Gène La génétique est une branche récente de la biolo gie: elle date du début du xx siècle. Un gène...
Extrait du document
«
Gène
La génétique est une branche récente de la biolo
gie: elle date du début du xx siècle.
Un gène est une
« unité héréditaire» (F.
Gros).
Dans chacune de ses cellules, un organisme pos
sède les instructions nécessaires à son développe
ment: c'est l'information génétique.
Ces instructions
sont codées dans une mo/écule,l'ADN.
La génétique humaine, outre ses applications
médicales, diagnostics de maladies génétiques, met
en évidence l'immense variabilité génétique des
hommes.
Le « génie génétique» offre de nombreuses
applications industrie/les mais pose en même temps
des problèmes d'éthique.
e
L'information génétique
Nos caractéristiques, comme la couleur de nos yeux, notre
taille ou notre capacité à fabriquer telle ou telle hormone (voir
art.
25), sont logées dans les chromosomes de nos cellules.
Dès 1910, un biologiste, Morgan, a montré que le chromo
some est le support de l'hérédité en travaillant sur un matériel
vivant de choix : la drosophile.
Cette mouche du vinaigre est
très prolifique, elle ne possède dans ses cellules que quatre
paires de chromosomes (23 paires chez l'homme) ; de nom
breuses mutations existent chez cet animal, couleurs des yeux,
formes du corps.
Restait à trouver la nature chimique d'un chromosome et la
façon dont les caractères d'un individu y sont inscrits.
Les chromosomes (voir art.
25) sont constitués d'ADN ou
acide désoxyribonucléique.
En 1953, Watson et Crick ont
proposé un modèle de l' ADN (prix Nobel en 1962).
Une molé
cule d'ADN est une double hélice formée de deux chaînes (ou
brins) entrelacées.
Chaque chaîne est constituée d'une succes
sion de nucléotides reliés par des liaisons fortes.
Un nucléotide t::st l'assemblage d'un sucre, le ribose, d'un
acide phosphorique et d'une base azotée.
Il existe quatre bases,
symbolisées par les lettres A, T, G, C: ce sont l'adénine, la
thymine, la guanine, la cytosine.
L'agencement des quatre types de nucléotides sur un brin
forme une séquence, par exemple :
A-T-G-C-G-A-T-A-C-T-G-A
La seconde chaîne est reliée à la première par des liaisons
faibles, permettant ainsi aux deux brins de se séparer facilement.
La séquence du brin complémentaire est automatiquement déterminée par l'autre brin: face à la thymine ne peut se
trouver que l'adénine; face à la guanine, la cytosine; dans
l'exemple précédent, le brin complémentaire sera:
T-A-C-G-C-T-A-T-G-A-C-T
L'ADN ressemblerait à un double escalier en colimaçon dont les
marches seraient les bàses et les rampes les sucres-phosphates
(sch.
1).
La structure de l'ADN permet de comprendre pourquoi
deux cellules qui se divisent par reproduction conforme conservent toutes les deux la même information génétique.
Avant la mitose (voir art.
25), les deux brins de l'ADN
s'écartent par rupture des liaisons faibles.
Des enzymes réalisent l'addition successive de nucléotides libres pour former
deux nouveaux brins (elles s'appellent ADN-polymérases).
Les
nouveaux brins sont complémentaires de chaque brin initial
(voir sch.
l et art.
25).
Les deux molécules d'ADN ainsi formées seront identiques à la molécule de départ.
Dès 1944, Avery, Mac Leod, et MacCarthy ont prouvé que
· l' ADN contient l'information génétique.
Ils ont utilisé deux
souches de bactéries (voir art.
25): la souche S, possédant une
enveloppe (capsule), èst virulente; la souche R, dépourvue de
capsule, est non virulente.
Ils extraient l'ADN des bactéries S
et le mettent en contact avec des bactéries inoffensives R.
On
injecte ces dernières à des souris ; les souris meurent et on
retrouve dans leurs corps des bactéries R.
L' ADN provenant
des bactéries S s'est intégré à l'ADN des bactéries R; celles-ci
ont acquis le programme nécessaire à la $.ynthèse de la capsule.
Un gène détient l'information nécessaire à la fabrication d'une
protéine.
som enrWte5 en une oouoie nt:11\.t:
2nm
�
sem1-conservatwe
---1 molecule d'ADN
ancien
aooen
: delall
r--
__,
fourche
derept,caoon·
separation des
brins par rupture
desbalsonsH
p
La molécule d'ADN: s·
2 bons anbpara!leles
Q
el complementaires
4•
1
L'aderune est tou1ours
3• 2, ·
appanee a la thymme.
p
la guanine a la cytosine
1 bnn = chaine
polynucléolld1que
nouveau
anoen
1 bnn = chaine
polynucleot10Jque
Schéma 1.
(Manuel_�ATHAN, Term.
D).
Les protéines forment un ensemble de substances très
variées qui jouent un rôle essentiel dans la constitution et le
fonctionnement des cellules.
Elles sont à la base de phén�
mènes vitaux : citons les enzymes qui provoquent et contrôlent
diverses réactions chimiques, les anticorps impliqués dans la
défense de l'organisme contre les antigènes (voir art.
