Frenay, Henri
Publié le 23/02/2013
Extrait du document
1 | PRÉSENTATION |
Frenay, Henri (1905-1988), résistant et homme politique français, l’un des fondateurs du mouvement Combat durant la Seconde Guerre mondiale.
2 | LA RÉVOLTE D’UN OFFICIER |
Né à Lyon, issu selon ses propres dires de la « droite française, traditionaliste, pauvre, patriote et paternaliste «, fils d’officier, lui-même ancien élève de l’École militaire de Saint-Cyr, de l’École de guerre et du Centre d’études germaniques de Strasbourg, Henri Frenay était capitaine en 1940. Fait prisonnier, il s’évada et tenta de rentrer en contact avec des membres de l’armée régulière, basés à Vichy, afin d’organiser des actions de résistance contre l’occupant allemand.
Cependant, après l’entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler, il quitta l’armée et entra dans la clandestinité. Dans le sud de la France, il s’employa à fédérer les initiatives résistantes d’un petit noyau de personnes, d’origine et de formation diverses, telles que la militante antifasciste Bertie Albrecht et le journaliste Claude Bourdet. Il commença ainsi à organiser un véritable réseau sur le modèle militaire, le Mouvement de libération nationale, qui éditait une feuille ronéotée, les Petites Ailes de la France.
3 | LA NAISSANCE DE COMBAT |
Dès novembre 1941, il put organiser la fusion de son mouvement avec Liberté, réseau groupé autour du journal du même nom, et dont les membres, notamment Georges Bidault, Edmond Michelet, François de Menthon et Pierre-Henri Teitgen, étaient pour la plupart issus du catholicisme social. L’organisation nouvellement créée, le Mouvement de libération française, fut assez rapidement désignée d’après le nom de son journal, Combat, qui devait atteindre en 1943 une diffusion de 250 000 exemplaires.
Maintenant, dans un premier temps, une attitude assez ambiguë à l’égard du gouvernement de Vichy, Frenay put garder jusqu’en 1942 des contacts avec des officiers chargés du renseignement dans l’armée d’armistice. Il fut même amené, dans le but de faire libérer des responsables emprisonnés, à rencontrer en février 1942 le ministre de l’Intérieur, Pierre Pucheu, ce qui ne manqua pas de susciter de nombreuses critiques en dehors de son mouvement. Clarifiant sa ligne idéologique et faisant allégeance au général de Gaulle après le voyage de Frenay à Londres à l’automne 1942, Combat publia en septembre 1942 un manifeste politique annonçant une révolution socialiste pour « arracher à [l’] oligarchie le contrôle […] de l’économie « et appelant de ses vœux une IVe République « forte, équilibrée, moderne «.
4 | L’ORGANISATION DE LA RÉSISTANCE |
Très structuré, divisé entre régions et services nationaux, le mouvement Combat servit de modèle lors de la fusion des mouvements de Résistance de la zone sud qui aboutit, au printemps 1943, à la création des Mouvements unis de Résistance (MUR). Cependant, si Frenay accepta ce regroupement, il s’opposa vivement à Jean Moulin, délégué du général de Gaulle, et au général Delestraint, chef de l’armée secrète, à qui il reprochait de vouloir soumettre la Résistance de l’intérieur aux « politiques « de Londres ; il estimait pour sa part, comme il devait l’écrire à Moulin, que « la Résistance forme un tout «.
Considérant la Résistance comme une authentique force révolutionnaire, apte à régénérer la France, il reprochait à Moulin de vouloir réintroduire au sein du Conseil national de la Résistance (CNR) les anciennes formations politiques de la IIIe République, qu’il estimait discréditées. Cela l’amena encore, plus de trente ans après, à réitérer, dans l’Énigme Jean Moulin (1977), ses accusations contre le président du CNR, qualifié de « fossoyeur de la Résistance «.
Entré en novembre 1943 au Comité français de libération nationale (CFLN), comme commissaire aux prisonniers, déportés et réfugiés, Henri Frenay conserva ses fonctions au sein du Gouvernement provisoire, jusqu’en 1945, puis se retira de la vie politique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages relatant son expérience et ses souvenirs de résistant : la Nuit finira (1973), Volontaires de la nuit (1975).
Liens utiles
- Frenay Henri, 1905-1988, né à Lyon, homme politique français.
- FRENAY, Henri (1905-1988) Officier, il est l'organisateur de l'Armée secrète et l'un des chefs des Mouvements unis de Résistance.
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