POLICE POLITIQUE (URSS)
Publié le 22/02/2012
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Instituée dès les premières semaines du pouvoir bolchevique, la police politique fut, tout au cours de l'histoire de l'URSS (Union des républiques socialistes soviétiques), un élément central du système politique soviétique. Naturellement, le poids de cet « État dans l'État » a varié selon les périodes. De 1918 à 1922, la Tchéka, dirigée par Félix Dzerjinski (1877-1926), agit en tant que Commission extraordinaire de lutte contre la contre-révolution, la spéculation et le sabotage, sur tous les fronts de la guerre civile : contre les « bourgeois » et les « ci-devant », mais aussi, et surtout, pour mater impitoyablement les grèves ouvrières et les révoltes paysannes. Rebaptisée en 1922 GPU - ou Guépéou - (Direction politique d'État) puis, en 1934, NKVD (commissariat du peuple à l'Intérieur), la police politique connut son apogée sous Staline.
Administration tentaculaire employant, à la fin des années 1940, plus d'un million et demi de fonctionnaires civils et militaires (sans compter des millions d'indicateurs), la police politique était chargée de toutes les opérations de surveillance de la population, de l'arrestation de millions de personnes (et de l'exécution de nombre d'entre eux), de la gestion des immenses ensembles pénitentiaires du Goulag. Le NKVD (divisé, après guerre, en deux branches, l'Intérieur - MVD - et la Sécurité- MGB) était ainsi l'un des premiers employeurs et producteurs du pays.
La puissance sans bornes de cet « État dans l'État », au service du seul dictateur, finit par inquiéter les dirigeants du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS). Dès la disparition de Staline (5 mars 1953), ses successeurs se débarrassèrent du chef de la police politique, Lavrenti Beria (1899-1953), et réduisirent drastiquement les pouvoirs et les effectifs de la police politique, réorganisée et rebaptisée en 1954 KGB (Comité de sûreté de l'État).
Jusqu'à la chute de l'URSS (1991), le KGB, fort de plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires, allait assurer, sous les ordres de la direction collégiale du Parti communiste, une fonction de surveillance, à la fois discrète et musclée, de la population, pourchasser, dans le cadre de la « légalité socialiste », les dissidents, tout en développant ses activités multiformes de renseignement, d'espionnage et de contre-espionnage à l'échelle des ambitions mondiales de l'URSS.
Nicolas WERTH
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