MÉLIADOR, de Froissart
Publié le 26/01/2019
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MÉLIADOR, roman de Froissart dont il existe deux rédactions (1365 et 1380). D'une composition très lâche, il comporte des aventures variées et des insertions lyriques dues au commanditaire, Wenceslas de Brabant. L'image de la chevalerie est idéalisée, l'idéal courtois est très atténué, voire exténué, mais l'ensemble baigne dans une atmosphère de conte.

«
niqu es, fit les dé lice s du comte de Foix,
Gaston Phébus , et qui figurait dans la
b ibli o thèque de Charle s d'Orl éans, n 'a
gu ère été pri sé de la po sté rité.
Un seu l
manu scrit à pe u près complet sub
siste -on note tout efois qu elques lac u nes et le text e s'in te rr o mpt au vers
30 771- , ain si que quatre feuille ts d'un
manus crit p lus an cien ; et la première
éditi on ne rem o
nte qu 'à 18 95 -1899.
Dans les prem iers temps du règne d'Arthur.
Camel de Camo is.
chassant le ceri.
s'éprend d e la jeune Herm ondine, fille du roi d'Écosse.
Pour échapper à l'amour importun de ce soup irant, que ses crises de somnambulisme rendent sus pect, la jeune fille déclare qu'elle n'aura pas d'autre époux que celui qui, au terme d'une quête de cinq ans.
sera consacré mei lleu r cheva lier du monde par la cour du roi Arthur.
La quête est proclamée à Carlion.
De jeunes et valeureux cheva liers partent chercher l'aventure et la glo ire ; parmi eux le fils du duc de Cornouailles, Me liador.
a p pelé le «cheva l ier au soleil d'or» en raison de ses armes .
Tou jours vainque ur dans les jo u tes, les tournois, les combats.
tandis qu'i l par court le North u mberland , le pays de Galles, l'Écosse et l'Irlan de, M e liador tue Came l de Cam6is dès la prem ière p hase de la quête.
Mais d'aut res je u nes cheva liers se signa lent p ar le u rs exploits, dont Agama nor, Grat i en, Dagoriset et le jeune fils du ro i d'Irlande , Sagre mor, bien qu'il ne part ic ip e pas à la quête.
Au te rme des cinq ans.
la main d'Hermondine revie nt à M eli ador qui a depu i s longtemps gagné son cœ ur.
C e m a riage est suivi de ceux des principaux protago nistes de la quête.
(Pour finir, le roman menait san s doute à leur conclusion les aventures de Sagremo r.
sus pendues par le narrateur désireux d'acheve r le
récit de la quête.)
C et uniqu e ro man de Froissart ré v èle
u n e autre facet te du tal
ent d e c e poly
grap h e, maître de la narra tion histori
qu e (vo ir l'imp osa nt en se mbl e de se s
Chroniques) e t h abile poète du Jol i Buis
so n d e Je unesse e t des Ball ades et Ron
d eaux .
Ren o uant av ec le ré cit arthurien
e n ver s, t o
mb é e n d ésué tud e depui s l'Escan or d e Gir ard d'Am iens ( vers
1280 ), la fo rm e oc t
osyllabiqu e renv oie au
temps des on
gme s de ce genre
romanesque (e t même de to ut ro man
en langue vernaculaire ) et s'harm o ni se
avec le temps de la diégèse , pu is qu e
l'histoire se situe dans les débuts
du
règne d'Arthur, en sa prime jeunesse
(v.
4), alors que tous les héros devenu s
dep uis légendaires, Lancelot, Tristan,
Gauvain, Yvain,
Perceval et tant
d 'a utr es, sont encore des inconnu s
(v.
26-43).
Des m e ntion s comm e cell e
de
ch an gements dans.
les usages
(v.
9 525-9 553, 22 41 9-22 425, 26 890 )
ou celle des transformations topony
miques (Montrose devenu Chepstow -
v .
10 436-10 441; Signandon, Sterling
v .
1 4
759 -14 762; Monchus, Rox
burg h -v.
28 997-29 007) émaillent le
r écit et produisent
un effet de perspe c
tive tempore ll
e.
Le narrateur tire parti
de ce déca lage et, à l'occasion, satisfait
au
topos de la dégradation des mœur s
( autref ois ,
seule comptait pour les âm es
bien nées la «prouesse ,., aujou rd 'hui
c 'e st l' argen t
qui prime - v.
4 4 29-
4 447 ), souligne que les co
nd ition s de
v ie
se so nt adoucies (en ce te mp s -là l es
gens vivaient plus rudement- v.
21-25),
ou rend hommage à quelqu e bienf ai
trice (les dames d'Angleterre o
nt su
conserver les lois exquises de l'h
ospita
lité d
'antan- v.
9 550-9 566) .
Ma is le talent de Froissart ne se
lim ite pas à jouer habilement de la
mode antiquisante de
son époque.
Il
u se avec aisance de l'entrela c
em ent
et renouvelle l'usage des insertion s
lyriques, apparu avec
le Roman de la
Rose ou de Guillaume de Dole , de jean
Renart (premi ère moitié du xm e siè
cle) .
Les cinqua nte-deux rondeau x, les
onze ballades et les seize virelais en
châssés so nt en effet l'œuvre d' un de
ses protecteurs, Wenceslas, duc de
Bra
bant (« Et sont contenus audit livre ...
toutes les chanchons , balades ,
ron
diaux , virelais que le du c fist en so n
temp s,., est-il noté dans les Chro ni -.
»
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