L'ACTION DANS LES PIÈCES DE RACINE
Publié le 27/02/2011
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A propos de Corneille, il s'est agi de définir une intrigue complexe, chargée, obscure parfois. Ici, le problème est tout autre : il n'est question que de simplicité. A Paris, on propose la phrase fameuse de Racine « Une action simple et chargée de peu de matière... « ; A Alger, cette autre, tirée de la préface de Bérénice : « Toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien «, sujet que nous traitons à la fin de ce paragraphe. Voici auparavant les points essentiels de cette question : — Avant Racine : les écrivains dramatiques du XVIIe siècle ont le goût de l'extraordinaire et du romanesque. On ne saurait mettre au théâtre ce qui peut arriver à tout le monde (Corneille, d'Aubignac, Rotrou, Scudery, du Ryer...). C'est à ces invraisemblances que s'oppose la simplicité racinienne. — Sans doute le sujet est-il souvent complexe, initialement : il est difficile d'exposer en peu de mots toutes les données d'Andromaque (ne serait-ce que les éléments familiaux et les conséquences qui en découlent) ; complexité de Britannicus, d'Athalie... etc... — Mais l'action est prise près du sommet de la courbe des passions. Le dénouement ne saurait tarder, car aucun des personnages ne peut supporter longtemps la tension à laquelle il est soumis : Oreste, Phèdre, Roxane... — Il n'est besoin d'aucun événement nouveau, à partir de l'exposition, pour conduire à ce dénouement (cf. les intrigues implexes de Corneille). Il suffira : de l'évolution des sentiments à l'intérieur de chaque personnage; de la tension grandissante entre ces personnages (progrès de la passion et de la folie chez Oreste ; tension Hermione-Pyrrhus ou Bajazet - Roxane, etc...). — Le dénouement enfin est logique ; Hermione, par la logique des passions, préfère Pyrrhus mort qu'appartenant à une autre, mais n'a plus qu'à se tuer dès qu'a disparu sa seule raison de vivre. Il est aussi inattendu : la mort d'Andromaque et de son fils était la solution apparente du problème.
Liens utiles
- Racine définit ainsi la composition de ses tragédies : « Une action simple, chargée de peu de matière et qui, s'avançant par degrés vers sa fin, n'est soutenue que par les intérêts, les sentiments et les passions des personnages. » Vous chercherez, en prenant comme exemple une de ses pièces, à montrer comment il a réalisé cette conception.
- temps, lieu et action chez Racine
- Philippe Audoin écrit dans son ouvrage sur Breton (1970) : «Breton assignait au surréalisme l'objectif — suspect aux politiques comme aux philosophes — de contribuer à la formation d'un nouveau mythe. Il ne s'agissait certes pas d'agencer de toutes pièces et d'imposer un tel mythe (pareille ambition supposerait un contresens complet quant au mode d'élaboration des mythes, autant prétendre préfabriquer un rêve...) mais d'appeler sans relâche l'attention sur certains thèmes de revendicat
- «La tragédie, dit Racine, demande une action simple, chargée de peu de matière, telle que doit être une action qui se passe en un seul jour, et qui, s'avançant par degrés vers sa fin, n’est soutenue que par les intérêts, les passions et les sentiments des personnages. » Expliquez à l’aide d'exemples.
- Paul Bénichou écrit, dans Morales du Grand Siècle (Gallimard,1948), que chez Racine « le drame politique, affaibli, (est) devenu un ornement plus ou moins important » de l'action.