La justice est-elle une vertu ou une illusion ?
Publié le 27/03/2004
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). Voici
donc une proposition qu'on peut, à mon avis, regarder comme certaine : c'est
uniquement de l'égoïsme de l'homme et de sa générosité limitée, en liaison
avec la parcimonie avec laquelle la nature a pourvu à la satisfaction de ses
besoins, que la justice tire son origine. »
Si ce qui est juste est relatif à des époques,
à chaque société, voire à chaque milieu social, ne faut-il pas en conclure
que celui que sera juste ici ne le sera pas là-bas ? Pire : et si la justice
venait, comme le suppose Hume, de l'égoïsme ? Peut-on accepter cela pour
définir une vertu ?
A ce moment-là, il ne faudra parler de vertu
que dans un sens relatif. Mais on peut aussi soutenir l'idée que la vertu
qui concerne la justice est une illusion : cette vertu trouve sa source dans
l'égoïsme des hommes.
Deuxième axe de critique :
On peut distinguer vertu et moralité, ou plus
exactement, moralité et légalité :
KANT, Introduction à
la métaphysique des moeurs, I.
« Ces lois
de la liberté se nomment morales, à la différence des lois de la
nature. Dans la mesure où elles ne concernent que des actions purement
extérieures et leur légalité, elles sont désignées comme juridiques ;
mais dès lors qu'en outre elles (les lois) doivent elles-mêmes être les
principes de détermination des actions, elles sont éthiques et l'on
dit alors que l'accord avec les lois juridiques définit le légalité
de l'action, l'accord avec les lois éthiques définissent la moralité.
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- Pour éviter de heurter, je dois faire ici remarquer que, lorsque je nie que la justice soit une vertu naturelle, je fais usage du mot naturel uniquement en tant qu'opposé à artificiel.
- « L'homme, en vertu de la raison dont il est doué, a la faculté de sentir sa dignité dans la personne de son semblable comme dans sa propre personne [...]. » Proudhon, De la justice dans la révolution et dans l'Église, 1858. Commentez.