Homo faber
Publié le 12/04/2013
Extrait du document
«
«Je l'admets : être seul
n'est pas toujours
drôle , on n'est pas
toujours en forme.
»
EXTRAITS
Faber ne perd pas son humour
malgré l'état effroyable des routes
qui
le mènent à Joachim
le matin du quatrième jour nous vîmes
deux Indiens qui allaient à travers champs
avec des sabres recourbés à
la main, exacte-
ment pareils à ceux
que Herbert avait
déjà vus à Palanqu é
et
qu'il avait pris
pour des assassins.
leurs sabres re
courbés
n'étaient
autres que des fau
cilles.
Faber et Sabeth
se parlent
en croisière
Cette jeune fille que
j'appelais Sabeth
par ce qu'Élisabeth,
trouvais-je , est un
nom impossible.
Elle me plaisait
mais
je ne flirtais
pas le moins du
monde .
Je parlais
comme un profes
seur, craignais-je,
tandis
qu'elle sou
riait.
Sabeth ne
con naissait rien à la cybernétique, et,
comme toujours quand on en parle avec des
profanes, il s'agissait de réfuter toutes
so rtes d'images enfantines de robots, le res
sentiment de l'homme envers la machine :
ce la m'exaspère, parce qu'il faut être borné
pour soutenir un argument aussi banal :
l'homme n'est pas une machine.J'expliquai
ce que la cybern étique actuelle entend par
INFORMATION : nos actes en tant que ré
ponses aux dites informations , c'est-à-di
re
impulsions, et ils' agit là de réponses auto
matiques, pour la plupart indépendantes de notre
volonté, de réflexes dont une machine
peut aussi
biens' acquitter qu'un homme, et
même mieux.
Faber parle de solitude
Je ne puis éprouver des sentiments à lon
gueur de journée .
Être seul est ce qui me
convient le mieux, car
je ne tiens pas à
rendre une
femme malheureuse et les
femmes c'est ce qu'elles cherchent, être
malheureuses.
Je l'admets : être seul n
'est
pas toujours drôle, on
n'est pas toujours
en forme.
D'ailleurs ,
j'ai fait l 'ex périence
que les femmes, aussitôt que nous autres
nous ne sommes pas en forme , ne sont plu s
en forme non plus ; aussi
tôt
qu'elles s'ennuient,
e ll es vous reprochent
d'être privé de sentiments.
Dans ce cas, à vrai dire,je
préfëre encore m'ennuyer
tout seu
l.
Je l'admets, moi
non plus,
je ne suis pas
toujours
d'humeur à voir
l a télévision (cependant
convaincu que la télévi
sion, dans les années à
venir, ne
peut que s' amé
liorer soit dit en pas san
t) et
suis livré à des humeurs,
mais
c'est justement dans
ces cas-
là que j'apprécie le
fait d'être seul.
Parmi les
minutes les plus heureuses
que
je connaisse, il y a
ce lles où je viens de quitter
les gens, où
je m'assieds
dans ma voiture, claqu e
la p
ort ière et mets le co nta ct, branche la
radio, allume ma cigarette avec l'allumeur,
puis j'embraye, le pied sur l'accélérateur;
l es gens,
pour moi, c'est une corvée, les
hommes aussi.
Traduit par Philippe Pilliod ,
Gallimard , 1982
« Il faut être borné
pour soutenir un
argument aussi banal :
l'homme n'est pas une
machine.
»
NOTES DE L'ÉDITEUR
De façon didactique , sans s'encombrer
de doctrine, Max Frisch tend
immanquablement à aborder les problème s
de fond de la société.
C'est la rencontre de
Bertolt Brecht-en 1947, en
Suisse -qui
jouera un rôle décisif dans so n œuvre.
Romancier fécond et pui san t so uvent
d ans sa prose la substance qui lui serv ira
dan s une pièce de thé âtre , l'une de ses nombreu
ses particularit és est d'offri r
plu sieurs versions succe ssives -allant
parfoi s
jusqu 'à trois -de ses livre s ou de
ses
mi ses en scè ne.
Enfin, recherche ultime
de la véri table ima
ge hum aine, so n Journa l,
dont il a fait paraî tre deu x fragments
correspondant aux périod es 1946-1949
et 1966-1971 , pousse aux confin s de la
fiction et de l
'autobiographi e ses propres
ressources créatives.
En 1958, Max Frisch
obtient le prix Georg Bü chner, le plus important
prix littéraire allemand.
Max
Frisch compte à
juste titre, avec Friedrich
Dürrenmatt , parmi les écrivains
et
dram atur ges suisses contemporains les plus
importants .
Homo faber - paru en 1957 -
fait suite à
J'ador e ce qui me brûle, seconde
version datant de 1943
de son premier
roman, intitulé en 1934
J ürg Rein hart .
En
1954 ,
c'est son livre Je ne suis pas Stiller
qui consacre définitivement son art.
1 Len Sirman 2, 3, 4 illu srrarion s de Robert Janco vic.
1989 FR ISC H 02.
»
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