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États-Unis 1987-1988 Bilan négatif pour Reagan Plus Ronald Reagan se rapproche de la fin de son mandat présidentiel, plus les...

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« États-Unis 1987-1988 Bilan négatif pour Reagan Plus Ronald Reagan se rapproche de la fin de son mandat présidentiel, plus les difficultés semblent s'accumuler.

Alors qu'en 1985 et 1986, sa cote de popularité atteignait des niveaux étonnants (60% selon les sondages Gallup), elle est retombée à une moyenne de 48% en 1987.

Surtout, le pourcentage de ceux qui le désapprouvent est monté à 43% - toujours sur l'ensemble de l'année 1987 - alors qu'il n'avait jamais dépassé la moyenne annuelle de 20%.

Le sourire présidentiel ne suffit plus à faire passer, aux yeux de ses compatriotes, des politiques qui les inquiètent ou les choquent. C'est l'"Irangate" qui a marqué le nadir de sa présidence.

Le scandale l'a affaibli globalement, l'empêchant d'ancrer la révolution qu'il avait cru ébaucher: les nominations de juges conservateurs qu'il souhaitait obtenir à la Cour suprême ont été mises en échec à l'automne 1987, la première par une majorité du Sénat (Robert Bork), la seconde par le scandale (Douglas Ginsburg) ; le Congrès a aisément renversé ses vetos, diminué les fonds pour la "guerre des étoiles" et refusé de voter (février 1988) les crédits militaires en faveur de la Contra nicaraguayenne, laquelle a signé le 24 mars 1988 à Sapoa un accord de cessez-lefeu avec le gouvernement de Managua, sans même prévenir ses protecteurs américains.

Le chef du gouvernement israélien, Itzhak Shamir, a ignoré purement et simplement les pressions américaines, et les alliés européens ont manifesté leur grogne (sans toutefois protester publiquement) parce qu'ils n'avaient pas été consultés sur l'accord de limitation des missiles intermédiaires qui, il est vrai, les concerne au premier chef.

Seul Mikhaïl Gorbatchev, pourtant représentant de "l'empire du mal" autrefois dénoncé par Ronald Reagan est resté, semble-t-il, un interlocuteur avec lequel il était possible de négocier productivement. Le scandale de l'"Irangate" L'affaire de l'"Irangate" a deux volets, l'un iranien et l'autre nicaraguayen.

A partir du printemps 1985, et avec l'accord exprès du président, des armes ont été vendues au régime khomeyniste pour tenter, selon la version officielle, de renforcer les "modérés" iraniens, mais en fait pour essayer d'obtenir la libération des otages américains enlevés au Liban par des amis de l'Iran.

A partir de février 1986, une partie des fonds obtenus par ces ventes d'armes a été détournée au bénéfice de la Contra nicaraguayenne, contre la volonté nettement exprimée (amendements Boland) du Congrès.

Sur ce dernier point, aucune preuve indubitable n'a (encore) été apportée sur les responsabilités exactes de R.

Reagan, qui a nié toute connaissance de l'affaire ; mais chacun s'est fait son opinion intime: plus de la moitié des Américains sont convaincus que le président a menti.

Ce qui est certain, c'est que ses plus proches collaborateurs ont pris cette initiative et ont déclaré s'y être crus autorisés par R.

Reagan. Tout au long de l'année 1987, différentes enquêtes (commission Tower nommée par l'exécutif, commission spéciale du Congrès) ont distillé les révélations sur le scandale, puis mis en cause les méthodes présidentielles du gouvernement.

Le 16 mars 1988, enfin, le procureur spécial Lawrence Walsh (nommé par le département de la Justice) a obtenu l'inculpation des principaux protagonistes, en particulier l'amiral John Poindexter et le lieutenant-colonel Olivier North, anciens responsables du Conseil national de sécurité.

En tout état de cause le président, déjà affaibli par la perspective de sa fin de mandat, a été nettement déstabilisé par le scandale.

Comme le notait le rapport de la commission du Congrès (novembre 1987), même s'il n'a rien su, il "aurait dû savoir". Plus grave encore, l'"Irangate" a confirmé que, quel que soit le président, l'exécutif souhaite toujours contrôler seul la politique étrangère: investi d'un mandat national, le président s'estime au-dessus des lois et se croit dispensé de respecter les prérogatives constitutionnelles du Congrès, pourtant réaffirmées après la guerre du Vietnam ; la politique étrangère des États-Unis, accaparée par l'exécutif, est incontrôlable parce qu'elle peut être secrète. L'"Irangate" est aussi symbolique du manque de principes de la politique étrangère reaganienne.

