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Homo faber

Publié le 12/04/2013

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Max Frisch, né à Zurich en 1911 , est issu d'une famille autrichienne. A la mort de son père, il se lance dans le journalisme. Il devient ensuite architecte, et ce n'est qu 'en 1955 qu'il se consacre totalement à l'écriture. Il est mort en 1991.

« «Je l'admets : être seul n'est pas toujours drôle , on n'est pas toujours en forme.

» EXTRAITS Faber ne perd pas son humour malgré l'état effroyable des routes qui le mènent à Joachim le matin du quatrième jour nous vîmes deux Indiens qui allaient à travers champs avec des sabres recourbés à la main, exacte- ment pareils à ceux que Herbert avait déjà vus à Palanqu é et qu'il avait pris pour des assassins.

leurs sabres re­ courbés n'étaient autres que des fau­ cilles.

Faber et Sabeth se parlent en croisière Cette jeune fille que j'appelais Sabeth par ce qu'Élisabeth, trouvais-je , est un nom impossible.

Elle me plaisait mais je ne flirtais pas le moins du monde .

Je parlais comme un profes­ seur, craignais-je, tandis qu'elle sou ­ riait.

Sabeth ne con naissait rien à la cybernétique, et, comme toujours quand on en parle avec des profanes, il s'agissait de réfuter toutes so rtes d'images enfantines de robots, le res­ sentiment de l'homme envers la machine : ce la m'exaspère, parce qu'il faut être borné pour soutenir un argument aussi banal : l'homme n'est pas une machine.J'expliquai ce que la cybern étique actuelle entend par INFORMATION : nos actes en tant que ré­ ponses aux dites informations , c'est-à-di re impulsions, et ils' agit là de réponses auto­ matiques, pour la plupart indépendantes de notre volonté, de réflexes dont une machine peut aussi biens' acquitter qu'un homme, et même mieux.

Faber parle de solitude Je ne puis éprouver des sentiments à lon­ gueur de journée .

Être seul est ce qui me convient le mieux, car je ne tiens pas à rendre une femme malheureuse et les femmes c'est ce qu'elles cherchent, être malheureuses.

Je l'admets : être seul n 'est pas toujours drôle, on n'est pas toujours en forme.

D'ailleurs , j'ai fait l 'ex périence que les femmes, aussitôt que nous autres nous ne sommes pas en forme , ne sont plu s en forme non plus ; aussi­ tôt qu'elles s'ennuient, e ll es vous reprochent d'être privé de sentiments.

Dans ce cas, à vrai dire,je préfëre encore m'ennuyer tout seu l.

Je l'admets, moi non plus, je ne suis pas toujours d'humeur à voir l a télévision (cependant convaincu que la télévi­ sion, dans les années à venir, ne peut que s' amé­ liorer soit dit en pas san t) et suis livré à des humeurs, mais c'est justement dans ces cas- là que j'apprécie le fait d'être seul.

Parmi les minutes les plus heureuses que je connaisse, il y a ce lles où je viens de quitter les gens, où je m'assieds dans ma voiture, claqu e la p ort ière et mets le co nta ct, branche la radio, allume ma cigarette avec l'allumeur, puis j'embraye, le pied sur l'accélérateur; l es gens, pour moi, c'est une corvée, les hommes aussi.

Traduit par Philippe Pilliod , Gallimard , 1982 « Il faut être borné pour soutenir un argument aussi banal : l'homme n'est pas une machine.

» NOTES DE L'ÉDITEUR De façon didactique , sans s'encombrer de doctrine, Max Frisch tend immanquablement à aborder les problème s de fond de la société.

C'est la rencontre de Bertolt Brecht-en 1947, en Suisse -qui jouera un rôle décisif dans so n œuvre.

Romancier fécond et pui san t so uvent d ans sa prose la substance qui lui serv ira dan s une pièce de thé âtre , l'une de ses nombreu ses particularit és est d'offri r plu sieurs versions succe ssives -allant parfoi s jusqu 'à trois -de ses livre s ou de ses mi ses en scè ne.

Enfin, recherche ultime de la véri table ima ge hum aine, so n Journa l, dont il a fait paraî tre deu x fragments correspondant aux périod es 1946-1949 et 1966-1971 , pousse aux confin s de la fiction et de l 'autobiographi e ses propres ressources créatives.

En 1958, Max Frisch obtient le prix Georg Bü chner, le plus important prix littéraire allemand.

Max Frisch compte à juste titre, avec Friedrich Dürrenmatt , parmi les écrivains et dram atur ges suisses contemporains les plus importants .

Homo faber - paru en 1957 - fait suite à J'ador e ce qui me brûle, seconde version datant de 1943 de son premier roman, intitulé en 1934 J ürg Rein hart .

En 1954 , c'est son livre Je ne suis pas Stiller qui consacre définitivement son art.

1 Len Sirman 2, 3, 4 illu srrarion s de Robert Janco vic.

1989 FR ISC H 02. »

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