Pénates Au XVIIe siècle, dans la fable «L'Homme qui court après la Fortune et l'homme qui l'attend dans son lit»,...
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Pénates
Au XVIIe siècle, dans la fable «L'Homme qui court
après la Fortune et l'homme qui l'attend dans son lit», La
Fontaine évoque un ambitieux poursuivant en vain, au
bout du monde, une chance qui se refuse à lui.
Lassé, il
décide de revenir dans son_ village: « Il renonce aux courses ingrates, I Revient dans son pays, voit de Join ses
pénates.
,, L'expression est, aujourd'hui encore, familièrement usitée : « regagner ses pénates » signifie revenir
chez soi, dans son pays, à son foyer.
Les pénates étaient en effet, dans la mythologie romaine, les divinités protectrices du foyer et les statues qui
les figuraient.
Les familles romaines étaient également placées sous
la protection des lares qui, à l'origine, passaient pour
veiller sur les travaux des champs, et sous celle des ·
mânes, ou âmes des morts, considérées comme des divinités.
Dans une langue recherchée ou avec une intention
parodique, le mot "mânes,, est parfois employé de nos
jours dans l'expression « les mânes des aïeux» pour signifier l'esprit des morts constituant la lignée dont quelqu'un descend et, de façon générale, pour évoquer le
passé et les traditions d'une famille.
Les génies du garde-manger
Les pénates étaient une collectivité de dieux non
individualisés, tirant leur nom de la partie la plus ancienne de la maison, le «penus», donc attachés à ce
lieu.
Les provisions de bouche s'y trouvant cachées,
penus a signifié également « aliments, garde-manger» à
l'époque classique.
Les pénates furent donc, au départ,
les génies du garde-manger et à partir de là, ils protégèrent la maison tout entière.
Sur les monnaies romaines,
ils étaient souvent représentés comme des vieillards à la
tête entourée d'un voile.
On distinguait les pénates privés et les pénates publics, les seconds étant une extension des premiers :· on
passa en effet, naturellement, des dieux du foyer aux
dieux du territoire.
Les pénates publics protégeaient
donc l'Etat et ils étaient honorés sur le Forum, dans le
temple de Vesta, où ils av.aient leur sanctuaire, le
penum.
Dans le culte privé, les pénates étaient représentés
deux par deux, par des statuettes de bois, d'argile, de
cire ou d'ivoire.
Ils étaient les patrons et les bienfaiteurs de la famille.
Chacune avait les siens.
Les statuettes étaient placées au fond de l'atrium, dans le tablinum.
L'atrium était le cœur de la maison et son noyau
primitif: dans la cabane de bois qui fut la première
habitation des Romains, le jour pénétrait par la porte
et par une ouverture, sorte de cheminée, percée dans le
toit.
Cette pièce unique fut peut-être appelée atrium
parce que «noircie» par la fumée qui s'échappait par la
cheminée (l'adjectif «ater» veut dire «noir, sombre»).
Autour de la pièce, on construisit, ensuite, de petites
chambres.
Ainsi l'atrium devint plus tard un grand vestibule
orné d'un bassin recevant les eaux de pluie qui tombaient par l'ouverture, ou impluvium, pratiquée au milieu du toit.
Tout autour étaient distribuées les chambres.
De l'atrium on passait au péristyle, ou petit jardin
entouré de colonnades et orné de plantes vertes, par le
tablinum: c'était un salon servant de cabinet de travail
au chef de famille qui y conservait ses archives.
Les
pénates se trouvaient là.
Pendant les repas, on plaçait certains mets devant les
statuettes qui les figuraient.
On leur offrait parfois des
sacrifices.
Le repas principal avait lieu vers quatre heures de l'après-midi.
Frugal aux temps antiques (un plat
unique, de légumes souvent), il s'était raffiné et
compliqué à l'époque classique.
Il comprenait alors des
entrées, plusieurs services - poisson et viande - que
l'on accompagnait de pain, des desserts.
Les Romains
prenaient aussi une collation en se levant, et ils déjeunaient légèrement vers midi.
Le dîner était suivi, chez
les gens très riches, d'une sorte de souper : on y buvait
beaucoup en écoutant de la musique ou en assistant à
des spectades.
La salle à manger comportait trois lits - chacun de
trois places - disposés sur trois côtés d'une table carrée.
Déjà les Grecs, qui pourtant mangeaient assis au
temps d'Homère, avaient pris par la suite l'habitude de
lits richement ornés pour prendre leurs repas.
Ceux-ci
comprenaient plusieurs services : viandes, légumes,
poissons.
C'était la « première table» au cours de laquelle on ne buvait pas.
Venait ensuite la « seconde
table»: les desserts et le vin, mélangé d'eau le plus
souvent.
On riait, chantait et dansait.
Les âmes des ancêtres
Les lares étaient également des sortes de génies attachés à une famille, à une race.
II y en avait un par
famille, à qui l'on offrait de menus présents.
II y avait
aussi des lares publics, petits dieux des....
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