Vie), cer
taines hormones qui interviennent dans de nombreuses fonc
tions, croissance, reproduction etc.
Une protéine est une chaîne d'éléments appelés acides aminés.
Il n'existe que vingt acides aminés (voir schéma 2).
La formule
chimique générale d'un acide aminé est R-CHNH2-COOH: il
possède une fonction acide COOH et une fonction amine NH2.
Deux acides aminés diffèrent par leur radical R.
Pour former des
molécules plus ou moins longues, deux acides aminés peuvent
s'accrocher en créant une liaison peptidique:
H
H
H
H
1
1
1
1
R-C-COOH + R' - C - COOH -> R - C - CONH - C - COOH + H20
1
1
1
1
NH2
NH2
NH2
R'
La spécificité d'action d'une protéine est due non seulement à
la séquence précise des acides aminés le long de la chaîne, mais
aussi à sa forme.
Des liaisons secondaires se créent entre les
acides aminés, repliant ainsi la molécule linéaire et lui donnant
une configuration en trois dimensions.
Une enzyme n'agit que
sur un type de molécule car celle-ci s'emboîte parfaitement sur
l'enzyme; de même qu'une cellule réagit à un message hormonal
grâce à un site récepteur situé sur la paroi de la cellule et ayant
une forme complémentaire de l'hormone (voir art.
25).
ACIDE AMINÉ
ABRÉVIATION
ACIDE AMINÉ
ABRÉVIATION
ALANINE
Ala
LEUCINE
Leu
ARGINNE
Arg
LYSINE
Lys
ASPARAGINE
Asn
MÉTHIONINE
Met
ACIDE ASPARTIQUE
Asp
PHÉNYLALANINE
Phe
CYSTÉINE
Cys
PROLINE
Pro
ACIDE GLUTAMIQUE
Glu
SÉRINE
Ser
GLUTAMINE
Gln
THRÉONINE
Thr
GLYCINE
Gly
TRYPTOPHANE
Trp
HISTIDINE
His
TYROSINE
Tyr
ISOLEUCINE
Ile
VALINE
Val
Schéma 2.
Les acides aminés et leurs abréviations,
extrait de TAVLITZKI, J., 12 clés pour la biologie, Paris, Belin,
1990, p.
57.
Dans une cellule eucaryote (voir art.
25), le noyau contient
l'information génétique de la cellule.
Ces informations ne quit.
teront pas le noyau, mais des copies des gènes s'effectueront
sous forme d' ARN messager (ou ARNm).
Celui-ci transportera
le message génétique du noyau vers le cytoplasme.
Là, dans
des chaînes de montage, les ribosomes, le message sera
décrypté et la protéine sera synthétisée.
La formation d' ARN (voir art.
Vie) s'appelle la transcription.
Elle s'amorce grâce à une enzyme, l' ARN-polymérase, qui
reconnaît le début du message grâce à une séquence de bases de
l' ADN appelée site promoteur.
Elle ouvre la double hélice au niveau des liaisons faibles en
séparant les deux brins et en transcrit l'un des deux.
L' ARNm
se forme à partir de nucléotides présents dans le noyau.
Ceuxci ressemblent aux nucléotides de l' ADN, mais le sucre est le
ribose et l'une des bases, la thymine, est remplacée par l'uracile.
Le brin d'ARN transcrit est complémentaire de l'ADN.
Face à une guanine de l' ADN se placera une cytosine de
l'ARNm, etc.
T-A-C-G-C-T-A-T-G-A-C-T
brin d'ADN à transcrire
➔
A-U-G-C-G-A-U-A-C-U-G-A
ARNm correspondant
L'ARN-polymérase se déplace le long de !'ADN jusqu'à ce
qu'elle arrive au signal de terminaison de la transcription.
L'enzyme libère la chaîne d' ARN et l' ADN qui reprend sa
structure en double hélice.
Un même gène peut être transcrit
plusieurs fois à la suite.
La transcription est rapide, plus de
cinquante nucléotides à la seconde.
L' ARNm migre dans le
cytoplasme de la cellule.
Le décodage du message s'appelle la ·traduction.
La séquence
de nucléotides de l' ARNm va être transposée en une séquence
d'acides aminés.
La correspondance ribonucléotides-acide
aminé s'appelle le code génétique (voir schéma 3).
·
Le code génétique a été élucidé en 1963 par Niremberg et
Ochoa.
Un gro.upe de trois bases adjacentes détermine un acide
aminé.
Ce triplet 'de trois bases s'appelle un codon.
Certains
codons codent pour le même acide aminé; par exemple, l'alanine correspond aux codons suivants: GCU, GCC, CGA,
GCG.
Cette particularité aura pour conséquence de limiter
l'impact des mutations qui affectent le changement d'une base
par une autre sur r ADN, voire même de le faire passer
inaperçu.
D'autres codons servent à la ponctuation: «codonstop » par exemple.
