Madagascar (1993-1994) La mouvance politique du président Albert Zafy, dont l'élection, le 27 mars 1993, a inauguré la IIIe République...
Extrait du document
«
Madagascar (1993-1994)
La mouvance politique du président Albert Zafy, dont l'élection, le 27 mars
1993, a inauguré la IIIe République (après une quinzaine d'années de dictature
de Didier Ratsiraka et dix-huit mois de soulèvement populaire), a remporté la
majorité des sièges aux législatives du 16 juin 1993.
Le pasteur Richard
Andriamanjato a été élu président de l'Assemblée nationale, laquelle a ratifié,
début août 1993, la nomination du Premier ministre, Francisque Ravony.
Ces trois
centres de pouvoir de la IIIe République n'ont cessé, dès lors, de se
concurrencer.
Leur méfiance réciproque, assortie de certaines divergences, a ralenti le
processus de prise de décision, paralysant le nouveau régime.
Le président
entouré de conseillers aux opinions opposées, a montré le plus grand mal à
trancher les questions sensibles.
Le Premier ministre, conscient de la fragilité
de sa majorité parlementaire, allait devoir composer avec le Parlement.
Le
président de l'Assemblée nationale, selon ses propres dires l'homme fort du
régime, a, quant à lui, torpillé nombre d'initiatives du Premier ministre.
Les
débats parlementaires de décembre 1993 sur la loi des finances pour 1994 ont
illustré cette situation.
Les députés ont imposé au gouvernement des amendements
(décentralisation budgétaire et réaménagement des salaires des fonctionnaires)
contraires au projet gouvernemental élaboré en accord avec le FMI (Fonds
monétaire international).
Cette complexité du jeu politique est apparue déroutante aux investisseurs
étrangers, lesquels ont souvent critiqué l'immobilisme, voire l'incurie, du
nouveau régime.
La confusion risquait cependant encore de s'accroître avec la
décentralisation administrative prévoyant la création d'une vingtaine de
collectivités territoriales avec moyens financiers et pouvoirs de décision.
Les
élections pour ces assemblées locales ont été fixées au second semestre 1994.
Fin mars 1994, les autorités malgaches n'avaient toujours pas obtenu d'accord
avec la Banque mondiale et le FMI sur leur programme de réformes.
Au-delà de
certaines réticences politiques (dévaluation, rythme....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