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> Quelle place occupe le « je » dans le recueil de Man Ray et de Paul Eluard, Les Mains...

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« > Quelle place occupe le « je » dans le recueil de Man Ray et de Paul Eluard, Les Mains libres ? Les clés pour réussir Bien comprendre le sujet L:ê trJe » • Prenez le sujet dans son sens le plus large: ne réduisez pas le « je » à « l'auteur» (Eluard ou Man Ray), même si cette acception est à prendre en compte. • Le sujet s'applique de manière plus évidente aux poèmes,.qui utilisent le langage, qu'aux dessins, qui sont des images.

C'est donc à vous de réfléchir aux manières dont s'exprime le« je» chez Man Ray. • Lorsqu'on parle de poésie, il est impensable de ne pas relier la ques­ tion du «je» à celle du lyrisme: rassemblez vos connaissances sur cette notion pour bien traiter le sujet. Qµëllèj>là,ëê?, • Quelle importance ? A-t-on affaire à, un recueil centré sur la figure de l'artiste ? Quelles sont dans le recueil les manifestations de l'individua­ lité, de la personnalité et de l'identité ? • Quel rôle ? La question se pose à la fois pour Man Ray, qui utilise le langage des images et non l'écriture, et pour Eluard, qui écrit ses poèmes à partir des dessins préexistants de Man Ray. Organiser ses idées Problématique: N'y a-t-il pas un paradoxe (au moins apparent) à mettre en avant le«je», marque de l'individu, à propos d'un recueil composé à deux? Plan proposé : La première partie passe en revue les principales manifes­ tations du « je » dans le recueil, puis la deuxième partie questionne les ambiguïtés liées à ces manifestations, inhérentes à la démarche même du recueil. 1-Comm�nt le« je» s'inscrit-il dans ce recueil? Quels poèmes ci'Eluard reposent sur une énonciation personneÎle ? ClueUe visîoti du poète se dégage de ces poèmes? Comment Man Raydit0il « je >i dans ses desi sins? Il- En quoi le« je» est-il ambigu? Quel cfyptage dê sa signature, marqué de son identité, Man Ray opère+il sur certains dessins ? Quels équiva0 lents à ce brouillage du«je » trouve+on chez Eluard? Quelle incidence le processus créatif original de cerecueil a-t-il sur l'expression lyrique? Le plan est rappelé pour vous aider, mais il ne doit en aucun cas figu­ rer sur votre copie.

À vous de guider le correcteur par l'annonce du plan dans l'introduction, les phrases d'attaque des paragraphes et des transitions. Introduction Recueil composé à quatre mains, Les Mains libres est une œuvre double, où les poèmes de Paul Eluard dialoguent avec les dessins de Man Ray.

C'est en effet à partir des dessins de son ami, membre comme lui du groupe surréaliste, qu'Eluard écrit - démarche originale et singulière, qui soulève un certain nombre de questions: comment Eluard inscrit-il sa personnalité artistique dans ce projet? Comment les univers et les imaginaires des deux artistes cohabitent-ils ? Ou, pour le dire autrement, quelle place le « je » occupe-t-il - celui d'Eluard comme celui de Man Ray - dans ce« nous» du recueil ? I - L'inscription du « je » dans le recueil 1.

Images du« je » Sur 55 poèmes ( si l'on compte séparément les deux « Avignon »), 27 reposent sur une énonciation personnelle, certains comportant explicite­ ment des marques de 1•• personne « ( je », « moi », « mon » ...), d'autres s'adressant à un« tu» qui suppose implicitement un« je» (« L:évidence», p.

17; « La glace cassée ll, p.

25;« Plante-aux-oiseaux», p.

79).

Si l'on ne peut pas dire que le recueil mette vraiment en scène la figure du poète, celle-ci s'incarne tout de même métonymiquement dans une partie du corps, celle qui donne son titre au recueil : la ou les main(s), comme dans « Le don» (p.

26),« Belle main» (p.

69) ou« L'.attente» (p.

92).

Man Ray ne dit pas « je » au sens propre dans ses dessins, mais il les signe (à de très rares exceptions près), son nom (ou son« chiffre») est sur chaque page, et la main sans corps qui surgit ponctuellement dans les dessins peut aussi métonymiquement figurer la sienne.

De plus, un portrait de Paul Eluard par Man Ray œ Mise en abyme : procédé se trouve p.

135 et un autoportrait de ce der­ qui consiste à faire figurer nier à la page suivante, plaçant, dans un jeu dans une œuvre une de i:nlseenabyi:nê, l'image des deux artistes représentation de l'œuvre qui ont composé le recueil à l'intérieur du elle-même. recueil lui-même. 2.

Des éléments autobiographiques Ce recueil semble d'ailleurs construit sur des éléments autobiographiques, ou de l'ordre de l'autobiographie.

Man Ray « note » ses rêves sous forme de dessins, ils sont tous datés de 1936 ou 1937, et l'un d'entre eux, intitulé justement« Rêve» (p.

80), est même précisément daté du« 25 nov 1936». Le recueil s'apparente ainsi à la fois à une sorte de journal de rêves dessiné, ·et à une forme d'autoportrait de l'inconscient.

D'ailleurs, dans l'autoportrait p.

136, les fenêtres qui tiennent lieu de lunettes à l'artiste suggèrent qu'il voit à travers un cadre (n'oublions pas que Man Ray est photographe), mais aussi qu'on peut voir à l'intérieur de lui.

Certains dessins représentent Nusch, la femme d'Eluard, qui est également la muse de ce dernier, l'ins­ piratrice des poèmes d'amour du recueil (« Les sens», p.

46; «Solitaire», p.

49 ...).

Enfin, les deux poèmes réunis p.

87 font visiblement allusion à une excursion dans le sud de la France, avec une étape à Avignon, dans le but d'aller voir le poète surréaliste René Char dans sa maison de l'Isle-sur­ ia-Sorgue, même s'ils restent mystérieux par leur caractère sibyllin (2 vers pour le premier, 3 pour le deuxième) et l'absence de référent du « nous » (Eluard et Nusch? Eluard et Man Ray? Eluard, Nusch et Man Ray?). 3.

Deux personnalités artistiques distinctes À supposer même que ce « nous » renvoie à Man Ray et Paul Eluard, il n'est pas pour autant la marque d'une totale fusion artistique.

Les poèmes d'Eluard décrivent, commentent les dessins de Man Ray, rêvent à partir d'eux et entrent en résonance avec eux, mais ne leur sont jamais totale­ ment inféodés.

l.'.évidente réussite artistique du recueil tient à la rencontre entre deux univers à la fois proches et très différents.

Certains poèmes semblent par leur contenu très éloignés du dessin en face duquel ils sont placés, même si, à la réflexion, on peut déceler le lien, thématique ou sym­ bolique, qui les rattache.

Ainsi, sous le titre« L'.attente» (p.

92), se trouvent un dessin représentant deux mains d'homme entre lesquelles une araignée a tissé sa toile, et un poème formé d'un seul vers : « Je n'ai jamais tenu sa.... »

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