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Au Bohneur Des Dames

Publié le 11/09/2006

Extrait du document

A travers une histoire d'amour qui pour une fois se termine bien, le roman nous entraîne dans le monde des grands magasins, l'une des innovations du Second Empire. Le roman est marqué par trois moments importants qui sont les trois grandes ventes. L'intrigue professionnelle et l'intrigue amoureuse sont constamment enlacées. La modernité, au coeur de l'intrigue, a évolué et a su se faire accepter à travers l'opinion d'une héroïne attachante. L'histoire se passe entre les années 1864 et 1868, à l'époque des grands magasins comme « La Samaritaine « et « Le Bon Marché «. Après quelques années, on remarque qu'il y a encore cette bataille racontée dans le livre, entre les boutiques, préférées pour leur qualité et leur luxe et les grands magasins préférés pour leur bas prix et leur diversité.

« Au bonheur des dames « est le onzième volume de la série « Les Rougon-Macquart «, publié en 1883. Ce roman marque un tournant dans les « Rougon-Macquart «: pour la première fois, les destructions que cause la société moderne y sont, sinon exaltées ou justifiées, au moins excusées par le progrès général dont elles seraient porteuses au bout du compte. Il est entendu que le nouveau commerce inventé par Mouret ruine tous les artisans et les petits entrepreneurs qui l'entourent. Baudu s'endette et sa famille s'effondre, les fabricants cèdent à la pression des gros acheteurs que sont les grands magasins... Bourras et ses échecs sont aussi très symptomatiques: lui, l'artisan, tourne des parapluies en esthète, un à un, et ne s'engage qu'à contre-cœur dans la série industrielle et le bon marché: mais l'art devra inéluctablement céder la place à l'industrie, et l'ancien commerce lui-même se tuera d'autant plus vite qu'il voudra affronter le géant sur son propre terrain, celui des remises, de la grande quantité, de la vente à perte. Le livre de Zola pénètre en effet dans la logique des méthodes de ces grands magasins : l'usage intensif de la publicité et l'agencement des produits dans un désordre étudié qui est facteur d'agitation, de cohue fécondes.

On sent tout au long du roman une fascination de Zola pour ce grand magasin, même s'il est en fait un monstre engloutissant vendeuses et clientes. Selon lui, le succès des grands magasins, inévitable, est une bonne chose, même s'il s'accompagne de la ruine des autres commerces et de conditions de travail particulièrement dures. Car s'il y a exploitation des clients, ce n'est pas contre leur gré et c'est peut-être en leur faveur puisque les prix bas, l'accessibilité de tous les objets animent une consommation fiévreuse qui satisfait des besoins ou des envies. S'engage alors une croissance irrésistible qui inonde Paris de marchandises et de richesses, transforme les maisons et les rues. Zola énumère en permanence toutes les étoffes disponibles, les dentelles précieuses, les draps, les soies, les manteaux, les gants, la mercerie, le tout dans un «déballé« qui rappellera le Ventre de Paris et ses pavillons, les Halles gargantuesques du début du cycle. Le grand magasin devient ainsi progressivement une sorte de monde-machine, aux mille échanges et aux mille détours, une ville dans la ville. 

Le titre lui-même indique qu'il s'agit d'abord d'une séduction du désir féminin qu'il s'agit de comprendre et de capter. D'où le rôle de ces silhouettes d'acheteuses bourgeoises qui sont l'échantillonnage d'une foule femelle et asservie: la réservée et l'avertie, l'économe et la dépensière, la voleuse et l'hésitante, toutes sont fascinées par l'œuvre d'Octave. 

Le personnage d'Octave Mouret a réussi par les femmes depuis son arrivée à Paris, et en tant que commerçant il continue d'être un tentateur intéressé. Mais il sera à son tour tenté et dominé par Denise et il rendra symboliquement à la gent féminine tout ce qu'il lui a extorqué. Denise résiste longtemps à Octave, puis l'amène progressivement au mariage. Grâce à elle, Octave ne vise plus à exploiter un personnel quasi captif, et pourrait presque en assurer le bonheur collectif. On voit donc bien l'ambiguïté de la démonstration: « Au Bonheur des Dames « est le produit d'une époque fiévreuse et malsaine, la création d'un aventurier du calicot, mais il est en même temps une force d'avenir, un lieu d'échanges, un monde social très riche.

« 3.

RésuméLe récit prend place à Paris de 1864 à 1869 sous le Second Empire, sur une période de 5 ans.

On suit l'histoire de Denise, jeunenormande de 20 ans.

Suite à la mort de ses parents, elle part pour Paris avec ses deux petits frères dans l'espoir d'être accueilliechez son oncle Baudu, marchand de soie.

Mais à son arrivée, elle découvre que son oncle est concurrencé par un magasin denouveautés : « Au Bonheur des Dames », dirigé par le grand Octave Mouret.

Malgré la haine que son oncle voue au magasin,Denise, tombée sous le charme, s'y fait engager en tant que vendeuse, afin de subvenir aux besoins de ses frères.

