Hegel 1770 -1831 « Rien de grand ne s� accompli dans le monde sans passion. ,. La raison dans l'Histoire...
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«
Hegel
1770 -1831
« Rien de grand ne s� accompli dans le monde sans
passion.
,.
La raison dans l'Histoire
Éléments de biographie
t les premières années
Né à Stuttgart, Georg Wilhelm Friedrich Hegel étudie la philosophie et
la théologie au séminaire de Tübingen où il se lie d'amitié avec Schelling
et Hôlderlin.
Il lit Rousseau, Lessing, et Fichte.
Avec ses compagnons, il
s'enthousiasme pour la Révolution française et ses idées.
Faute de vocation, il renonce à une carrière de pasteur et se dirige vers
l'enseignement.
En 1807 paraît Phénoménologie de l'Esprit, œuvre qui
s'efforce de dévoiler la rationalité qui est à l'œuvre dans l'histoire.
En effet, Hegel, qui fut quelques temps rédacteur de presse, est passionné
par l'histoire, qu'il essaie de percevoir dans son unité, et l'actualité.
t Un professeur renommé
Professeur titulaire à la chaire de philosophie de l'Université de
Heidelberg, il rédige La Science de la logique (1812 - 1816) et le Précis
de l'Encyclopédie des sciences philosophiques (1817), exposé des points
fondamentaux de son système.
Appelé à la chaire de Berlin, celui que l'on surnomme le « professeur des
professeurs » jouit d'un grand prestige.
La plupart de ses cours seront
publiés à titre posthume à partir de ses manuscrits et des notes prises
par ses étudiants : Leçons sur l'histoire de la philosophie (1833 - 1836),
sur !'Esthétique (1832), Leçons sur la philosophie de la religion (1832), et
Leçons sur la philosophie de l'histoire (1837).
Durant la dernière année de sa vie, Hegel exercera les fonctions de recteur
de l'université de Berlin.
Thèses essentielles
Fondateur d'un véritable système philosophique, Hegel est l'un des
penseurs les plus influents du xœ siècle.
Insatisfait des conséquences du
système kantien, il élabore une vision nouvelle du monde et de l'histoire
dans leur rapport à l'esprit qu'il qualifiera d'idéalisme absolu.
La plupart
des grandes pensées élaborées après Hegel (celles de Marx, Sartre,
Merleau-Ponty...) l'ont été à partir et contre son système.
• l'esprit de système
Hegel est le penseur systématique et encyclopédique par excellence :
il élabore une pensée de la totalité qui vise à surmonter les dualismes
kantiens (par exemple, le noumène et le phénomène, la foi et le savoir,
l'esprit et la nature ...) et à saisir la réalité dans son unité et dans
sa rationalité immanente.
Le système qu'il élabore vise à montrer
la rationalité du réel dans son mouvement même.
Il est une pensée
totalisante de l'histoire qui en dégage le sens.
La philosophie n'est pas pour Hegel amour de la sagesse, mais sagesse
même qui doit pouvoir rendre raison de tout, penser la totalité dans son
devenir même comme rationnelle.
• Le réel est rationnel
Si la saisie de l'absolu peut être envisagée comme objet de la philosophie,
c'est que •« tout ce qui est rationnel est réel, tout ce qui est réel est
rationnel ».
La philosophie hégélienne est un idéalisme absolu : elle affirme la
réconciliation et l'unité de l'Idée et du réel.
Le réel n'est pas irrationnel, et
la saisie de la vérité ne se réduit pas, comme le voudrait Kant, à la saisie
des phénomènes.
La philosophie est saisie de la vérité dans son caractère
absolu.
Le vrai, l'absolu (ce qui est en soi et par soi) n'est pas inaccessible.
La Raison n'est pas que le mode de compréhension du monde, comme
l'affirme Kant, elle est aussi, et surtout, l'essence de la réalité même, ce
principe divin immanent aux choses.
L'Idée est ce qui se manifeste et
se réalise dans les faits, non ce qui s'y oppose ou s'y surajoute, comme
l'implique la vision dualiste du monde issue de la tradition platonicienne
qui distingue monde sensible (monde de l'apparence, des phénomènes) et
monde intelligible (monde des Idées).
• La vérité du tout : le résultat d'un déploiement
Afin de saisir l'unité de tant de faits contradictoires, il faut comprendre,
ainsi que l'écrit Hegel dans la Phénoménologie de l'Esprit, que « le
vrai est le tout.