La politique d'apaisement à l'égard d'une nation publiquement accusée d'être le chef d'orchestre du terrorisme international, mais subrepticement courtisée par des ventes d'armes est caractéristique d'un file:///F/dissertations_pdf/0/451038.txt[15/09/2020 14:08:41] double discours qui serait évidemment moins critiqué s'il aboutissait à des résultats positifs.

Mais aucune des zones troublées du globe où les États-Unis ont des intérêts vitaux n'a vu sa situation s'améliorer: l'Afrique du Sud ne contrôle sa majorité noire que par la terreur ; Israël est en état de guerre larvée contre sa population palestinienne et la guerre Iran-Irak se prolonge dans une horreur chaque jour plus atroce.

Si les choses ont semblé s'améliorer en Amérique centrale, (bien qu'au Panama Washington n'ait pas pu obtenir le départ de son ancien protégé, le général Noriega), il apparaît que cela s'est fait contre le gré des responsables américains.

Même la réussite qu'a représentée la conclusion du traité de limitation des armes de portée intermédiaire (8 décembre 1987), et sa ratification par le Sénat (27 mai 1988, 93 voix contre 5), a été entachée de soupçon: certains conservateurs ont accusé R.

Reagan d'avoir voulu améliorer sa cote de popularité et sa place dans l'histoire, au mépris de la sécurité des États-Unis et de celle de leurs alliés européens. Enfin, l'"Irangate" a été le révélateur d'un pourrissement de la morale publique qui s'est accentué sous la présidence Reagan: tout est permis pour parvenir à ses fins.

Même au temps du "Watergate" nixonien, jamais les hommes du président n'ont été aussi nombreux à être soupçonnés, accusés, inculpés voire condamnés: selon le New York Times du 22 janvier 1988, au moins cent dix hauts responsables du gouvernement Reagan ont été mis en cause.

Le garde des Sceaux lui-même, Edwin Meese, ami et collaborateur depuis vingt ans du président, n'a pas échappé aux enquêtes successives. Ce mépris de tout critère éthique dans la gestion des affaires semble avoir contaminé l'ensemble de la société.

Depuis 1986, des dizaines d'accusations (et pour certains de condamnations) ont été formulées contre des agents de change et des banquiers pour manipulations financières illégales.

Le clergé luimême n'a pas été épargné par la tentation, comme en témoignent les malheurs de l'"église électronique" (incartades sexuelles des prédicateurs Jim Bakker et Jimmy Swaggart et révélations sur le mode de vie luxueux de trop de pasteurs charismatiques). L'économie de l'illusion Il est un domaine où le laisser-faire a porté ses fruits, du moins en apparence: c'est celui de l'économie. En mars 1988, le chômage était à son point le plus bas depuis 1979 (5,6%) ; la progression du PNB (+2,3% en 1987) a été fort honorable alors que les États-Unis ont connu depuis décembre 1982 une période d'expansion particulièrement longue.

L'équilibre de la balance commerciale a paru se rétablir lentement.

Les consommateurs ont continué à consommer.

Même le krach boursier d'octobre 1987 (baisse de 22,6% le 19 octobre) a semblé n'entamer en rien la bonne santé de l'économie américaine.

La récession annoncée depuis des mois n'était toujours pas au rendez-vous au printemps 1988.

De quoi s'inquiètent donc les mauvais augures? Ils s'inquiètent de l'essentiel: l'économie américaine n'a cessé de se dégrader sous la présidence de R. Reagan.

La progression du PNB a été acquise à crédit, par le déficit public, l'endettement de tous et la détérioration des grands équilibres.

Lorsque arrivera la récession (et nul ne doute qu'elle ne survienne), l'État sera d'autant plus dépourvu pour réagir qu'avec la reprise il a continué à utiliser l'arme du déficit budgétaire.

Si l'expansion s'est poursuivie - même au ralenti -, c'est parce que l'État fédéral a injecté du crédit sans retenue: les responsables savent que les États-Unis ne peuvent littéralement pas se permettre une récession - qui ferait nécessairement grimper le déficit budgétaire à 4 ou 500 milliards de dollars par an.

Mais n'est-ce pas reculer pour mieux sauter dans le gouffre? Les contraintes électorales de novembre 1988 ne prennent-elles pas le pas, imprudemment, sur les nécessités économiques? Il est indéniable que sous la présidence Reagan, les États-Unis ont trop consommé et se sont beaucoup endettés - aux dépens des générations à venir et de l'étranger.

La consommation individuelle a largement nourri l'expansion des dernières années.

Mais les consommateurs s'y sont beaucoup endettés: 612.... »

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