quinquennat ou septennat?
Publié le 18/02/2025
Extrait du document
«
« Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac ; ce serait très
long » (ina.fr) clame Lionel Jospin durant la campagne présidentielle de 1995 provoquant
le rire de Jacques Chirac.
Ce dernier est le seul président ayant effectué un mandat de
sept ans puis un de cinq ans étant donné que la décision de mettre en place le
quinquennat a été votée le 2 octobre 2000 lors de la présidence de Chirac (1995-2007).
Le septennat présidentiel est caractérisé par une durée du mandat présidentiel de sept ans.
Il a été
mis en place le 20 novembre 1873 et a donc été en vigueur près de 130 ans.
Le premier président de la république française, Louis Napoléon Bonaparte – président de
la IIème république a été élu au suffrage direct masculin pour 4 ans.
C’est la IIIème
république qui consacrera le septennat.
L’Assemblée Nationale à dominante monarchiste
choisit le maréchal Patrice de Mac Mahon, dans un objectif d’assurer la transition vers un
retour de la royauté puis cette solution ayant échoué l’installa dans un septennat en vertu
de la loi dite du Septennat du 20 novembre 1873.
La loi du 20 novembre 1873 a été
confirmée par les lois constitutionnelles de 1875 et par la Constitution de 1946.
A
l’époque, la principale fonction du président était de nommer le chef du gouvernement.
Son pouvoir était donc limité.
Dans la pratique, la durée moyenne de la présidence de la
république s’établit à un peu plus de cinq sous la IIIème république et à 6 ans sous la
IVème.
La Constitution de 1958 assoit le septennat mais attribue plus de pouvoirs au
président qui doit être « au-dessus des partis politiques pour incarner l’unité nationale et
assurer la continuité des institutions » (actu.fr).
Le mode de nomination du président de la
République sera modifié le 6 novembre 1962.Il est désormais élu au suffrage universel
direct ce qui accroît sa légitimité auprès du peuple.
Puis par référendum du 24 septembre
2000 le quinquennat remplacera le septennat.
La question d’un retour au septennat a fait l’objet d’un projet de loi constitutionnelle, texte
n° 417 ( 2015-2016) de M Jacques Mézard et plusieurs de ses collègues, déposé au
Sénat le 19 février 2016 (Senat.fr) et a été récemment au centre de discussions
politiques.
Le 25 avril 2022, Emmanuel Macron a déclaré lors d’un déplacement à
Strasbourg : « Le septennat est un bon rythme, je pense que c’est une bonne respiration
par rapport aux législatives et au temps dont a besoin l’action présidentielle.»
(lavoixdunord.fr) et Marine Le Pen, de son côté, affiche dans son programme le principe
d’un septennat non renouvelable.
Ainsi nous pouvons nous demander si le septennat
présidentiel est la durée la plus adaptée pour qu’un président exerce ses fonctions.
Pour se faire, nous verrons que le septennat s’inscrit dans la tradition républicaine
française (I) mais que le fonctionnement politique des institutions a conduit à rompre avec
cet héritage(II)
I)
Le septennat s’inscrit dans la tradition française de 1873 à 2000
Nous verrons en premier lieu que le septennat est une tradition républicaine des IIIème
et IVème républiques (A) renouvelée par la constitution de 1958 qui accroît sa dimension
démocratique et renforce les pouvoirs présidentiels (B)
A) Une tradition républicaine conservée
Sur la forme, trois textes importants marquent le septennat présidentiel en France pendant les
IIIème et IVème républiques :
En 1873, L’Assemblée Nationale est majoritairement monarchique.
Les deux camps royalistes
à l’assemblée - les partisans du comte de Chambord et ceux du Comte de Paris - portent
provisoirement Mac Mahon à la Présidence en attendant de trouver un accord pour désigner le
futur roi.
L’échec de ce projet aboutira à la mise en place du septennat instauré par la loi
constitutionnelle provisoire du 20 novembre 1873.
Les lois constitutionnelles de 1875 définissant les institutions de la IIIème république
confirment le septennat.
La constitution de 1946, article V - Du Président de la République, affirme que le président de
la République est élu par le Parlement pour une durée de 7 ans, rééligible une fois.
Sur le fond, le septennat confère peu de pouvoirs en propre au président de la république :
sous la IIIème république, il est élu par le Sénat et la Chambre des députés réunis en
assemblée Nationale, partage l’initiative des lois et en assure l’exécution.
Il nomme aux
emplois civils et militaires.
La IVème république verra ses fonctions bien diminuées.
Le président nomme le président du
conseil mais cette nomination est soumise au vote de confiance de l’assemblée nationale.
Les
prérogatives attribuées par les lois de 1875 sont transférées au président du conseil.
La constitution de 1958, conserve la tradition du septennat pour ne pas renier toutes les
dispositions des régimes précédents et opérer un changement drastique, mais si le
septennat n’est pas abandonné à la fin de la IVe république c’est aussi que les rédacteurs
estiment que cette durée correspond à la conception de la fonction présidentielle.
B) Une démocratie affirmée, des pouvoirs présidentiels renforcés
Sur la forme, à l’origine, l’article 6 de la constitution française du 4 octobre 1958 stipulait
que le président de la république était élu par un collège électoral composé de
parlementaires, conseillers généraux et élus municipaux.
Lors d’une allocution radio télévisée, le 20 septembre 1962, le président de la
république, Charles de Gaulle dresse le panorama de quatre ans d’existence de la
constitution : « On peut donc dire qu’elle a fait ses preuves ».
Il réaffirme le rôle de guide du
président, « clé de voûte de notre régime » et dit qu’il se sent obligé de poser la question au
peuple de son mode d’élection.
« La Constitution donne une tête à l’Etat ».
« La plupart des
grands pays du monde….en font autant, chacun à sa manière.
Nous le faisons à la nôtre,
qui est, d’une part démocratique, et d’autre part, conforme aux leçons et aux traditions de
notre longue histoire.»
Charles De Gaulle poursuit en proposant au peuple de décider par référendum de modifier
le mode de désignation du président de la République.
Le décret du 2 octobre 1962 décide de soumettre un projet de loi au référendum, projet de
loi relatif à l’élection du Président de la république au suffrage universel.
Une motion de
censure déposée par Paul Reynaud (indépendant), Guy Mollet (socialiste) René Simonnet
(MRP) et Maurice Faure ( radical) le 4 octobre (débat relatif à la motion de censure, tenu à
l’Assemblée nationale le 4 octobre 19362 extraits JO AN 4.10.1962) sera adoptée.
L’assemblée sera dissoute et le gouvernement de Georges Pompidou démissionnera.
C’est
bien dans un objectif démocratique et pour octroyer plus de pouvoir au peuple que le
suffrage universel direct est devenu....
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