LE SOUDAN AU XXe SIÈCLE Le xixe siècle a une influence fondamentale sur l’histoire du Soudan. Ce dernier est colonisé...
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LE SOUDAN AU XXe SIÈCLE
Le xixe siècle a une influence fondamentale sur l’histoire du Soudan.
Ce dernier
est colonisé à partir de 1821 par les Égyptiens désireux de remonter aux sources
du Nil.
Le soulèvement du Mahdi contre la domination égyptienne en 1883 et son
écrasement en 1899 vont configurer le champ politique tout au long du xxe
siècle.
À cette date, le Soudan est placé sous condominium anglo-égyptien.
L’affrontement des deux grands partis politiques au Nord-Soudan s’enracine dans
cette période.
L’un, qualifié d’unioniste, se construit autour d’une confrérie
religieuse, la Khatmiyya ou Mirghaniyya (nom de la famille qui la dirige), et
entretient des relations privilégiées avec l’Égypte.
L’autre, le parti Oumma, se
structure au milieu du xxe siècle avec le discret soutien britannique autour des
descendants du Mahdi et de ses fidèles dans l’opposition au nationalisme
égyptien et à ses partisans locaux.
Cette polarisation religieuse et politique
s’accompagne d’un versant social et économique.
Les appuis du premier parti se
trouvent pour l’essentiel dans l’Extrême-Nord, l’Est et dans les milieux urbains
et commerçants.
Le second, plus rural, possède une base économique dans les
grandes exploitations agricoles de la vallée du Nil, spécialement dans la région
du Nil Blanc.
Le Sud-Soudan, après avoir souffert du commerce des esclaves au
xixe siècle, est tenu dans une position marginale et isolé des grandes mutations
culturelles et économiques jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Affrontements entre unionistes et Oumma.
En effet, le condominium anglo-égyptien relève dès 1924 de la seule autorité
britannique inquiète de voir le nationalisme égyptien susciter des émules et des
révoltes anticoloniales.
À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, au Soudan
comme ailleurs, le débat sur l’indépendance, qui prend alors forme, se concluant
avec le départ des Britanniques le 1er janvier 1956, est un affrontement entre
unionistes, partisans d’un rattachement à l’Égypte, et parti Oumma nationaliste,
préférant les Britanniques aux Égyptiens.
Le poids des quelques cadres sudistes
- vaguement consultés en 1947 - sur la vie politique à Khartoum n’est aucunement
significatif.
La compétition de ces deux grands partis traditionnels, incapables de s’entendre
sur des politiques communes, et un contexte international marqué par le modèle
nassérien et les tensions Est/Ouest fournissent les conditions de l’intervention
dans la vie politique de l’armée sous la direction du général Aboud entre 1958
et 1964 et du général Gaafar Nimeyri (1930-) entre 1969 et 1985.
De
l’indépendance au coup d’État islamiste de juin 1989, la classe politique
nord-soudanaise doit assumer deux problèmes récurrents.
Le premier de ces problèmes porte sur la Constitution islamique au Soudan,
ostracisant ainsi plus d’un tiers de la population qui n’est pas musulmane.
La
compétition entre les deux grands partis religieux traditionnels est
aiguillonnée par le développement du Parti communiste soudanais dans les années
1960 (le plus important du monde arabe, qui sera décimé par la répression en
1971) et par l’émergence....
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