Lien entre Maupassant / Pascal
Publié le 22/02/2012
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Fort Comme la Mort, Guy de Maupassant, 1889
Guy de Maupassant est né à Dieppe en Normandie le 05 Août 1850, dans une famille désunie. Il a une enfance libre et vagabonde. Il fait, en 1863, l'expérience de la vie en prison, qui est assez désastreuse. Il se rebelle et se confesse dans ses écrits qui sont alors des contes. Ce n'est qu'en 1880 qu'il compose son premier chef d'oeuvre « Boule de Suif », il est alors admiré par Flaubert, mais celui-ci meurt brutalement et laisse Maupassant désemparé. Après ce premier roman, la presse s'intéresse a lui, il devient journaliste, chroniqueur, et on le retrouve dans Le Gaulois, Le Figaro et L'Echo de Paris. « Fort comme la Mort » est écrit en 1889, et Maupassant meurt le 06 Juillet 1893.
L'histoire se passe à Paris. UN peintre, Olivier Bertin, s'éprend de son modèle, la comtesse de Guilleroy, qui est mariée et à une fille, Annette de Guilleroy. Anne et Olivier se voient de plus en plus fréquemment, et il devient le grand ami de la famille.
Douze ans plus tard, Annette a grandi, et ressemble énormément a la comtesse dans sa jeunesse, lorsque Olivier est tombé amoureux d'elle. Il en est extrêmement choqué. Il passe de plus en plus de temps en sa compagnie, car elle est pleine de joie de vivre, ce qui lui rappelle son amante autrefois. Malheureusement plus le temps passe plus Olivier apprécie Annette, et il en tombe amoureux inconsciemment. Lorsque la comtesse, qui depuis bien longtemps avait remarqué qu'elle n'était plus la seule dans son coeur, lui ouvre enfin les yeux, il en est désemparé et ne sait pas comment il devrait réagir.
Pascal voit, dans la condition humaine de l'homme, une grande misère, et un besoin de divertissement pour passer outre cette misère quotidienne et ne voir que le bonheur.
- Pensée 33 « mais ôtez leur divertissement, vous les verrez se sécher d'ennui. Ils sentent alors leur néant sans le connaître, car c'est bien être malheureux que d'être dans une tristesse insupportable aussitôt qu'on est réduit à se considérer, et à n'être point divertit »
- On peut prendre pour exemple, dans le roman de Maupassant, lorsque Anne et Annette vont se promener, vont à des expositions de peinture, font de la couture, car lorsque Anne se retrouve seule avec elle-même, elle fond en larme en pensant a le mort de sa mère et à Olivier, et Annette elle, s'ennuie.
- Pascal dit que l'homme veut être heureux et assuré de vérité, et cependant il ne peut ni savoir ni ne désirer ne point savoir.
- Ce sentiment la est traduit chez Maupassant par le rôle de Anne. Elle est persuadée que Olivier aime sa fille, et désirerais plus que tout le lui entendre dire, mais le fait de savoir que son amant aime sa fille plus qu'il ne l'aime elle, lui briserait le coeur
Pascal voit aussi, dans la condition humaine, sa grandeur.
- Pensée 105 « la grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable. C'est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c'est d'être grand que de connaître qu'on est misérable »
Il veut dire par cette pensée qu'on homme ne voulant pas s'admettre qu'il est malheureux, stupide etc… sera misérable, et que ce qui fera sa grandeur sera de le reconnaître.
- On peut rapprocher cette idée de deux passages dans « Fort comme la Mort » :
Dans le premier, Olivier Bertin vient de plus en plus souvent chez les Guilleroy, et reste de plus en plus tard, sous prétexte de prendre une tasse de thé. Le comte le laisse faire alors qu'il est évident et même flagrant que Olivier vient pour Anne.
Dans le deuxième, la comtesse, après la mort de sa mère, part à Roncières avec sa fille. Elle ne veut plus retourner à Paris et le comte demande à Bertin d'aller là bas afin de la ramener, car il pense qu'il écoutera plus Oliver que lui.
Dans ces deux passages, le comte sait pertinemment que sa femme le trompe, mais il ne veut simplement pas se l'admettre.
Par le fait que Maupassant, malgré les deux siècles qui le séparent de pascal, reprend et soutient les mêmes idées, on peut le considérer comme son héritier, ou du moins l'héritier des Pensée.
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