nos compatriotes.
Publié le 17/10/2012
Extrait du document
nos compatriotes. (Le spectre reparaît.) Mais, chut ! Regardez ! là ! Il revient encore ! Je vais lui barrer le passage, dût-il me foudroyer. Arrête, illusion ! Si tu as un son, une voix dont tu fasses usage, parle-moi ! S'il y a à faire quelque bonne action qui puisse contribuer à ton soulagement et à mon salut, parle-moi ! Si tu es dans le secret de quel- que malheur national, qu'un avertissement pourrait peut-être prévenir, oh ! parle. Ou si tu as enfoui pendant ta vie dans le sein de la terre un trésor extorqué, ce pourquoi, dit-on, vous autres esprits vous errez souvent après la mort, dis-le-moi. (Le coq chante.) Arrête et parle... Retiens-le, Marcellus. MARCELLUS. - Le frapperai-je de ma pertuisane ? HORATIO. - Oui, s'il ne veut pas s'arrêter. BERNARDO. - Il est ici ! HORATIO. - Il est ici ! (Le spectre sort.) MARCELLUS. - Il est parti ! Nous avons tort de faire à un être si majestueux ces menaces de violence ; car il est, comme l'air, invulnérable ; et nos vains coups ne seraient qu'une méchante moquerie. BERNARDO. - Il allait parler quand le coq a chanté. HORATIO. - Et alors, il a bondi comme un être coupable à une effrayante sommation. J'ai ouï dire que le coq, qui est le clairon du matin, avec son cri puissant et aigu, éveille le dieu du jour ; et qu'à ce signal, qu'ils soient dans la mer ou dans le feu, dans la terre ou dans l'air, les esprits égarés et errants regagnent en hâte leurs retraites ; et la preuve nous en est donnée par ce que nous venons de voir. MARCELLUS. - Il s'est évanoui au chant du coq. On dit qu'aux approches de la saison où l'on célèbre la naissance du Sauveur, l'oiseau de l'aube chante toute la nuit ; et alors, dit-on, aucun esprit n'ose s'aventurer dehors. Les nuits sont saines ; alors, pas d'étoile qui frappe, pas de fée qui jette des sorts, pas de sorcière qui ait le pouvoir de charmer ; tant cette époque est bénie et pleine de grâce ! HORATIO. - C'est aussi ce que j'ai ouï dire, et j'en crois quelque chose. Mais, voyez ! le matin, vêtu de son manteau roux, s'avance sur la rosée de cette haute colline, là-bas à l'orient. Finissons notre faction, et, si vous m'en croyez, faisons part de ce que nous avons vu cette nuit au jeune