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La glasnost : la levée des tabous

Publié le 22/02/2012

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25-30 mai 1989 - La glasnost définit le champ dans lequel Mikhaïl Gorbatchev a sans doute apporté le plus de transformations. Il signifie littéralement publicité, au sens où ce terme est employé pour parler, en justice notamment, de la publicité des débats. Mais le terme de transparence s'est imposé et ne saurait être renié dans la mesure où il traduit une volonté de laisser voir ce qui hier demeurait caché, la vérité comme la réalité. Outre la culture, où elle a permis la diffusion d'oeuvres nouvelles ou autrefois interdites, cette transparence s'est principalement manisfestée dans deux domaines. La découverte, d'abord, de toutes les réalités de la société soviétique. Pour ceux qui vivent en URSS, ce n'était pas à proprement parler une découverte, car la pénurie, le gaspillage, la corruption et bien d'autres maux faisaient partie de la vie quotidienne. Mais ce qui hier était tu, caché, censuré peut aujourd'hui être écrit, débattu, filmé. C'est un immense changement qui a permis aux Soviétiques de porter publiquement un jugement critique sur eux-mêmes, sur leur système politique, social, économique, et de s'interroger sur l'origine des vices dont il souffre. L'histoire, d'autre part, a progressivement cessé d'être un domaine réservé que les professionnels n'étaient autorisés à aborder que sous la haute surveillance des idéologues du parti. Ainsi s'ouvrent à l'investigation de larges pans du passé qui, zones interdites, étaient restés comme des pages blanches dans l'histoire de l'URSS. A plusieurs titres, l'entreprise va beaucoup plus loin que la déstalinisation ouverte par le rapport de Nikita Khrouchtchev au XXe congrès en 1956. D'abord, parce qu'elle dépasse largement la personnalité de Staline, embrasse tout le personnel politique et policier qui l'entoura, plonge dans les premières années de la révolution bolchevique pour effleurer Lénine lui-même-qui cesse d'apparaître comme un personnage infaillible-et se prolonge dans les " années de stagnation " de l'ère Brejnev. Ensuite, parce que cette recherche n'est plus seulement pilotée par une direction politique qui en détermine strictement les limites, mais qu'elle est le fait d'intellectuels qui, grâce à des archives autrefois tenues secrètes ou à des témoins qui retrouvent enfin la parole, font de plus en plus librement leur métier d'historien. Tout le monde, en matière de transparence, ne marche pas du même pas. La glasnost a ses locomotives, ses défricheurs, ses pionniers, qui n'hésitent pas à prendre tous les risques. Elle a aussi ses adversaires-et pas seulement à la direction du régime,-qui s'inquiètent de voir noircir la réalité socialiste, présente ou passée, ou en sont sincèrement bouleversés. Mais ainsi tombent, les uns après les autres, pratiquement tous les tabous. C'est là que s'accomplit le plus certainement un événement irréversible : tous ceux-journalistes, écrivains, cinéastes, publicitaires-qui ont goûté à cette liberté de recherche et d'expression ne se coucheront pas demain sans résistance devant un pouvoir qui voudrait revenir à la langue de bois et aux faux-semblants. Au-delà, c'est toute une société qui essaie, non sans mal, de découvrir que patriotisme ne signifie pas nécessairement camouflage ni monolithisme. Que débat il puisse y avoir est déjà une révolution et procède, plus qu'aucune autre réforme, de l'apprentissage en vrai d'une forme de démocratie. ALAIN JACOB Avril 1989

« Ill ....

ni prévu la force du mouvement social A.

la glasnost favorise la démocratisation politique • Les réformes constitutionnelles ouvrent la voie au multipartisme et à un régime présidentiel .

Le rôle dirigeant du Parti est aboli ( 1990) .

• Gorbatchev trouve une légitimité dans son élection de Président e: 1 1 de l'URSS par le Congrès des députés du peuple ( 15 mars 1990) .

1 • Cette démarche est crit iquée par ceux qui souhaitent l'ouverture libérale de l'URSS , tel Eltsine .

B.Gorbatchev face au mouvement social e1 1 Le mécontentement social dû à la pénurie s'amplifie.

Pour contrer 1 ce mouvement Gorbatchev durcit son attitude : il interdit la grève, il rejette le programme de transition accélérée vers l'économie de marché ( 1990) .

el C. La contagion révolutionnaire gagne l'URSS • À partir de 1989, la contestation du modèle soviétique se développe dans les démocraties populaires et se propage dans les Républiques baltes .

• Elle résulte d'une convergence de facteurs : - la politique de désarmement destinée à réduire les dépenses militaires allège la pression soviétique, - l 'abandon de la doctrine de la souveraineté limitée, dès 1987, laisse espérer un retour à la liberté politique pour chacune des démocraties , - le réveil des populations civiles (qui osent manifester leur soif de liberté et leur rejet du système économique et social) déborde les dirigeants communistes , A -l'opposition des Églises (catholique en Pologne , protestante en RDA) W canalise et donne force au mécontentement général des populations .

IJli>Lancées pour sauver le modèle soviétique , la perestroïka et A la glasnost débouchent sur son effondrement en 1991.

W La transition démocratique en furope centrale et orientale • 1989-1990 :Abolition du rôle dirigeant du PC ou instauration A du multipartisme .

Élections législatives libres.

W • 1990-1993 : Entrée successive de ces pays au Conseil de l'Europe (« certificat» de démocratie) .

68 Histo ire. »

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