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critique de montesquieu

Publié le 15/11/2012

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montesquieu
Que critique montesquieu ? La vie sociale La critique de la vie sociale est directement exprimée par Rica qui dira, s'étant rendu à la comédie française: "tout le peuple s'assemble sur la fin de l'après-midi et va jouer une espèce de scène". En fait, Montesquieu pense que la société française se donne en spectacle à elle-même et on peut supposer qu'il dénonce le ridicule de la vie mondaine. Cette critique se retrouve jusque dans le milieu intellectuel et lettré avec par exemple l'allusion à la querelle des Anciens et des Modernes avec, il faut le noter, une fonction référentielle très poussée. De plus, la lettre 66, dénigre les auteurs de plagia lorsque Rica énonce: "De tous les auteurs, il n'y en a point que je méprise plus que les compilateurs, qui vont de tous les côtés chercher des lambeaux des ouvrages des autres qu'ils plaquent dans les leurs comme des pièces de gazon dans un parterre". L'orgueil et la vanité sont également montrés du doigt toujours à travers les réflexions de Rica notamment en lettre 50: "Je vois de tous côtés des gens qui parlent sans cesse d'eux-mêmes; leurs conversations sont un miroir qui présente toujours leur impertinente figure". On citera également, l'anecdote en lettre 52 où Rica raconte la médisance des quatre femmes de vingt, quarante, soixante et quatre-vingts ans tout en mettant en avant la coquetterie des femmes. La politique La principale source de critique politique est bien sûr le roi, c'est dire Louis XIV. Usbek trace un portrait de lui peu flatteur: à la fois avare et dépensier, lucide et aveugle mais surtout absolu, distribuant des récompenses ou blâmant de façon aléatoire. De plus Usbek refuse le despotisme et critique la monarchie de droit divin qui met en place un roi tel "un soleil qui porte partout la chaleur et la vie" en mettant Dieu au centre des affaires politiques. Montesquieu dénonce aussi l'esclavage. C'est dans la lettre 118 par Usbek que cette critique se fait la plus acerbe: "Quant aux côtes de Guinée, elles doivent être sérieusement dégarnies depuis deux cents ans que les petits rois [...] vendent leurs sujets aux princes de l'Europe" en ajoutant: "Il n'y a rien se si extravagant que de faire périr un nombre innombrable d'hommes pour tirer du fond de la terre l'or et l'argent". La religion La principale critique faite à la religion est son obscurantisme comme en témoigne le dialogue entre Usbek et un dervis: "Ne voyez-vous pas que le Saint Esprit nous éclaire? Cela est heureux car de la manière dont vous en avez parlé je reconnais que vous avez un grand besoin d'être éclairé". En outre, Montesquieu se veut démographe en dénonçant le célibat des prêtres et en finissant, en lettre 117 par les qualifier de "gens avares qui prennent toujours et ne rendent jamais". Mais surtout, Montesquieu condamne l'intolérance religieuse dont il regrette les conséquences violentes. Aussi, il le fera comprendre, par l'intermédiaire d'Usbek dès la lettre 85: "Ce n'est point la multiplicité des religions qui a produit les guerres, c'est l'esprit d'intolérance de celle qui se croyait la dominante". Montesquieu est un écrivain du XVIIIème siècle, appartenant donc au mouvement des Lumières et connu pour être, entre autres, l'auteur des "Lettres Persanes" en 1721. Cette oeuvre est un échange de lettres entre deux persans nommés Usbek et Ibben qui, à travers le genre épistolaire, donnent leurs avis sur la société française de l'époque. Le texte intégral est paru tout d'abord à Amsterdam en 1721, puis est arrivé clandestinement en France six ans après la mort de Louis XIV, se montrant être un grand succès parmi les français. Le passage que nous étudierons est la Lettre 37, dans laquelle Usbek fait par de son avis sur le gouvernement à Ibben, et plus précisément sur la façon de gouverner de Louis XIV. Nous pouvons ainsi nous demander en quoi il est possible de parler de portrait critique. Nous verrons dans un premier temps que Montesquieu fait une critique indirecte du Roi et de sa Cour, puis que l'auteur lui adresse une succession de reproches. À travers cet échange épistolaire entre deux persans, Montesquieu critique le Roi, mais aussi plus généralement son gouvernement et le système mis en place. Selon lui, Louis XIV est un Roi mauvais et dont les incohérences dans les décisions ou le comportement sont inacceptables. Pour le monarque, le protocole est très important et les vraies valeurs, d'un soldat par exemple, ne sont pas prises en compte. Montesquieu critique alors par des moyens détournés : la fiction et le regard étranger. Ainsi, il se protège de la censure et donne plus de crédibilité à son roman. De même, Érasme nous donne également un portrait critique en opposant bon Roi et Tyran dans "L'Institution du Prince Chrétien". Les Lettres Persanes écrites en 1721 et parues sans nom d'auteur nous révèlent les correspondances entre Usbek et son ami Rica, deux Persans qui décident de quitter leur pays pour découvrir la France et ses moeurs bien singulières. Au travers de ces lettres, Montesquieu, masqué sous le regard de ses personnages fictifs, se lance dans cette lettre audacieuse : la XXXVII du recueil, datée de 1713 c'est-à-dire deux ans avant la mort du roi de France, Louis XIV dit le Roi Soleil. Dans cette lettre, Montesquieu se livre à une satire mordante de la monarchie absolue marquée par l'absolutisme du roi et le culte de sa personne. Critique d'autant plus forte aux yeux du lecteur que Montesquieu utilise de nombreux procédés de distanciation pour parvenir à exprimer ses idées sur une fin de règne austère qui l'inquiétait beaucoup à l'époque. Ainsi, il est intéressant de se demander comment Montesquieu à travers cette lettre XXXVII parvient, en utilisant l'étonnement persan, à masquer sa présence et à établir une critique féroce de la monarchie absolue instaurée par Louis XIV. Pour ce faire, nous allons tout d'abord étudier ce procédé qui vise à montrer l'étonnement persan et qui donne ainsi une vision originale des choses perçues. Puis, nous allons analyser la satire du roi de France. Enfin, nous allons nous pencher sur la critique virulente de l'absolutisme monarchique qui se dessine au travers de cette lettre. Dans un premier temps, il faut commencer par souligner la technique souvent utilisée et reprise ici par Montesquieu du regard étranger, ce regard de l'autre qui découvre nos us et coutumes pour la première fois et s'en étonne. Ce procédé permet de montrer au lecteur de l'époque sa propre civilisation et sa société sans le voile de l'habitude. Le lecteur adopte ainsi le regard du persan un regard neuf et avide de savoirs. La visée de ce regard est de créer un effet de distanciation fort.

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