .
Elle recommande la
chasse,
qu'elle pratique avec
élégance, tirant avec
sa superbe
arbalète d'ébène damasqui
née d'or.
Elle raffole aussi des
arts, des sciences,
de la littéra
ture, connaît par cœur les Son
nets et les Amours de son cher
protégé,
le poète Pierre de
Ronsard .
Dotée d'une excep
tionnelle capacité de travail ,
elle peut dicter dix lettres dif
férentes après un plantureux
souper ; elle excelle en poli
tique comme en broderie et
autres ouvrages de dames.
Son
secret de vie ? Un inextingui
ble appétit d'apprendre et de
découvrir, une nature riche et
curieuse de toutes choses.
Il
n'est pas étonnant qu'une telle
personnalité ait profondément
marqué son temps.
Le chroni
queur Pierre de L'Estoile té
moigne d'un autre des appé
tits de la reine mère, plus tri
vial ,
qui lui vaut «des indiges
tions
de culs d'artichauts et de
crêtes de rognons de coq » !
A table comme partout , la Flo
rentine est une adepte immo
dérée du faste et du luxe : elle
se régale de parures précieu
ses autant
que de fêtes somp
tueuses.
A l'occasion des bals
et des événements officiels,
elle exige un décorum strict,
mais
étincelant.
A la Cour,
scène où triomphe le ballet
admirablement réglé de l'éti
quette, rien n'est trop beau ni
trop cher pour célébrer la gloi
re d'Henri
Ill et de la dynastie
des Valois .
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w u 0: ~.
»
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