DEUXIÈME LETTRE
u
u
uuu}
uuc
Phe
UUA} Leu
UUG
-
C
eue
arul
CUA
AUC
A
AUA
GUC
GW
GUA
GUG
UCA
UCG
Leu
}~
Met
l
UAU
Ser
l
CCA
GCU
GCC
Val
Pro
l
GCA
GCG
CAC
l
j~
u
C
UGA OMBRE A
Trp G
u
CGC
C
Arg
CAA
CAG
Thr
Cys
CGU
} His
}Gin
AAU
ACC
ACG
UAA OCRE
UGC
}
UAG AMBRE UGG
ACU
ACA
UAC
G
UGU
} TY:
CAU
CCC
CCG
AUG
G
ucu
ucc
ccu
CUG
AUU
A
C
AAC
AGG
A
l
}
}
G
Ser
GGG
C
A
G
u
GGC
GGA
}Glu
u
Arg
GGU
} Asp
GAA
GAG
AGC
AGA
} Lys
GAU
GAC
CGG
AGU
} Asn
AAA
AAG
CGA
Gly
l
C
A
G
Schéma 3.
Dictionnaire des groupes de trois bases, les
codons, qui déterminent la place de chaque acide aminé dans
une protéine, extrait de TAVLITZKI, J., 12 clés pour la biologie,
Paris, Belin, 1990, p.
61.
Le code génétique est universel, identique pour tous les êtres
vivants, d'une bactérie, d'un virus, à l'homme.
Les acides aminés à assembler sont fixés à dc:;s ARN de
transfert.
Il existe vingt types d' ARN de transfert, autant que
d'acides aminés différents.
Une extrémité de l' ARN de transfert possède un anti-codon complémentaire des codons portés
parl'ARNm.
Les ribosomes sont «la tête de lecture» (F.
Crick).
Ils se
déplacent le long de l 'ARNm de codons en codons.
Au niveau
du ribosome, grâce aux anticodons des ARN de transfert qui
reconnaissent le codon, le bon acide aminé sera placé à la suite
de, la chaîne protéique fixée sur I' ARN de transfert précédent.
L'accrochage des deux acides aminés se fait grâce à une liaison
peptidique i plusieurs ribosomes peuvent lire le même message
les uns à la suite des autres.
La lecture s'arrête sur un codonstop.
Reprenons notre exemple d' ARNm:
A-U-G-C-G-A-U-A-C-U-G-A
codon
Arg.
initiateur
Tyr.
codon
-stop
La séquence d'acides aminés sera:
Arginine-Tyrosine
La taille d'une protéine est variable; l'insuline, par exemple,
est formée de 51 acides aminés.
Un gène peut être transcrit en plusieurs ARNm, chacun pouvant être traduit par plusieurs ribosomes.
Le nombre de protéines identiques qui seront synthétisées peut être très grand : le
message initial (ADN) est amplifié.
• Chez une bactérie, organisme procaryote (voir art.
25), il n'y
a pas de noyau individualisé.
La transcription et la traduction
ont lieu simultanément.
Le matériel génétique est contenu dans
üri chromosome unique circulaire et dans de plus petites molécules d'ADN circulaires, indépendantes du chromosome : les
plasmides.
L'information génétique d'une bactérie est constituée de gènes uniques et alignés.
La cartographie du génome
bactérien et l'étude des mécanismes liés à l'expression des
gènes sont relativement simplifiés.
• Dans une cellule eucaryote, humaine par exemple, la quantité
d'ADN est I 000 fois plus élevée que chez une bactérie, soit
environ 50 000 gènes.
Une petite partie seulement de ce matériel génétique peut être transcrite (10 %).
On ignore encore la
fonction des séquences non transcrites (90 % de l'ADN !).
Les
gènes peuvent être répétés ou uniques.
Un gène qui gouverne la synthèse d'une protéine est constitué de séquences sans correspondance avec des codons, non
codants (les introns) et de séquences codantes (les exons).
Les
gènes sont morcelés.
La transcription d'un gène formera d'abord un ARN prémessager.
Puis l' ARN prémessager subira une phase de maturation
par excision d'un ou plusieurs introns et soudure des exons formant ainsi un ARNm fonctionnel.
Selon ce réarrangement, un
même ARN prémessager peut donner plusieurs types d' ARNm.
Chez un eucaryote, un même gène peut correspondre à plusieurs protéines différentes.
Il existe dans la cellule des mécanismes régulateurs lui permettant de produire des protéines en quantité suffisante, à un
moment précis, en fonction des conditions du milieu environnant.
Toutes les cellules d'un organisme contiennent la même
information génétique; or, chaque cellule spécialisée ne va en
utiliser qu'une partie.
Par exemple, une cellule du pancréas
fabriquera de l'insuline, mais pas une cellule musculaire.
Génétique humaine
L'ensemble des gènes portés par les chromosomes d'un individu s'appelle le génotype.
L'homme possède 23 paires de chromosomes homologues.
Deux chromosomes homologues sont identiques par la taille et
la forme, ils portent les mêmes gènes.
Mais il peut y avoir plusie11rs variantes pour un même gène:_ ce sont les allèles.
Prenons le cas des groupes sanguins.
Il existe quatre groupes
sanguins, [A],....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