La Bruyère Les Caractères Livre V remarque 7
Publié le 25/03/2025
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La Bruyère
Les Caractères
Livre V remarque 7
Introduction :
Accroche : La cour de Louis XIV au XVIIe siècle, reflet de la société de cette
époque apparaît comme un jeu de pouvoir où règne l'hypocrisie et la vanité.
Ce
lieu emblématique attire l'attention de nombreux écrivains et philosophes de ce
temps qui exerceront leur regard critique.
L’auteur et son œuvre : C’est ainsi que La Bruyère, moraliste issu de la
bourgeoisie parisienne écrivit son unique ouvrage en 1688 intitulé « Les
Caractères ou les mœurs de ce siècle » s’inspirant des caractères de
Théophraste auteur grec.
Cette œuvre de La Bruyère composée de 16 livres et
de 1120 remarques vise à dénoncer les vices et travers de la société de l’époque,
véritable comédie sociale et dresser l’idéal de l’honnête homme cher aux
auteurs classiques
Le texte : Le portrait d’ACIS, objet de la remarque 7 du livre 5 intitulé « de la
société et de la conversation » s’attache plus particulièrement à mettre en valeur
le rôle de la parole dans les société mondaines.
Cette remarque nous invite à
rencontrer un précieux Acis qui devient ridicule en s’exprimant ,pour avoir de
l’esprit, en périphrases qui deviennent incompréhensibles.
Lecture
Problématique : nous allons nous attacher à analyser la manière
dont la Bruyère s’y prend pour dresser une critique des
précieux.
Mouvements du texte :
Dans un premier temps La Bruyère met en scène le ridicule du discours
« Que dites vous à …..parler comme tout le monde (ligne 1 à 8).
Ensuite il dresse une caricature virulente du précieux « une chose vous
manque…mots qui ne signifient rien (ligne 8 à 13)
Enfin la Bruyère donne une leçon et des conseils à valeur universelle
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Analyse linéaire
1ER MOUVEMENT / : le ridicule du discours
Ligne 1 : Que dites-vous ? comment ? je n’y suis pas ; vous plairait-il de
recommencer ?
Nous sommes au théâtre et LB nous met sans transition au cœur de l’action.
»in
media res » par une succession de questions rhétoriques.
Ce procédé efficace
emprunté au théâtre permet au lecteur-spectateur d’être immédiatement
captivé.
En utilisant l’ELLIPSE LB ne retranscrit que partiellement la conversation à
travers des questions sans donner la parole à son interlocuteur.
LB institut donc
un rapport de forces en sa faveur
Ligne 2 : j’y suis pas, j’y suis encore moins, je devine enfin .
Cette gradation de négations renforce l’idée de la complexité du langage d’Acis
qui n’a pu se faire comprendre malgré ses reformulations et qu’il a fallu pour LB
« deviner ».
« enfin » accentue encore l’incompréhension.
Ligne 3 à 6 : vous voulez Acis me dire qu’il fait froid ; que ne disiez vous
il fait froid ; vous voulez m’apprendre qu’il pleut ou qu’il neige ; dites il
pleut, il neige .
LB continue à ironiser sur le ridicule du discours précieux : il est non seulement
incompréhensible mais aussi banal.
Il l’illustre par l’emploi du champ lexical de la
météo : froid, neige, pleut..LB donne rabaisse Acis et lui parle comme à un
enfant.
Le ton est plus directif « dites » ( présent de l’indicatif).
L’alternance du
discours Direct/indirect rend efficace la démonstration :
Ligne 6 : « mais répondez-vous, cela est bien uni et bien clair, et ,
d’ailleurs qui ne pourrait en dire autant ?«
LB donne la parole à Acis qui trouve qu’un propos simple ne peut être
intéressant ; en utilisant l’expression qui ne pourrait en dire autant Acis pense
qu’il est important de se singulariser.
mais cette objection est rapportée laissant
ainsi au moraliste le 1er rôle
Ligne 7 et 8 : « qu’importe, Acis, est ce un si grand mal d’être entendu
quand on parle, et de parler comme tout le monde ? »
A travers deux questions rhétoriques LB disqualifie sèchement l’objection d’Acis.
Il pose une question faussement naïve dont la réponse est évidente.
Cela marque
le fin de pseudo interrogations par une affirmation.
La position de bon sens qui
devrait guider l’honnête homme est de se faire comprendre
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Cette première partie est donc une théâtralisation d’un discours fictif visant à
expliquer au spectateur le ridicule du discours précieux qui cherche plus à se
faire valoir qu’à communiquer
Dans un deuxième temps l’auteur va s’attaquer au précieux lui-même.
2 eme MOUVEMENT : la caricature virulente du précieux
Ligne 8 : « une chose vous manque, Acis, à vous et à vos semblables les
diseurs de Phoebus »
Changement de ton : d'emblée les tournures interrogatives ont cédé la place aux
tournures affirmatives, et le moraliste prend ici de la hauteur.
Il emploie le
« vous » qui donne un ton accusateur pour désigner non seulement ACIS mais
ses semblables.
C'est bien le temps de la leçon.
Son sujet s'élargit en effet
puisque de ACIS il passe à.
« À vous et à vos semblables les diseurs de
Phébus » faisant d’Acis le représentant d'un type, celui du précieux ridicule.
Phébus désigne en effet....
»
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