Discussion : La liberté d'expression semble être un des fondements de notre monde moderne. Dans l'Ancien Régime, la censure au...
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Discussion :
La liberté d'expression semble être un des fondements de notre monde moderne.
Dans
l'Ancien Régime, la censure au sens strict était de principe : étaient expurgés ainsi, non
seulement les propos considérés comme injurieux ou diffamatoires, mais mêmes les
plaisanteries contenues dans des pamphlets ou satires.
Désormais comme le rire semble bien l'expression la plus heureuse de la liberté
d'expression, n'est-on pas à une époque où l'on pourrait précisément rire de tout ?
Toutefois un autre fondement de la modernité vient mettre en doute cette conjecture : la
raison.
En effet, la raison fonde un monde sérieux dont il ne semble pas raisonnable de
rire.
Ainsi "peut-on rire de tout" peut s'entendre en termes de permission et de capacité :
soit, il ne serait pas permis de rire de tout, parce que l'homme n'est pas capable de rire
raisonnablement de tout ; soit il serait permis de rire de tout, parce que l'homme serait
capable de rire proprement de tout.
Suggestion de plan :
I.
Première partie : le point de vue de la raison.
On peut différencier deux types de comique.
Tout d'abord l'ironie, la satire.
Son sens
originel vient de l'ironie socratique, feindre l'ignorance pour faire "accoucher la vérité" par
l'aide d'un interlocuteur.
Ensuite, il y a le sens savant ; l'ironie comme antiphrase dira le
contraire de ce que l'on pense pour mieux l'affirmer.
Et enfin, le sens courant qui désigne
une moquerie, une raillerie, qui déclenche un rire se caractérisant par une certaine
agressivité qui peut tourner à la cruauté.
Le second type de comique est plus simplement l'humour.
On rencontre dès l'Antiquité des
formes du comique qui ne sont ni moqueuses, ni cruelles, ni agressives.
Par exemple chez
Aristophane, il s'agirait presque d'un comique de l'absurde : "Comment, depuis le temps
que les crabes sont dans l'eau, ne savent-ils pas encore nager?" Et également chez les
philosophes cyniques, comme Diogène ou encore Menippe.
Dans la modernité, ce type de
rire a été développé par l'esprit anglais sous le nom "d'humour" (provenance anglaise).
A
l'époque contemporaine, cet humour s'est développé dans le monde occidentalisé, souvent
dans le but de dédramatisation.
Il consiste essentiellement à déceler des incompatibilités
(non-sens, absurdités) dans ce qui paraît normal (sérieux, raisonnable) en vertu de
l'habitude.
Ainsi l'ironie prend au sérieux le ridicule, il y a raisonnablement des choses
ridicules ; alors que l'humour rend ridicule le sérieux, et donc la raison elle-même (cause
de l'absurdité).
Si l'on prend l'exemple de l'ironie, on s'aperçoit très clairement de sa grandeur mais aussi
très vite de ses limites.
L'ironie socratique a un intérêt pédagogique, l'ironie de Molière
inaugure la critique des moeurs et du Pouvoir, et enfin celle de Voltaire est l'esprit critique
par excellence.
Cependant son caractère agressif (voire cruel) peut tourner à l'injure.
Ce
sont là les limites raisonnables du rire.
C'est dans ce sens que notre législateur "encadre"
le rire, non seulement pour les atteintes à la dignité humaine, mais surtout pour l'injure
publique proférée à l'encontre de particuliers ou de groupes, et concernant leur ethnie,
race, nation, ou religion.
Cela soulève un autre problème : le respect des religions.
Il
convient de distinguer le respect traditionnel ou religieux des religions et le respect
moderne et humaniste des religions.
Dans cet esprit, on peut comprendre que certains
comiques invoquent la liberté d'expression pour caricaturer l'intégrisme religieux.
Interdire
toute caricature du Prophète de l'Islam serait respecter de façon religieuse ou musulmane
l'Islam.
Or, le respect moderne ou humaniste exigerait encore que ces caricatures soient
injurieuses.
Toutefois, l'on peut se demander si ces....
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