LA TCHÉCOSLOVAQUIE AU XXe SIÈCLE L'État qui, dirigé par Tomáš G. Masaryk, en 1918 est entré sous ce nom dans...
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LA TCHÉCOSLOVAQUIE AU XXe SIÈCLE
L'État qui, dirigé par Tomáš G.
Masaryk, en 1918 est entré sous ce nom dans la
communauté européenne, a disparu deux fois au cours du xxe siècle : d’abord en
1939 quand l’Allemagne nazie, après l’annexion des régions des Sudètes début
octobre 1938, a occupé le reste des pays tchèques, créant ainsi le Protectorat
de Bohême et de Moravie, et a aidé à la naissance de la République slovaque
(1939-1945) ; ensuite fin 1992, où il fut remplacé par la République tchèque et
la Slovaquie.
À sa naissance, la Tchécoslovaquie fut une république multiethnique.
Deux
peuples, le tchèque et le slovaque, formaient la majorité de sa population, mais
de fortes minorités y vivaient, en premier lieu allemande, puis hongroise en
Slovaquie et ruthène dans sa partie orientale, appelée alors Russie
subcarpatique.
L’histoire du pays a été rythmée par les contradictions entre ces
divers peuples possédant langues, cultures et mémoires différentes.
Une rare moisson d’expériences.
Le xxe siècle a offert à cette contrée une moisson d’expériences rarement vue :
Empire austro-hongrois libéral puis autoritaire lors de la Grande Guerre,
république démocratique parlementaire, occupation allemande et totalitarisme
national-socialiste, république parlementaire socialisante entre 1945 et début
1948, régime communiste totalitaire ; tentative de grande réforme du socialisme
à la soviétique, occupation soviétique, régime communiste autoritaire et, enfin,
démocratie parlementaire après 1989.
Le poids de la discontinuité et la mémoire
amputée servant à opprimer et à humilier auront représenté le lot de la
population.
Le pays, qui appartenait plutôt aux « petits » de l’Europe et du monde (un peu
plus de treize millions d’habitants en 1918, environ quinze millions et demi en
1992), s’est pourtant inscrit plusieurs fois dans la grande histoire européenne
du siècle.
D’abord comme îlot de démocratie parlementaire dans les années 1930,
sous la présidence d’Edvard Beneš à partir de 1935, offrant refuge aux
démocrates persécutés, surtout à partir de 1933 ; Prague représentait alors le
centre culturel de l’Europe centrale, son enseignement supérieur, par exemple,
était recherché par les Slaves des Balkans.
Puis comme victime des accords de
Munich, signés après la conférence des 29 et 30 septembre 1938 sous la pression
de Hitler par les dirigeants de l’Allemagne, de l’Italie, de la Grande-Bretagne
et de la France, qui ont dépecé la Tchécoslovaquie et ouvert grand la porte à
d’autres agressions et à la Seconde Guerre mondiale.
Ou encore comme élément de
déclenchement, au niveau international, de la Guerre froide, avec le « coup de
Prague » de 1948, qui installa le monopole du pouvoir du Parti communiste
tchécoslovaque (PCT) avec Klement Gottwald à la Présidence ; il permettait,
entre autres, de justifier la création de l’OTAN (Organisation du traité de
l’Atlantique nord).
Et enfin, comme étape importante dans la décomposition du
mouvement communiste international et l’autodestruction des régimes communistes
avec la révolte de 1968 (le printemps de Prague) qui voulait instaurer, sous la
direction d’Alexander Dubček, un « socialisme à visage humain », tentative
écrasée par l’empire soviétique via le pacte de Varsovie.
La Tchécoslovaquie eut la chance d’hériter d’environ 70 % du potentiel
industriel de la monarchie austro-hongroise défunte, concentré dans quelques
régions des pays tchèques, et figurait, malgré la crise très dure des années
1930, parmi les pays les plus industrialisés du monde.
Elle a vu l’émergence et
l’épanouissement de l’entreprise du Morave Tomáš Bata (1876-1932), le Henry Ford
européen, et était aux premiers rangs mondiaux des exportateurs d’armes.
Ce
potentiel n’a été, lors de la guerre, que peu touché par les bombardements ou
les combats.
Fascisme et stalinisme.
Mais l’évolution « normale » de la société, certes conflictuelle et....
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