ACTION (Action)
Publié le 03/04/2015
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ACTION (Action)
La philosophie moderne (à partir de Kant., et même, à certains égards, de Descartes9.) pourrait être, de façon très large, désignée comme une philosophie de l'action et opposée à la philosophie classique, qui était avant tout une philosophie de la connaissance et de la contemplation. Non que les sages n'eussent pas le souci de vivre, et de vivre courageusement (ce que signifiait d'abord pour eux le mot de « vertu «) : mais l'action était toujours surbordonnée à la connaissance ; plus exactement, elle s'identifiait à celle-ci dans l'idéal d'une vie contemplative. La philosophie classique opposait l'action (ce qui procède de l'âme, donc essentiellement la connaissance vraie) à la passion (ce que l'âme subit du fait du corps, des événements extérieurs, etc.). Le sage est avant tout celui qui sait qu'il vaut mieux changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde, et qui trouve sa joie dans la reconnaissance de cet ordre.
Avènement de l'idée d'action. Avec le criticisme de Kant, est affirmée l'idée que c'est l'homme qui construit le savoir (au lieu que ce dernier soit un reflet d'idées éternelles, une approche de la permanence de l'Etre) ; que l'homme est donc l'origine de sa propre action, puisque le vouloir ne saurait désormais se conformer à un ordre extérieur, en soi inconnaissable. Les idées métaphysiques de liberté, d'éternité de l'âme, d'un Dieu existant se découvrent dans la pratique, ce n'est plus la pratique qui est subordonnée à la découverte de l'Etre.
Dès lors, vont se multiplier les philosophies qui, dans des problématiques très différentes, se présentent comme des philosophies de l'action : chez Hegel, le thème de la négativité et du devenir (surtout interprété de façon historisante et anthropologique., comme le fait Kojève.) ; Marx (« les philosophes se sont
contentés d'interpréter le monde, il faut maintenant le transformer «) ; Nietzsche. et le thème du dépassement de l'homme ; le pragmatisme de W. James. ; tout un pan du bergsonisme ; la philosophie religieuse de Maurice Blondel. ; la dialectique du Faire et de l'Etre dans les existentialismes athées... Comment, à partir d'une telle richesse de contenu, proposer une définition simple de l'action'?
Un concept pour l'homme. Ce n'est qu'en un sens figuré qu'on parlera d'action à propos des choses (une action physique, une réaction chimique ne sont que des enchaînements déterminés de phénomènes) et même des animaux (le comportement animal étant régi par l'instinct). L'action est ce qui se manifeste par des actes, et l'acte suppose un sujet. qui par lui s'exprime, se réfléchit et se transforme. Semblent donc nécessaires, pour qu'il y ait action :
On peut donc appeler « action « toute opération par laquelle l'homme modifie intentionnellement soit son entourage physique ou humain, soit lui-même, I'« externe « réagissant sur l'« interne et inversement. Agir consiste à « faire « si on met l'accent sur le résultat ; c'est « créer « si ce résultat est une nouveauté ou un renouvellement par rapport à ce qui existait déjà. C'est « être « si l'on identifie l'homme à ses propres actes.
L'idée d'« action « peut aussi paraître trop large ; c'est pourquoi les marxistes préfèrent parler de praxis., notion qui regroupe les pratiques portant sur des secteurs d'activité circonscrits théoriquement : pratique sociale, pratique théorique, etc., le terme d'action se référant plutôt à l'activité du sujet ou au résultat qu'à l'ensemble (théoriquement construit et repéré) dans lequel elle s'inscrit. La notion de pratique a donc un aspect plus systématique (dans l'utilisation qui en est faite dans les travaux théoriques d'Althusser, par exemple) que la notion d'action qui se laisse difficilement cerner conceptuellement.
10. Jules Lequier philosophe français (1814-1862) ; sa méditation inquiète, centrée sur le problème de la liberté fait de lui un des penseurs « existentiels « du siècle dernier.
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