D'abord timideet maladroite, elle n'arrive pas à s'imposer et devient la victime des méchancetés des autres vendeurs.En parallèle, on suit le directeur en personne, Octave Mouret, qui étant très ambitieux, désire agrandir son magasin et cherche àséduire un riche baron en espérant se faire financer.

Afin d'avoir plus de succès, Mouret met en vente un tissu de soie unique etbon marché, le « Paris-Bonheur ».

C'est une réussite, et le Bonheur des Dames devient le magasin incontournable de toutes lesdames.Neuf mois plus tard, à la morte saison, Denise est injustement renvoyée, comme de nombreux autres vendeurs, afin d'économiserle maximum d'argent.

Elle s'installe alors chez le père Bourras, vendeur de parapluie, lui aussi victime de Mouret qui convoite samaison.Malgré sa situation difficile, Denise défend les méthodes de Mouret qu'elle trouve logiques et affiche une opinion favorable auxgrands magasins.

Le Bonheur s'agrandit de plus en plus, et amène de nombreux petits commerçants vers la faillite et le désespoir.L'oncle Baudu ne vend plus rien.

Le Bonheur lui a tout pris : ses clientes, et plus tard sa fille (dont le fiancé l'a abandonnée pourune vendeuse du Bonheur), puis sa femme.

Denise est réengagée dans le grand magasin, au titre de seconde de son rayon.

Unedébauche de marchandises et de réclames (une autre nouveauté des grands magasins) attire une foule considérable.

Mouret,inventif et audacieux, a su par son enthousiasme et sa connaissance de la femme, mettre la gente féminine à ses pieds, et arrive ausommet de sa gloire.

Il a de nombreuses maîtresses, dont la très belle bourgeoise Mme Desforges, et pourtant une femme luirésiste encore : Denise.

Mouret décide de lui avouer son amour, et à sa grande surprise, celle-ci refuse ses avances, malgré laréciprocité de ses sentiments.

Mme Desforges, prise de jalousie, organise une rencontre entre les deux amoureux où elle tente deridiculiser Denise, en insistant sur son bas rang social.

Mais son plan se retourne contre elle : Mouret défend Denise et lui dit des'en aller.

Tout le monde est mis au courant du statut de Denise dans le cœur du grand patron, malgré sa résistance.

Dans l'espoirde la faire changer d'avis, Mouret la promeut au titre de première de son rayon et grâce aux effets qu'elle produit sur le directeur,Denise réussit à rendre la vie des vendeurs du Bonheur plus agréable en proposant quelques changements.

Elle devient la « reinedu magasin ».

Finalement, à la fin du roman, Octave se décide à demander Denise en mariage, malgré la différence sociale et lasuperstition selon laquelle « le directeur d'une grande maison de nouveautés devait être célibataire d'il voulait garder sa royautémâle sur les désirs épandus de son peuple de clientes ». On notera que, en suivant le principe du romancier naturaliste, Zola affecte de disparaître complètement derrière l'action qu'ilraconte.

Le narrateur est donc externe et anonyme, et ne se confond avec aucun des personnages.

Ce choix narratif peuts'expliquer par une volonté de prendre de la distance par rapport au sujet traité, nécessaire à l'objectivité.

(Tout comme unscientifique prend note des résultats de ses recherches expérimentales.)Cependant le narrateur adopte le point de vue de plusieurs personnages au cours du récit, en particulier celui de Denise et deMouret, mais aussi ceux d'employés qui le respectent, de clientes qui le vénèrent ou encore de boutiquiers qui le détestent.

Cettevariété de points de vue permet de garder le lecteur attentif et d'éviter l'ennui. 4.

Le traitement du tempsLe roman est écrit dans l'ordre chronologique des évènements et se déroule sur une période de cinq ans (alors qu'il a fallu unetrentaine d'années au magasin « le Bon Marché » pour se développer) mais il y a de nombreux sommaires et ellipses qui visent àsouligner l'importance des scènes des temps forts dans la vie des personnages principaux.

Zola applique ici le principe naturalisteétabli par Maupassant : « Raconter tout serait impossible, car il faut un volume au moins par journée pour énumérer les multiplesincidents insignifiants qui emplissent notre existence.

Un choix s'impose donc.

»Par exemple, deux chapitres suffisent pour raconter les dix-huit mois d'exil de Denise, ses difficultés financière et ses emplois chezle père Bourras tandis qu'un chapitre entier est consacré à la mise en vente du « Paris-Bonheur ».

On constate que Zolas'intéresse essentiellement aux périodes où Denise travaille au Bonheur des Dames.Il y a très peu de dates précises.

Les repères temporels s'appuient surtout sur les périodes de ventes du Bonheur des Dames (lesmortes-saisons, les jours de mise en vente importante). 5.

ThèmesDans ce roman, de nombreux thèmes sont abordés :- la lutte des petits magasins contre les grands magasins [le triomphe des grands magasins, la mort du petit commerce]- l'importance de l'argent. »

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