Annone
Publié le 30/12/2019
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annone. L’approvisionnement en blé de Rome. Durant la République, l’approvisionnement était sous la surveillance du Sénat qui veillait à la distribution du blé subventionné durant les famines et empêchait la spéculation, bien que le marché ait été libre en temps normal. À partir de 299 av. J.-C., cette fonction échut aux édiles qui étaient également en charge de l’importation des céréales, essentiellement en provenance de la Sicile et la Sardaigne. Alors même que les périodes de pénurie étaient fréquentes et que de nouvelles législations suivaient régulièrement les famines, C. Gracchus (voir gracques, les) fut le premier à promulguer une loi sur le blé (lex frumentaria), en faveur des citoyens appauvris, qui prévoyait que l’Etat devrait vendre, chaque mois, une certaine quantité de céréales à un prix fixé (et probablement subventionné). Les dirigeants politiques populaires qui suivirent (par exemple, Satuminus) en baissèrent les prix, jusqu’à ce que Claude en 58 av. J.-C. les fît distribuer gratuitement. Jules César nomma deux nouveaux édiles (aediles ceriales) pour organiser les distributions et limita le nombre de ceux qui pouvaient bénéficier de blé gratuit à 150 000 personnes. Auguste prit sur lui la responsabilité de l’approvisionnement en blé qui demeura, par la suite, sous le contrôle impérial et éleva le nombre de bénéficiaires des distributions gratuites à 200 000. Il nomma un officier de l’ordre équestre, le praefectus annonae, chargé d’organiser l’approvisionnement. Sous les empereurs plus tardifs, l’importance et la complexité de cette fonction s’accrut considérablement. La majeure partie du blé était alors importée d’Égypte et d’Afrique. Les villes d’Italie et les provinces s’occupaient de leur propre approvisionnement, cependant le gouvernement de Rome apportait son aide en cas de famine. Durant l'Empire, une taxe spéciale était prélevée sur l’Italie et les provinces, l'annona militaris, afin de pourvoir à l’alimentation de l’armée, dont les soldats étaient alors nourris gratuitement. Le mot «annona» désigna dorénavant essentiellement cette taxe.