Mais le tout n'est que l'essence qui s'accomplit par
le déploiement » : le vrai, l'absolu, n'est pas d'emblée présent, il se
déploie, se révèle dans la temporalité et ne sera qu'à la fin du processus
historique effectivement tout ce qu'il est, dans sa forme déployée.
Hegel est ainsi l'un des premiers penseurs à considérer l'absolu comme
résultat, et non comme ce qui est là de toute éternité.
L'Idée, chez
Platon, était conçue comme immuable et éternelle.
Chez Hegel, elle est
le résultat d'un long processus de déploiement, n'étant à l'origine que
virtualité non consciente d'elle-même.
• l'histoire : la marche progressive de l'Esprit
L'histoire n'est pas le lieu d'un chaos incompréhensible, mais celui
de la réalisation de l'Esprit qui s'exprime au travers du modèle
culturel dominant à une époque.
« L'histoire universelle n'est que la
manifestation de la raison ».
L'Esprit s'incarne dans les œuvres de la
civilisation : l'art, la religion, et la philosophie sont autant de lieux de
son dévoilement progressif.
Il y a donc un sens (un progrès) ainsi qu'une fin de l'histoire.
Et, si en
apparence l'histoire nous semble si chaotique, c'est que nous ne saisissons
pas le mouvement dialectique qui anime l'Idée qui s'y réalise.
t La dialectique
La marche del'Esprit s'opère par un mouvement dialectique: chaque étape
de l'histoire est à la fois la réalisation, le dépassement, et la négation de
l'étape précédente.
Pour bien comprendre le mouvement dialectique, l'on peut se représenter
l'évolution d'une plante : la fleur est à la fois la négation, le dépassement
et la réalisation du bourgeon, puisqu'elle signe sa disparition, mais le
réalise en même temps tout en le dépassant.
De même, le fruit nie et
réalise la fleur.
La contradiction, loin d'être irrationnelle et paralysante, est le moteur
de l'histoire.
C'est ainsi que Hegel conçoit que les moments de paix et de
bonheur sont des pages blanches de l'histoire, des pages sans avancée,
sans progrès : la guerre est le moyen pour les peuples de conquérir la
liberté et de dépasser l'époque et la situation présentes.
À chaque étape, l'Esprit s' incarne dans une culture, un peuple particulier
rayonnant davantage que les autres à une époque donnée.
Ainsi, Hegel
distingue trois moments décisifs de l'histoire : dans le monde oriental,
despotique, un seul homme est libre.
L'Esprit n'est ici présent qu'en soi,
la conscience de la liberté, qui est aussi conscience de soi de l'Esprit
réalisé n'est qu'en germe.
Le monde gréco-romain affirme la liberté
de quelques-uns, les citoyens.
Il symbolise le pour soi, !'Esprit prenant
conscience de lui-même.
Enfin, l'État moderne sait que tous les hommes
sont libres, que l'homme en tant qu'homme est libre : l'Esprit, en soi et
pour soi, conscience de soi en tant que substance et sujet, est parvenu à
sa pleine réalisation.
L'histoire signe le développement de la conscience
de soi et de la liberté.
Il y a donc une fin de l'histoire: l'Esprit réalisé, l'histoire s'achève.
Mais
elle n'est pas une fin des temps, ni une fin des événements.
Elle est la
fin de la marche de !'Esprit, simplement.
Le sens de !'Histoire (la liberté
universelle) étant réalisé, aucun grand principe ne saurait dépasser ce
sens et s'imposer.
t La passion, ruse de la raison
Mais dire que « la Raison gouverne le monde », comme l'écrit Hegel
lorsqu'il analyse l'histoire philosophique, c'est supposer que l'homme,
comparable à une marionnette, en est le jouet.
Or, l'histoire semble être
le lieu de faits ,contingents et particuliers, et l'homme historique paraît
agir davantage par intérêt et passion que par raison.
C'est que raison et passion ne s'opposent pas : la ruse de la raison
universelle cc«isiste à se jouer des passions humaines pour se réaliser
et aboutir à I • réalisation effective de la liberté concrète au travers de
l':État moderne.
Napoléon, par exemple, en qui Hegel voyait e< l'âme
du monde •• ne réalise pas uniquement son propre projet, il est le
particulie_r réalisant l'Universel.
L'homme n'est cependant pas qu'un
simple pantin, puisque l'histoire est une marche vers la liberté.
Hegel réhabilite la passion : face à la tradition qui considère la passion
comme maladie de l'âme, il affirme que la passion est positive, qu'elle
produit l'énergie nécessaire à l'action.
• la dialectique du maitre et de l'esclave
Individuellement, la prise de....
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