HUI SHI (- 380-300) ET GONGSUN LONG (320-250) De Hui Shi on sait qu'il était originaire, comme Mozi et Zhuangzi,...
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HUI SHI
(- 380-300)
ET GONGSUN LONG
(320-250)
De Hui Shi on sait qu'il était originaire, comme
Mozi et Zhuangzi, de l'Etat de Song (Henan actuel),
qu'il devint premier ministre du roi d'une principauté
voisine et qu'il disputa souvent avec Zhuangzi pour
qui sa mort fut à la fois la perte de sa tête de Turc
favorite et celle d'un ami dont la passion d'ergoter sti
mulait sa pensée et sa verve.
Ses écrits sont perdus et nous ne connaissons ses
idées que grâce au dernier chapitre du Zhuangzi («Le
monde») où sont exposés brièvement et un peu en vrac
«tous» les courants philosophiques de l'époque.
Dans
ce chapitre, nous trouvons résumés en «dix points»,
les paradoxes de Hui Shi.
Il semble, d'après certains
commentateurs, que ces paradoxes ne sont qu'appa
rents, car au fond ils ne visent qu'à exprimer de façon
frappante la relativité de l'espace et du temps, des
mesures et des grandeurs.
Pourtant le Zhuangzi dit, à
propos de Hui Shi et de ses arguments : « ...
c'est vou
loir courir plus vite que son ombre.
Quelle tristesse !»
Peut-être Hui Shi ne tenait-il tant à montrer la rela
tivité de tout que pour mieux magnifier la grandeur
hors mesure du Dao, mais il y allait par des chemins
tellement détournés et paradoxaux qu'il désarçonnait
ceux qui ne voyaient pas son but mais s'empêtraient
dans ses «démonstrations».
Son successeur et disciple «dissident» fut Gongsur
Long, célèbre lui aussi pour ses paradoxes.
On raconté
qu'un jour où il s'apprêtait à franchir une frontière, k
gardien de la passe lui dit : «Le passage est interdit au>.
chevaux».
Gongsun lui aurait répondu : «Blanc es;
mon cheval, et un cheval blanc n'est pas un cheval.>:
Et Gongsun passa.
Cette anecdote nous introduit, par lé
biais de ce qui fut d'abord sans doute une réplique sidé
rante, à l'exemple prototypique de la juste compréhension du rapport qui unit le nom à la chose.
Avec ce paradigme : «cheval blanc n'est pas che
val», Gongsun semble dire et démontrer que les nom�
couvrent des «territoires» de réalité qui ne se recou
pent pas.
Ainsi le mot«cheval» couvre le territoire de laforme
«chevalité», l'animalité chevaline, le mot«blanc» lé
territoire de la couleur«blancheur», le blanc.
S'il est vrai que le doublet «cheval-blanc» couvn
un «territoire» réel, le cheval blanc en question, 1) i!
ajoute à une forme (cheval) une couleur (blanc), 2) il
exclut de la forme cheval to_utes les formes cheval
auxquelles manque la couleur blanc, 3) il fait d'um
espèce réduite (cheval-blanc) l'égal d'un genre sam
spécificité (en tant que chevalité, le cheval n'a pas dé
couleur définie).
Pour toutes ces «raisons», «un cheval blanc n 'esi
pas un cheval».
Nous voici en quelque sorte revenus à
la même démonstration que nous faisions pour Mozi 1
(«tuer un brigand n'est pas tuer un homme») : AB -:f.
A
quel que soit le lien qui unit A et B ou s'y «ajoute».
1.
La logique de Mozi et celle de ses disciples influença certai
nement les courants nominalistes et sophistes, comme aussi pai
leur biais le légisme, et dans une moindre mesure le taoïsme.
Une même analyse logique amènera à séparer
«dureté....
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