► Développement et réformes agraires en Amerique latine. Introduction Historiquement, c'est en tant que fournisseur de produits agricoles que l'Amérique...
Extrait du document
«
► Développement et réformes agraires
en Amerique latine.
Introduction Historiquement, c'est en tant que fournisseur de produits agricoles que
l'Amérique latine s'est intégrée au commerce mondial.
Dans le cadre de structures agraires pro
fondément inégalitaires s'est développée une agriculture spéculative destinée à faire rentrer des
devises.
Des millions de paysans sont ainsi restés sur le bord de la route du développement.
Des
tentatives de redistribution des terres ont eu lieu.
Pourtant la question agraire demeure.
Pourquoi ? Peut-il y avoir un véritable développement sans régler véritablement cette question ?
I La dualité des agricultures sud-américaines.
A/ L'agriculture spéculative.
1/ Un secteur moderne et privilégié
a/ Le latifundio ou grand domaine (hacienda ou fazenda).
Issues de la période coloniale, les grandes propriétés
occupent des milliers d'hectares dont beaucoup (notamment au Brésil) sont non pas exploités mais conservés
dans un but spéculatif.
Ces grands domaines appartiennent à des propriétaires privés ou à des
multinationales.
b/ La main-d'œuvre est composée d'ouvriers agricoles, petits paysans sans terre ou microfundistes (peones ou
caboc/os) autorisés parfois à cultiver pour leur propre compte une parcelle du domaine (cultures vivrières).
2/ Une production destinée à l'exportation faite de monocultures spéculatives.
Dépendance vis-à-vis
des cours et des acheteurs internationaux.
B/ Une agriculture traditionnelle sans lien avec l'agriculture spéculative.
1/ Des exploitations trop petites: le règne du minifundio et du microfundio.
2/ Une faible diffusion des techniques modernes: engrais industriels, semences sélectionnées, absence
d'élevage par manque de terre, jachère; inexistence ou insuffisance des moyens de transport, de
stockage et de commercialisation.
Faible niveau d'instruction, qui limite la vulgarisation des techniques.
C/ Une agriculture menacée.
1/ L'insuffisance des cultures vivrières qui sont partout en recul.
2/ L'exode rural: le manque de terre et l'impossibilité financière de se moderniser poussent les paysans
à l'exode, première étape de l'immigration vers l'Amérique du Nord.
Transition L'existence de millions de petits paysans trop pauvres pour avoir accès à la consommation
pose depuis toujours un immense problème à des économies qui cherchent à se développer.
Conscients
que l'agriculture traditionnelle était un frein au développement, les dirigeants sud-américains ont tenté
de trouver des solutions pour sortir de l'impasse.
II L'impossible réforme agraire ?
A/ Les tentatives.
1/ Le cas de Cuba: seul pays à avoir pratiqué une réforme agraire radicale dans le cadre d'une véritable
révolution sociale ayant eu lieu dans un contexte particulier (guerre froide, aide de l'URSS).
Mais la
révolution cubaine n'a pas remis en cause la monoculture de la canne à sucre.
2/ Les exemples de réforme agraire sans remise en cause de l'ensemble des structures sociales : le
Mexique (dès 1915), la Bolivie (en 1952), le Pérou (en 1963) , le Chili (à partir de 1967) et le Nicaragua
(en1979) ont tenté une réforme avec une véritable distribution des terres.
Le bilan global est mitigé.
B/ Les résultats.
1/ Les réformes ont pour conséquence l'obligation pour les grands domaines de se moderniser et de se
concentrer sur les terres réellement exploitées, et l'incitation à investir une partie de leur richesse dans
l'industrie.
21 Les réformes n'ont pas fait disparaître le miaofundio mais elles ont permis l'émergence timide d'une
classe moyenne agricole.
Elles ont au plus retardé l'exode rural sans pouvoir l'empêcher.
3/ Avec des variantes suivant les pays, 1·rtat n'a pas assuré le suivi technique et financier de la réforme.
Très souvent les grands propriétaires terriens ont su limiter les conséquences de la réforme ou la
détourner à leur avantage.
Transition Soit parce que leurs initiateurs n'en avaient pas la volonté politique, soit parce qu'elles furent
interrompues, les réformes agraires n'ont pas permis de régler la question sociale que pose l'existence
de millions de paysans microfundistes ou sans terre.
Certains pays possédant encore des terres vierges
ont initié des programmes de colonisation agraire.
III La colonisation agraire, substitut à la réforme agraire ?
A/ Qu'est-ce qu'on entend par colonisation agraire?
1/ Mise en valeur de nouvelles terres : certains pays ont choisi plutôt que de redistribuer les terres et
donc de toucher à l'organisation sociale de coloniser les terres vierges (Colombie, Vénézuéla et Brésil).
21 Les résultats : faute de soutien suffisant de la part de 1•rtat, cette politique n'a pas réglé la question
agraire ni entravé l'exode rural.
B/ Persistance du malaise agricole.
1/ L'absence de véritable solution a encouragé les paysans de certains pays à entreprendre de
nouvelles cultures liées au trafic international de la drogue.
Ces cultures sont plus rentables que les
cultures spéculatives, ordinaires ce qui pousse les paysans à mettre en culture de plus en plus de
parcelles au détriment des cultures vivrières déjà insuffisantes.
21 La question de la terre est une question non résolue pour la quasi-totalité de l'Amérique latine, ainsi :
al Au Chiapas, depuis 1994, révolte des communautés indiennes à propos des terres.
b/ Au Brésil : la lutte des paysans sans terre contre les grands propriétaires terriens est chronique.
�chec de la
colonisation amazonienne· et tensions sociales (assassinat de leaders syndicaux).
cl Partout ailleurs, en Amérique latine, les troubles agraires, les guérillas plus ou moins larvées attestent là
encore de l'actualité du problème agraire.
En conclusion La plupart des pays sud-américains ont choisi un mode de développe
ment extraverti dans lequel l'agriculture spéculative doit avant tout procurer des devises.
Quelques pays ont connu une certaine industrialisation.
Ainsi le Brésil est devenu un nouveau
pays industriel (NPI), cependant s'il y a eu développement économique, il n'y a pas eu dévelop
pement social.
Seule l'intégration de millions de paysans dans un marché national réglera à la
fois la question du développement économique et du développement social.
■
Les réutilisables
Au Brésil,....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