Devoir de Philosophie

Chénier (André de Chénier.

Publié le 24/10/2013

Extrait du document

Chénier (André de Chénier. dit André), 1762-1794, né à Istanbul, poète français. Placées sous le signe de l'inachèvement et inscrites dans la tragédie révolutionnaire, la vie et l'oeuvre d'André Chénier ont pris valeur de symbole. Dans l'histoire littéraire, il demeure le « poète assassiné «, victime de la Terreur jacobine, une voix élégiaque, plaintive et étouffée restée sans écho. À la fois héritier des Lumières et héraut de l'esthétique romantique dans sa recherche du sublime et de l'élévation de l'âme, il oscilla entre la peinture lyrique des intermittences du coeur et la dénonciation des abus politiques de son temps. Mais il incarne aussi le dilemme de toute une génération d'écrivains partagée entre l'admiration qu'ils vouent à des grands modèles et la recherche de formes neuves : « Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques «, écrit-il dans l'Invention (composé en 1787), véritable bréviaire de son engagement poétique. Le modèle antique. À la différence de son frère cadet Marie-Joseph, qui devint d'emblée le dramaturge favori de la Révolution, Chénier hésita longtemps entre plusieurs personnages. Élevé à Carcassonne chez un oncle drapier, il fut d'abord l'élève brillant du collège de Navarre à Paris, puis l'apprenti mondain dans le Salon de sa mère, le militaire dans un régiment cantonné en Alsace (1782-1783) et le voyageur qui, de 1787 à 1790, occupa à Londres un poste diplomatique. Parallèlement, il façonnait, depuis ses premières Bucoliques composées vers 1778, une oeuvre poétique fondée sur l'« imitation créatrice « des poètes grecs et latins. Sensibilisé très jeune à l'art antique par la fréquentation d'hellénistes comme le poète Lebrun et l'érudit Philippe Brunck, il sut naviguer entre les genres poétiques avec une virtuosité étonnante. Hymnes (Hymne à la justice), épopées (Hermès), élégies (les Amours), épîtres offrent toujours un double niveau de lecture : ils sont aussi bien le lieu de l'expression des sentiments personnels du poète que la glorification, souvent grandiloquente, d'un monde mythologique pur et idéal. L'homme révolté. Attaché aux valeurs de liberté et de justice, Chénier fut aussi un pamphlétaire virulent. Rentré à Paris en 1790, il comprit vite que la révolution libérale et modérée était sur le point d'être balayée par l'extrémisme. Militant au club des Feuillants, il publia une série d'articles (Réflexions sur l'esprit de parti, 1791) qui le rendirent suspect. Il fut arrêté le 7 mars 1794 et emprisonné à Saint-Lazare. C'est là qu'il rencontra Aimée de Coigny (Ode à une jeune captive) et composa les Iambes, où éclatent sa révolte et son mépris des nouveaux maîtres de la France. Guillotiné le 25 juillet, soit deux jours avant la chute de Robespierre, il laissa la plus grande partie de son oeuvre inédite. La plupart de ses poèmes furent publiés en 1819. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Anacréon Coigny (François Franquetot, duc de) églogue élégie feuillants ïambe idylle ode satire Théocrite Viala Joseph Agricol



Liens utiles