PLAN ADOPTÉ DANS LE DEVOIR I. La modernité des anciens - La réponse à nos préoccupations - La réponse à...
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PLAN ADOPTÉ DANS LE DEVOIR
I.
La modernité des anciens
- La réponse à nos préoccupations
- La réponse à notre soif de beauté
- Les chefs-d'œuvre hors du temps
II.
La modernité est une rupture radicale
- La fonction révolutionnaire des Modernes
- Des préoccupations de notre temps
- Le rejet des Anciens
III.
Tradition et nouveauté
- Une modernité qui se démode
- La nécessité de l'héritage des Anciens
- Le lecteur fait la modernité
DEVOIR RÉDIGÉ
Voltaire au xviii éme se plaignait « des mauvais petits livres dont nous sommes
inondés», préférant se tourner vers les Classiques « en possession des suffrages du
public ».
Un éditeur contemporain, plus nuancé, présente ainsi une collection d'oeuvres littéraires
: « La modernité n'a rien à voir avec la date de parution.
» Pour lui, en effet, certaines
œuvres récentes ne répondent pas « à nos préoccupations et à notre soif de beauté ».
Il
se place donc sur un plan à la fois esthétique et moral.
Nous verrons d'abord en quoi consiste la modernité des Anciens avant de constater
combien il leur est impossible parfois d'être vraiment modernes pour nous.
Enfin, il
apparaît dans ce débat que la littérature est pétrie de tradition et de nouveauté.
Si certaines œuvres anciennes sont encore lues de nos jours, cela tient moins à des
obligations scolaires des élèves qu'à une force contenue dans ces écrits qui répondent à
nos préoccupations de lecteur.
En effet, nombre d'œuvres classiques transcrivent les
grands problèmes humains, inchangés depuis des siècles.
Ainsi, l'errance d'Ulysse dans
L'Odyssée d'Homère fait-elle encore frémir, ; elle a été reprise par des modernes tels que
J.
Giono avec La Naissance de l'Odyssée ou J.
Joyce avec cette version dublinoise qu'est
Ulysse.
Les types psychologiques eux aussi ont trouvé chez les classiques une expression
exemplaire, parce que les hommes n'ont guère changé depuis Les Caractères de La
Bruyère ou Tartuffe de Molière.
Les Anciens ont su expliquer les comportements sociaux
ou politiques, les conflits qui déchirent les générations ; et la vision de la guerre
picrocholine dans l'œuvre de Rabelais, Gargantua, ne le cède en rien pour la cruauté à
l'exposé des guerres contemporaines.
De façon générale, ces œuvres offrent une réponse
circonstanciée à nos inquiétudes, et en particulier celle qui concerne la mort dont Bossuet
disait qu'elle est « un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue ».
La
Chanson de Roland au XIe siècle ou le poème « Une Charogne » de Baudelaire nous en
persuadent assez.
Nos préoccupations touchent aussi l'analyse des sentiments et la littérature amoureuse
des siècles passés nous émeut toujours autant.
Les Amours de Ronsard ou les tourments
de Mme de Clèves dans le roman de Mme de La Fayette s'apparentent aux nôtres ; le
plus grand analyste de ces mystères de 1 amour et de la jalousie est sans doute Marcel
Proust.
Pourtant A la recherche du temps perdu qui date du début du XXe siècle pourrait
sembler loin de nos préoccupations actuelles.
La pérennité des œuvres du passé tient également à leurs qualités littéraires qui
répondent « à notre soif de beauté ».
La poésie surtout retient d'emblée notre attention
avec la musicalité des Fêtes galantes de P.
Verlaine, ou la noblesse du rythme et la
coloration originale des vers de J.
Racine.
Le succès persistant du théâtre classique
français ou des pièces de Shakespeare témoigne de cette vitalité de l'écriture classique.
Mais la prose, avec ses périodes amples, emporte aussi l'adhésion ; l'on peut choisir la
rigueur des phrases dans Madame Bovary de G.
Flaubert qui testait son style dans son «
gueuloir », ou la fougue épique du discours à la Chambre des Lords dans L'homme qui rit
de V.
Hugo.
La modernité de certaines œuvres anciennes tient peut-être à ce qu'elles sont en avance
sur leur temps : trop neuves à leur époque, elles ont dû attendre la nôtre pour être
appréciées à leur juste valeur.
L'on peut se demander alors si les Anciens ne sont pas
tout simplement hors des atteintes du temps, liés à leur siècle, mais ancrés dans
l'éternité.
Il est donc vrai que « des textes écrits il y a plusieurs siècles sont résolument modernes
» puisqu'ils continuent à satisfaire notre attente de lecteur.
Un contemporain, Italo
Calvino, écrivait, il y a quelques années : « Un classique est un livre qui n'a jamais fini de
dire ce qu'il a à dire.
» Pourtant, il existe une modernité qui n'appartient qu'au présent
du lecteur, conçue comme rupture avec ce passé démodé.
La modernité semble tout de même liée à la date de parution.
Est dite moderne toute
œuvre qui est de son temps, qui l'exprime dans ce qu'il a de ponctuel et d'éphémère.
De
cette manière, toute grande œuvre est nécessairement moderne car elle est le reflet du
temps où elle a été écrite.
Ce qui signale la modernité est la rupture délibérée avec le
passé très visible chez l'auteur.
Mallarmé affirme : « J'ai toujours rêvé et tenté autre
chose», signalant par là que son œuvre était expérimentale.
V.
Hugo allait plus loin en
faisant de l'œuvre moderne un acte révolutionnaire.
« J'ai démoli la Bastille des rimes »,
proclamait-il, pendant que son drame Hernani provoquait un scandale opposant les
tenants du classicisme aux Jeunes-France conduits par T.
Gautier.
Notre vingtième siècle
a voulu rompre les attaches qui le liaient au passé comme en témoigne le Nouveau
Roman dont les manifestes littéraires sont L'ère du soupçon de Nathalie Sarraute et Pour
un nouveau roman de A.
Robbe-Grillet.
Il semblerait donc que la modernité se définisse
comme infraction aux règles préétablies, ou comme invention de règles nouvelles.
Mais elle répond surtout à nos préoccupations du moment.
Le vingtième siècle, dont
l'Histoire est si féconde, nécessite une littérature qui donne des repères au lecteur.
C'est
ainsi que l'existentialisme de J.-P.
Sartre vient contrebalancer le pessimisme de la....
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