Commentaire du Discours de Jean Louis Nadal
Publié le 08/11/2012
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Face aux incompatibilités relevées par l’arrêt de la CEDH pour que le parquet revête le caractère
d’autorité judiciaire, nous pouvons désormais focaliser sur les points mis en exergue pour améliorer le
statut du ministère public (A), certes il est impossible que le ministère public soit qualifié d’autorité
judiciaire au sens de l’article 5§3 de la CEDH puisqu’il sera toujours partie poursuivante, toutefois cela
permettra une garantie certaine des libertés. A. Les pistes d’amélioration du parquet J.L. Nadal souhaite
que le statut du ministère public soit « profondément revisité « avec pour ligne de conduite « de plus
grandes garanties de neutralité et un surcroît d’indépendance «. Ainsi il détermine deux conditions
nécessaires pour que le parquet soit désormais effectivement gardien des libertés individuelles, sa
nomination doit être débarrassée de toute politisation de ses membres. Et quant aux garanties
d’indépendance, elles correspondent à un phénomène plus continu, il s’agit en outre, malgré la
conservation de l’unité de la magistrature, que cette unité ne soit plus garantie par un membre de
l’exécutif, évidemment politisé.

«
question préjudicielle à la CJUE, au sujet de la QPC.
Ce désaveu n’avait pas lieu d’être et porte atteinte
au principe d’indépendance du pouvoir judiciaire.
Il faut noter que selon la classification de
Sieyes le régime présidentiel qui est celui de la France, il ne devrait pas y avoir de moyens d’actions
réciproques et donc d’interdépendance des pouvoirs.
La théorie est ce qu’elle est, aujourd’hui en France,
c’est le pouvoir judiciaire qui interprète les lois, et ce pas toujours à l’aune de la volonté du législateur.
Toutefois, les pouvoirs nouveaux du Conseil constitutionnel amoindrissent peu à peu la marge de
manœuvre des juges.
De nouveau, la Cour de cassation a tenté de faire obstacle à l’application du droit à
la QPC, en refusant de transmettre au juge constitutionnel la question de la constitutionnalité de la loi
Gayssot relative au délit de contestation des crimes contre l’humanité (7 mai 2010, Mme X et a.
c/
FNDIRP), en excluant la possibilité pour les justiciables de contester l’interprétation donnée à la loi par la
jurisprudence ou en refusant de renvoyer la question de la motivation des arrêts des cours d’assises (7
arrêts du 4 juin 2010).
Guy Carcassonne a pu exprimé les effets de ces décisions de la Cour de
Cassation comme ayant « conduit à ce que les justiciables se trouvent purement et simplement frustrés
d’un droit qui leur a été reconnu par la Constitution ».
En conséquence, le Parlement décide que la
formation spéciale créée par la loi organique du 10 décembre 2009 chargée d’examiner les QPC est
supprimée à l’occasion du vote de la loi organique du 22 juillet 2010 portant
réforme du Conseil supérieur de la magistrature ; retouche réalisée donc au détour d’un texte tout à fait
étranger au sujet.
La force des critiques adressées par M.
Nadal ne semble pas tout à fait appropriée.
Certes, le Parlement a manqué de diplomatie et .
Néanmoins, la Cour de Cassation qui jusqu’alors était
considérée comme la cour suprême de l’ordre judiciaire, ayant le monopole sur l’interprétation des lois,
ne l’est désormais plus et ce en raison de la création de la QPC.
Le rapport de M.
Warsmann évoque
notamment la possibilité pour une QPC de porter sur l’interprétation jurisprudentielle d’une disposition
législative et il témoigne aussi de cette crainte de la Cour de Cassation en envisageant, la suppression du
filtre de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat ; et la transformation du Conseil constitutionnel en une
véritable cour suprême à laquelle seraient subordonnés le Conseil d’Etat et la Cour de cassation.
En
second lieu, J.L.
Nadal s’indigne face aux comportements.
il semblerait que les membres du pouvoir
exécutif ont fait le choix de l’exercice leur liberté d’expression à des fins démagogiques, plutôt que
d’honorer les attributions qui sont les leurs en vertu de la Constitution, ; oubliant par la même occasion
qu’en tant que personnalités publiques leur prises de position ont une influence sur l’opinion publique.
J.L.
Nadal fait ainsi référence aux réactions du syndicat
de police Synergie qui a organisé une manifestation d’agents de police suite à la décision du Tribunal de
Bobigny de condamner des policiers à la prison ferme.
Les magistrats de ce tribunal ont été taxés de
laxisme2.
Ce qui choque au delà des faits, c’est surtout que « ces protestations politico-corporatistes sont
relayées au plus haut niveau ».
En effet, il s’agit bien là de dérives, lorsque le Ministre de l’Intérieur
témoigne de
Le syndicat Synergie Officiers déclare que ce tribunal est « connu pour remettre dehors à tour de bras les
trafiquants de stupéfiants, braqueurs, auteurs de tentatives d’homicide, etc.
»
2
2
Le 1er Mai 2011 son impression de disproportion.
Ses réactions ne sont pas sollicitées, elles portent
atteinte au principe de séparation des pouvoirs et elles discréditent la justice au regard de la fonction de
l’auteur de telles paroles.
Pourtant le CNDS, conforte la sanction des agents de police, le pouvoir exécutif
à « tout à gagner à montrer que les professions des forces de l’ordre sont en capacité et ont la volonté
d’identifier les quelques personnels qui adoptent des comportements constitutifs de manquements à la.
»
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