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Berlin Alexanderplatz

Publié le 08/04/2013

Extrait du document

Alfred Dublin, qui a d'abord été médecin, fuit l' Allemagne pendant l' ascension du nazisme. Il s' installe en France, puis, en 1940, gagne les États-Unis. Il meurt en 1957. Berlin Alexanderplatz date de 1929. Dublin écrit un autre roman, Le Tigre bleu, en 1938.

« « Des planches partout.

Devant les magasins de Tietz, il y avait une statue énorme, ils l'ont déboulonnée, enlevée.

» EXTRAITS ~ ~~~~~~ - L'écriture simultanée Franz Biberkopf, sac à dos, vend à nouveau des journaux.

Il a changé de quartier.

Le voici sur l'Alexanderplatz; complètement renfloué, I,80 mètre de haut, poids plus nor­ mal, coiffé de la casquette de son journal.

Menaces de crise au parlement, on parle d'élections pour le mois de mars, avril est plus probable.

Où allons-nous monsieur Wirth ? Le conflit en Allemagne centrale continue, une chambre d'arbitrage va ~;,';::-~~~, être constituée.

Vol à main armée rue des Templiers.

Il s'est posté à la sortie du métro, en face du ci­ néma ; là où l'opticien Fromm a construit un nouveau magasin.

Franz Biberkopf, à travers la cohue, regarde du côté de la rue de la Monnaie, et se demande : « Est-ce bien loin d'ici la maison des deux Juifs ? C'était du temps de mon premier accident, peut-être bien que j'irai un jour leur vendre ! 'Observateur raciste; s'il leur déplaît, tant pis, l'essentiel c'est qu'il l'achètent.

»Il rit à l'idée.

Le tout vieux en pantoufle était trop drôle.

Il se retourne, à côté de lui il y a un autre camelot, un petit, le nez cassé.

Menaces de crise au parlement.

Maison évacuée, peut s'écrouler d'un jour à l'autre.

Crime sanglant sur un navire : mutinerie oufolie ? Portrait de Reinhold C'était un homme élancé, vêtu d'un paletot militaire, p 't-être un communiste ? Il avait une figure jaunâtre, tirée en longueur et, ce qui le distinguait surtout, de fortes rides transversales qui striaient son front.

L'homme, assurément, n'était qu'au début de la trentaine, mais, de chaque côté de son visage, des creux profonds reliaient le nez à la bouche.

Le nez, -Franz le contempla longuement et avec minutie - le nez était court, obtus, bien planté.

Il laissait retom­ ber sa tête contre sa main gauche avec laquelle il tenait sa pipe.

Il avait des che­ veux noirs, des cheveux en brosse.

Quand il se leva pour allez au comptoir, il traînait ses jambes, on aurait dit que ses pieds restaient tout le temps en passe, -Franz remarqua qu 'il portait de méchantes chaussures jaunes avec de gros bas gris qui pendaient par-dessus bord.

«Est-ce qu'il a la phtisie, le type ? Faudrait l'envoyer dans un sona, à Berlitz ou ailleurs, au lieu de la laisser vadrouiller de la sorte ! » Franz en réunion avec lui-même Franz Biberkopf, tu as juré de rester hon­ nête.

Tu as mené une existence abjecte, tu as mangé de la vache enragée, à la fin, tu as assassiné Ida et tu as purgé ta peine.

Ce fut terrible.

Et maintenant ? Tu es au même point : Ida se nomme Mimi, tu as un bras en moins, prends garde, tu te mettras à boire, et tout va recommencer, mais cette fois ce sera pire, et puis, ce sera la fin.

Mince alors, j'y suis pour rien, est-ce moi qui ai voulu être mec.

Quelle blague! J'aifait ce que j'ai pu, j'ai fait tout mon possible, j'y ai laissé mon bras, qu'on essaie de me dire le contraire à présent ! J'en ai plein le dos.

N'ai-je pas fait du commerce, n'ai-je pas couru du matin au soir? Maintenant, je suis à bout de souffle.

Non alors, }'suis pas hon­ nête, j' suis un mec.

J'ai pas la moindre honte.

Eléments du décor pour le film tiré du livre par R.W.

Fassbinder.

Dessins de Harry Baer.

NOTES DE L'ÉDITEUR «Par son thème, comme par son style, ce roman est l'œuvre la plus accomplie du futurisme allemand.

Les manifestes futuristes avaient proclamé la nécessité d'un art du mouvement qui aurait pour sujet la vie moderne et son chaos d'événements simultanés.

Prêchant le culte de la technique, ils exigeaient le développement d'un style dynamique propre à rendre la totalité de la réalité naturellement fragmentée et entendaient par simultanéité le déferlement inlassable de la vie, avec le bruit des rues , les conversations, le bourdonnement des machines, l'univers des mémoires .

Les futuristes combattaient !'image statique en cherchant à représenter le spectacle gigantesque des forces qui agissent , et parmi lesquelles les individus ne semblent que des points .

En un sens Berlin Alexanderplat z répond à ces principes , bien qu 'en les dépassant.

Ce livre, en effet, est un refus de la littérature, et sa langue brute soumet l'art à la vie.

( ...

)Le grouillement de 1' Alexanderplatz, la place de la Bastille des Berlinoi s, est rendu comme dans un film so nore enregistrant, non une mélodie , mais la polyphonie des quartiers populaires.

Déiblin voit l'homme enveloppé dans le jeu gigantesque des forces de la nature et des êtres collectifs que sont les plantes, les animaux, les minéraux, les éléments.

( ...

) Cette œuvre, au fond , n'a pas de héro s.

1 photo de Yolla Nic ias, 1924 2, 3, 4, 5 de ssins de Harry Baer réalisés pour le film de R.W .

F ass binder , Zwei tausend e ins, 1980 Le personnage de Franz Biberkopf, avec son existence de meurtrier, incarne la négation de toute valeur humaine .

» Dictionnaire des œuvres, Robert Laffont.

DÔBLIN 02. »

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