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canyon sous-marin.

Publié le 14/04/2013

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canyon sous-marin. canyon sous-marin, vallée encaissée aux parois abruptes, creusée dans les fonds marins. Les canyons sous-marins commencent comme des vallées peu profondes du plateau continental (voir Océans ; Océanographie). Plus au large, ces vallées se creusent à l'endroit où elles rencontrent la pente (ou talus) continentale, qui est plus escarpée et correspond à une région où le fond océanique descend en pente raide. Puis elles s'ouvrent généralement sur le glacis continental, une zone du fond marin qui longe la plupart des plates-formes continentales, et descend vers les grandes plaines abyssales au relief plat. De nombreux canyons sous-marins sont situés à l'embouchure de grands fleuves tels que l'Amazone, le Mississippi, le Saint-Laurent, le Congo, l'Indus, le Gange, l'Hudson et la Columbia. Tout comme les canyons terrestres, les canyons sous-marins sont très profonds (jusqu'à 2 km), et leurs parois presque verticales. Il est fréquent que plusieurs affluents se jettent dans le chenal du canyon principal. Les pentes du chenal sont parfois très douces, jusqu'à 1 p. 100, ou au contraire très abruptes, et peuvent atteindre 30 p. 100. Ces similitudes avec les vallées des fleuves ont conduit les premiers géologues à penser que les canyons avaient pu être à l'origine des vallées fluviales, ultérieurement submergées. Toutefois, cette théorie impliquait que le niveau de la mer ait baissé de 4 000 m, ou que le niveau des terres se soit élevé de la même hauteur sur toute la surface du globe, ce qui excède de loin les 120 m de régression des eaux lors des périodes glaciaires. Seules les parties les moins profondes des canyons sur le plateau, auraient pu être creusées directement par des fleuves. C'est seulement dans les années cinquante que les océanographes attribuèrent le creusement des canyons sous-marins à des courants de turbidité, c'est-à-dire à des écoulements d'eau et de sédiments mélangés. Le premier indice à l'appui de cette hypothèse fut fourni en 1929, lorsqu'à la suite d'un tremblement de terre sur les bancs de Terre-Neuve, un courant de turbidité dévalant la pente continentale à des vitesses de 40 à 80 km/h provoqua la rupture en série de câbles télégraphiques sous-marins, depuis les zones peu profondes jusqu'aux grandes profondeurs. Depuis, d'autres observations similaires ont été faites lors de la rupture de câbles. La présence dans les sédiments des profondeurs d'éléments étrangers (fragments, débris, feuilles d'arbres) constitue une preuve supplémentaire que les courants de turbidité sont à l'origine des canyons sous-marins. En 1935, par exemple, en suivant une rupture de câble dans un canyon au large du fleuve Magdalena, en Amérique du Sud, une équipe de réparation retrouva le câble à une profondeur de 1 500 m, emmêlé dans de grandes masses d'herbes issues de zones marécageuses. Les courants de turbidité sont créés par d'importants volumes de sédiments d'origine fluviale qui traversent le plateau continental, portés par les courants et les vagues. Ces matériaux peuvent suivre d'anciens lits de fleuves creusés pendants des périodes glaciaires. Lorsqu'une certaine quantité de sédiments s'est accumulée à proximité du rebord de la plate-forme, son propre poids, ou bien une vibration lors d'un tremblement de terre, peut déclencher le glissement de cette masse le long de la pente, et creuser un chenal de canyon. Le creusement des canyons peut aussi être plus progressif. Ainsi, des plongeurs ont observé un courant de sable lent et régulier circulant à 0,3 km/h, qui descendait le canyon San Lucas au large de Baja California (Basse Californie). L'érosion, lente ou rapide, du chenal central du canyon peut provoquer la formation d'un canyon aux parois abruptes par un phénomène d'affouillement. Aux endroits où la côte est escarpée et le plateau continental étroit, les canyons sous-marins sont souvent des extensions géologiques de canyons terrestres. Les canyons de Monterey et de Scripps, le long des côtes de Californie, sont parmi les plus spectaculaires du monde. Le canyon du Congo (800 km de long) est directement situé dans le prolongement de l'embouchure du fleuve Congo, et les sédiments fluviaux évitent le plateau pour s'acheminer directement jusqu'au glacis continental en descendant le long du canyon. Les canyons sous-marins constituent les principales voies par lesquelles les sédiments atteignent les grands fonds. Les courants de turbidité laissent des configurations sédimentaires caractéristiques lorsqu'ils viennent mourir sur le glacis continental. Ils s'évasent, en effet, sur un plan horizontal, créant ainsi des formes de dépôts particulières. Ils déposent aussi des couches nommées turbidites, dans lesquelles les particules grossières tombant plus rapidement se trouvent au fond, et les particules plus fines au-dessus. Cette disposition verticale allant des sédiments grossiers aux sédiments fins se reproduit à chaque fois qu'un nouveau courant de turbidité se manifeste. Les roches sédimentaires créées à partir de ces dépôts se retrouvent dans de nombreuses chaînes de montagnes, notamment en Europe dans la chaîne alpine. Elles témoignent de la présence ancienne de matériaux sur le glacis continental à l'embouchure d'un canyon sous-marin. Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

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