Italie 1985-1986: Une année difficile pour Craxi Les élections locales et régionales le 12 mai, le référendum sur l'échelle mobile...
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Italie 1985-1986: Une année difficile pour Craxi
Les élections locales et régionales le 12 mai, le référendum sur l'échelle
mobile le 9 juin et l'élection du président de la République le 24 juin ont été,
en 1985, facteurs ou révélateurs de changement, dans le domaine politique mais
aussi économique et social.
Succès pour la Démocratie chrétienne et le Parti
socialiste, ces scrutins ont représenté une lourde défaite pour le Parti
communiste.
La DC, sans retrouver encore son niveau de 1980, a confirmé en effet
sa reprise après le désastre électoral de 1983, et récupéré sa place de premier
parti italien, abandonnée au Parti communiste en 1984.
Elle a repris également
la présidence de la République avec l'élection de Francesco Cossiga, dès le
premier tour de scrutin, par 752 voix sur 977 votants.
Bettino Craxi, malgré la
percée électorale modeste de son parti, a obtenu deux importants succès: son
maintien à la tête du gouvernement (ce qui lui permettra de battre le record
absolu de longévité) et la ratification par référendum de sa politique
anti-inflationniste.
Déclin du PCI
Le PCI, en revanche, a enregistré un net recul qui, effaçant la victoire de
1984, le situe sur une pente descendante depuis 1979.
Plus grave encore, sa
défaite au référendum abrogatif du décret du 14 février 1984 (concernant la
diminution de l'échelle mobile des salaires), référendum qu'il a voulu pour des
raisons essentiellement politiques: il s'agissait de montrer qu'il est
impossible de gouverner l'Italie contre les communistes.
La nette victoire des
"non" (54,4%) a, en fait, démontré l'inadaptation du PCI aux transformations de
la société italienne.
Bloqué sur la défense d'un mécanisme archaïque comme celui
de l'échelle mobile et des droits acquis d'une classe ouvrière traditionnelle en
diminution, le parti d'Alessandro Natta a perdu sa capacité d'expansion parmi
les nouvelles catégories socio-professionnelles et les jeunes générations.
La
preuve en est son déclin particulièrement sensible dans les zones économiquement
et culturellement les plus avancées (nord-ouest du pays, grandes métropoles).
La première conséquence de sa défaite électorale a été l'exclusion du PCI de
l'administration régionale piémontaise et de celle de nombreuses villes dont
Turin, Milan, Rome, Venise et Gênes où des juntes "pentapartites" ont remplacé
les juntes de gauche.
La seconde a été d'ouvrir un large débat interne,
préliminaire au congrès extraordinaire convoqué en avril 1986.
Jamais, sans
doute, la confrontation entre réformistes et traditionalistes n'a été aussi
forte sur toutes les questions essentielles et sur l'identité même du parti.
L'accord s'est fait cependant sur un point: la nécessité de sortir de
l'isolement dans lequel le PCI s'est enfermé.
L'élection présidentielle lui a
offert une première occasion de se réinsérer dans le jeu politique national.
Mais c'est surtout vers la recherche de rapports moins conflictuels avec le PSI
que se sont orientés les dirigeants communistes.
Le rapprochement des deux
partis de la gauche italienne a d'ailleurs été facilité par le souci de Bettino
Craxi de trouver un contrepoids à l'hégémonie de la Démocratie chrétienne, au
risque d'exacerber les contradictions internes de la majorité.
Celles-ci ont
éclaté en effet sur deux questions aussi primordiales que la politique étrangère
et la politique économique.
La politique méditerranéenne mise à l'épreuve
La politique méditerranéenne du gouvernement, jugée trop autonome et trop
favorable à l'OLP par une partie de la coalition, avait déjà provoqué de vives
polémiques en 1984.
En 1985, elle a été mise à l'épreuve par deux faits
dramatiques: le détournement, le 7 octobre, d'un navire de croisière italien par
quatre militants du Front de libération de la Palestine et l'attentat, contre le
guichet de la compagnie israélienne El-Al à l'aéroport de Rome, le 27 décembre.
Dans l'affaire de l'Achille Lauro, les responsables italiens ont réussi en
quarante-huit heures, grâce à l'intervention des pays arabes et de l'OLP et de
par leur propre indulgence envers les terroristes, à faire libérer les cinq
cents otages sans autres pertes en vies humaines que celle d'un malheureux
touriste américain.
Mais ils n'ont pu éviter la montée des tensions avec les
États-Unis ni une crise de la majorité.
Le détournement par l'aviation
américaine du Boeing égyptien ramenant les Palestiniens à Tunis, la désinvolture
avec laquelle elle a utilisé la base de l'OTAN de Sigonella en Sicile et
l'espace aérien italien, le refus de l'Italie d'arrêter et d'extrader le
négociateur de l'OLP, Aboul Abbas, accusé par les États-Unis d'être
l'instigateur de l'opération, tous ces faits ont constitué autant de points de
friction entre les deux pays.
Au sein même du gouvernement italien, l'action menée par le président du Conseil
et le ministre des Affaires étrangères, Giulio Andreotti, a suscité des
réactions très dures.
Le Parti républicain, en signe de désaccord total, a
retiré ses ministres du gouvernement, obligeant Bettino Craxi à démissionner le
17 octobre.
Une solution n'a été rapidement trouvée - avec le renvoi de la même
équipe ministérielle devant le Parlement pour un simple vote de confiance - que
parce que la DC l'a imposée à ses partenaires.
Le parti catholique ne voulait à
aucun prix d'une crise ouverte sur la politique extérieure, génératrice de
reclassements inopportuns comme l'a montré l'accueil réservé à la Chambre au
discours de M.
Craxi.
Suscitant l'indignation des républicains et des libéraux,
celui-ci a été chaleureusement approuvé par le PCI qui appréciait autant la
compréhension manifestée par le président du Conseil à l'égard de la lutte du
peuple palestinien que sa "défense de l'autonomie et de l'indépendance
nationale".
L'attentat palestinien à l'aéroport de Rome, venant après dix autres de même
origine commis en 1985 sur le sol italien, a relancé les polémiques à l'égard
d'une politique accusée de faire de l'Italie la....
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