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La portée politique du débat sur l'origine de l'intelligence

Publié le 22/02/2012

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L'acharnement avec lequel les adversaires se sont agressés dans cette bataille scientifique en se traitant de part et d'autre de "fascistes" ou "d'utopistes", l'insolence avec laquelle certains ont truqué des données expérimentales pour soutenir leur thèse, et les prises de position des unions professionnelles de psychologues conservatrices et progressistes sont comparables aux réactions provoquées par l'utilisation d'énergie nucléaire ou de techniques génétiques, où se mêlent intérêts et profits financiers. Contre toute attente, la question des intérêts financiers concerne le débat sur le caractère héréditaire ou non de l'intelligence. Les résultats des recherches ont d'énormes répercussions politiques, notamment en matière d'éducation. Des thèses affirmant le caractère exclusivement héréditaire de l'intelligence ont été exploitées de nombreuses fois par le passé comme argument aidant à une politique de sélection des meilleurs, et donc à la mise à l'écart des élèves les moins doués dans des classes ou des écoles spécialisées. Mais ces thèses ont également servi d'argument à la sélection des adultes dans l'enseignement supérieur afin d'éviter un gaspillage financier. À l'inverse, les résultats d'études affirmant l'influence du milieu sur le développement de l'intelligence ont bénéficié aux partisans politiques de la création de formations, dans la mesure où le niveau général et les capacités de la population peuvent être améliorés. Malheureusement, le point de vue intermédiaire qui consiste à dire qu'il existe des différences d'aptitudes entre les individus mais que chacun a le droit moral à la formation qu'il souhaite suivre, même si les uns et les autres ne doivent pas consentir les mêmes efforts pour réussir, ne trouve d'écho politique que quand les caisses de l'État sont pleines.

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