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Commentaire Du Chapitre 3 De Candide

Publié le 18/01/2011

Extrait du document

L'efficacité de l'apologie

 

Candide, Voltaire (1759), chapitre III, de "Rien n'était si beau ... des héros abares l'avaient traité de même"

 

Apologue : Récit en prose ou en vers chargé d'illustrer une leçon morale

 

"Candide ou l'optimisme" : A cette époque, l'optimisme a laissé place au pessimisme

Révolté par l'intolérance : "Il faut écraser l'infame" → Intolérance religieuse

Revolté par les guerres de son siècle.

Règle ses comptes avec les théories optimistes/ providentialistes de Leibniz.

Dans ce comte philosophique, Voltaire se propose de démontrer que les philosophies optimistes disant que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes sont fausses.

L'auteur met en scène un héros : Candide, qui découvre toutes les formes du mal au cours de ses aventures.

Candide = naïf. Précepteur de Candide : Pangloss → optimisme

Candide parcourt l'ensemble de la planète. Il perd sa naïveté et voit le mal, les guerres et les intolérances.

 

Situation de l'extrait : loin du ton idyllique du 1er chapitre, le héros est enrôlé malgré lui, battu puis condamné pour désertion. Il vient d'être gracié quand son régiment se met en marche contre les abares.

 

Plan :

 

I/ Le regard optimiste ou la guerre "justifiée

 

1) La gradation dans l'admiration

Accentuée par "si"

Insistance sur tableau esthétique

Spectacle total en son et lumière. Nouvelle énumération.

Point de vue surplomblant (celui des souverains ?)

 

2) Des hommes marionnettes

Approximation + Décompte sur un ton détaché.

Pluriels : perte d'identité. Les armes en sujet et les hommes en objet

 

3) L'horreur masquée

Vision de Candide influencée par par la philosophie optimiste de Pangloss.

Expressions et logique empruntées à cette philosophie

Justification par l'extermination du mal.

Justifier moralement et socialement

Victimes = coupables

"Raison suffisante" (5)

"Raisonner des effets et des causes" (10)

"Du meilleur des mondes"(4)

 

II/ La dénonciation ironique

 

1) Les dissonances

 

Annoncent toute l'ironie du 2ème paragraphe

Voltaire cherche à dénoncer l'horreur bouffone de la guerre.

"Canons" : rupture dans l'harmonie et candide ne perçoit pas la discordance.

Antithèse : enfer / harmonie.

Ironie de Voltaire ici, comme un signe de l'auteur à son lecteur.

Oxymore : "boucherie héroïque".

Opposition constante entre gloire et horreur de la guerre.

Faux héroïsme fondé sur la glorification des massacres

"âmes" : connotation chrétienne ironique

"comme un philosophe" : réaction saine ou philosophe au sens traditionnel (spécule sur l'abstrait)

 

2) L'hyper-réalisme de la traversée des villages

 

Fuite instinctive de Candide

Habileté de la construction :

- Paragraphe 1 : Scène de guerre (épique)

- Paragraphe 2 : scène d'apocalypse

Art de la préparation. Ces paragraphes s'opposent.

Ton accusateur et l'écriture change également. Le regard de Candide se développe.

Champ lexical de la violence : toutes les actions meurtrières qui sont décrites. Série de participes passés : assonance en "é"

Champ lexical de la mort : détails anatomiques horribles

Grossissement sur image et déshumanisation.

Image cruelle : "mamelles sanglantes"

"Filles éventrées" : viols

Toutes les composantes de la famille sont touchées → pathétique

"leurs femmes, leurs enfants" : destruction de la famille

Candide marche → déictiques

Pathétique : toucher / émouvoir le lecteur

 

3) Mise en valeur de l'absurdité

 

Symétrie dans les comportements, voire confusion.

Parallélisme entre les deux armées, repris dans le passagebdu paragraphe 3.

On ne sait plus qui tue qui.

Les Te Deum des deux côtés. Les deux chantent victoire.

Dénonciation et complicité de la religion.

l.12 : Faux lien logique : "selon". La guerre ne devrait pas toucher les civils. Dénonciation des puissants.

Rythme du paragraphe 2 : rapide → Candide n'a pas le temps de réagir.

 

Victor Hugo, 1878 : Cérémonie pour le centenaire de la mort de Voltaire : "Déshonorons la guerre. Non, la gloire sanglante n'existe pas, non ce n'est pas bon et ce n'est pas utile de faire des cadavres, d'aboutir à cette épouvantable exposition internationale qu'on appelle un champ de bataille."

 

Conclusion : Candide aperçoit donc les atrocités de la guerre et fuit. Il refuse de remettre en cause une vision absurde du monde. Il mettra encore du temps à réagir et connaîtra d'autres formes de mal avant de se rendre compte de l'absurdité de la betise humaine.

Moyens divers pour dénoncer : réalisme et ironie. Argumentation indirecte très efficace, plus qu'une dénonciation directe et théorique. Le lecteur retient la leçon de cette "boucherie héroïque". Texte très représentatif du XVIIIe

Dans l'Encyclopédie, Voltaire s'est exprimé directement au chapitre "guerre"

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