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Un enterrement à Ornans

Publié le 22/02/2011

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II. Un enterrement à Ornans, Gustave Courbet, 1849, 315x668, Musée d’Orsay

1. Éléments frappants

\" Tableau de figures humaines, historique d'un enterrement à Ornans \"

// avec enterrement comte Orgaz, Le Greco, 1586

2. Le salon

Le premier Salon de 1667, organisé par l'Académie royale de peinture et de sculpture dans le salon carré du Louvre, regroupe pour une exposition commune des membres de l'Académie. 

Devient académie des Beuax arts en 1803 (+ musique et architecture). Ses mb forment le jury du Salon qui a lieu tous les ans. Le jury, favorisant une peinture conventionnelle, devient petit à petit un symbole de conservatisme. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les critères de sélection d'admission au Salon sont contestés. D'autres salons et expositions indépendants se multiplient alors en marge du Salon officiel. Le plus fameux est le Salon des Refusés de 1863 : cette année-là, 5 000 oeuvres avaient été soumises au jury du Salon, 3 000 oeuvres avaient été refusées. Devant la colère exprimée par les nombreux artistes frustrés, Napoléon III concède cet espace d'exposition.

En 1849, Courbet avait eu un prix pour Une après-dînée à Ornans, acheté par musée de Lille. Dispensé de passer pour le jury pour exposer au Salon. Un enterrement à Ornans exposé en 1850 va faire scandale. 

Problématique : Qu’est ce qui dérange ds ce tableau ? Cod : visiteurs de l’époque, nous ? ou qui est le mort ? 

 

3. Figures humaines

pers grandeur nature ;  visages et regards : orientations variées, rompt aspect compact, singularité. trois groupes, expliquer le mouvement. personnages à qui on a pu redonner leur nom, proches du peintre, sont venus poser dans l’atelier (rappel pas de peinture en plein air à l’époque, préparation peintures). peint des personnes réelles. Qui est le mort ? soeur de Courbet morte à 13 ans en 1834 (draps blancs),  + autre tableau qui l’évoquerait ou autre décès ds famille de Courbet ou village. Tableau réaliste. Courbet déclara aussi : \"Je tiens ainsi que la peinture est un art essentiellement concret et ne peut consister que dans la représentation des choses réelles et existantes (...) de tous les objets visibles ; un objet abstrait, non visible, non existant n'est pas du domaine de la peinture\". En 1855, refusé à exposition universelle, Courbet : pavillon du réalisme. et publie un manifeste du réalisme. (manifeste :  écrit, publication qui annonce de nouvelles manières de voir dans la littérature, dans les arts.) Qui st le mort ?  romantisme au profit réalisme

dénigrement agressif : imitation systématique de la laideur, est ce que l’art doit montrer le laid ? accusé de caricature

 modèles bourgeois surtout (sauf fossoyeur) Devant la toile, on a vu mélange ouvrier, paysan, bourgeois, tous sur le même plan, oeuvre démocratique voire socialiste (socialisme révolutionnaire à l’époque, peintre proche de Proudhon) ici égalité devant la mort.

\" le réalisme est par essence l'art démocratique \" Réalisme va s’intéresser à tous (/ tragédie  : nobles, comédie :  bourgeois), même aux paysans, ouvriers (cf Zola). 

M. Courbet est un factieux pour avoir représenté de bonne foi des bourgeois, des paysans, des femmes de village de grandeur naturelle. Ç'a été là le premier point. On ne veut pas admettre qu'un casseur de pierre vaut un prince: la noblesse se gendarme de ce qu'il est accordé tant de mètres de toile à des gens du peuple; seuls les souverains ont le droit d’être peints en pied, avec leurs décorations, leurs broderies et leurs physionomies officielles. Comment ? Un homme d'Ornans, un paysan enfermé dans son cercueil, se permet de rassembler à son enterrement une foule considérable: des fermiers, des gens de bas étage… Champfleury, lettre à George Sand. 

 

4. Historique

Visiteurs et critiques outrés de voir une si grande œuvre ( 7 mètre de long !) traiter d'une \"anecdote \" populaire avec une telle gravité. Ce format panoramique était alors réservé aux grandes scènes historiques, mythologiques ou religieuses. traiter un événement domestique comme célébration de qq fait militaire ou politique glorieux. pas de composition équilibré, ni décorum, ni perspective. Le réaliste est un historien, l’historien de son époque, ne doit pas s’intéresser au passé. “L’art historique est par essence contemporain.” Manifeste du réalisme

Champfleury : refuse l’anecdote : enterrement à Ornans a valeur universelle : ...je dois dire que la pensée de l'Enterrement est saisissante, claire pour tous, qu'elle est la représentation d'un enterrement dans une petite ville, et qu'elle reproduit cependant les enterrements de toutes les petites villes. Le triomphe de l'artiste qui peint des individualités est de répondre aux observations intimes de chacun, de choisir, de telle sorte, un type que chacun croie l'avoir connu et puisse s'écrier : « Celui-là est vrai, je l'ai vu ! » (lettre à G. Sand)

Par exemple : cimetière transféré en 1848 à Ornans en dehors de la ville, qui rappelle un fait historique, transfert des cimetières fréquent. 

Contexte politique et historique :  fév 48 rév qui chasse dernier roi puis seconde République, nouvelle assemblée en 1849 (monarchiste), retour en arrière sur acquis sociaux. (puis coup d’état de Louis Bonaparte, second empire, 2 décembre 1851). vêtements républicains des vieillards Enterrement symbolique de la république

 

5. Un enterrement

Tout d'abord, si l'on suit les ligne formées par les falaises en arrière-plan et les pieds de la

foule au premier plan (en bleu), on voit que le ciel, et même les \"cieux\", emprunts de spiritualité grâce au christ (près duquel demeure l'esprit du mort selon la religion chrétienne), s'oppose à la terre et à la fosse ou le corps physique va être enterré.

Ensuite, le cercueil est incliné selon la diagonale du rectangle formé par la ligne d'horizon et le bord inférieur de la toile (en jaune). Le cercueil est penché avec la même inclinaison que la branche horizontale du crucifix et si l'on prolonge la diagonale, on découvre qu'il \"plonge\" vers le fossoyeur, et dans la fosse ou il se destine à être enterré. tombe au milieu du tableau, point de fuite sur branche crucifix

Enfin, le prolongement des branches du crucifix (en blanc) fait apparaître une diagonale qui parcourt le ciel au-dessus de la foule. On distingue aussi un axe qui part du sol (de la terre, la fosse...) jusqu'aux \"cieux\" : il passe par le vase d'eau bénite (eau avec laquelle le curé peut aussi baptiser), l'enfant de cœur communié, le porteur de croix marié et enfin par le crucifix et le corps du christ. Courbet aurait alors peut-être représenté le cheminement de la vie à travers les sacrements chrétiens, de la naissance à la mort, et même la vie après la mort. (seuls trois volumes : drap, seau eau bénite et boule crucifix)

paysage de montagne rappelle tableaux passion

crâne d’Adam qui serait apparu à crucifixion

Mais : rien d’idéalisé, religion n’est pas force consolatrice, petite bande de ciel gris et vide

/ enterrement compte Orgaz : lien ciel et terre, saint Augustin et st Étienne se saisissent de dépouille, dit le mensonge des visions idéalisées d’un monde harmonieux

homme face à son destin, monde matérialiste tension entre cérémonial et ce qui se passe réellement, pas de cimetière, un trou, ciel terreux nulle échappatoire, tout est écrasé, par absence de perspective et de ligne de fuite hors tableau espace verrouillé 

Tombe qui se poursuit vers celui qui regarde: il est dans la tombe et pour de bon, histoire de la société contemporaine avec la fin de l’idéal religieux. Le mort est celui qui regarde.

 

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