Dégagé� l'intérêt philosophique dù texte suivant à partir de son étude ordo.nnée.: _' ' .. ·., « On distingue souvent...
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«
Dégagé� l'intérêt philosophique dù texte suivant à partir de son
étude ordo.nnée.: _' '
..
·., « On distingue souvent entre lès action·s d'un tiômme et ce
qu'il est intérieurement.
Dans l'histoire cette distinction n'a
aucune vérité: l'homme n'est que la série de ses actes.
On
imagine que l'intention peut être quelque chose 'd'excellent,
même si.
,l,es, a�s ne valen�.
rien.
Certes, il �iste des cas
Rarticuliers où l'homme peut ·se déguiser, mais c·es(là quelque
chose de· partl�I.
La· vdrité, c'est que l'extérieur ne diffi!re en rien
de l'intérieur.
· Dans l'histoire e·n particulier ces distinctions
subtiles, ; qui pe�nt appar"itre par moment, n� _' conservent
aucune validité :' les peuples sont ce que sont leurs àctes.
Les
actes soryt leur.b,ut.
L'Esprit est.essentiellement actif.
il.se fait ce
qu'il est'en soi, son.acte, son œuvte; il devient ainsi son objet et
se place devant soi comme une réalité existànte.
Il en est ainsi de
l'Esprlt d;ün' pèiiple : son actio�' co'nsiste à faire en sc>i'üri monde
objectif, déployé dans l'espace.
Sa religion, son culte, ses
mœurs, sa constitution.
et ses lois politiques, l'ensemble des
institutions, des événements et des actes: toùt cela, c'est son
œuvre, et c'est bien cela qu'est ce peuple.»
HEGEL,
texte extrait de La raison dans l'histoire.
L ANALYSE DU SUJET.
CONSEILS.
REMARQUES DE MÉTHODE
• A la lecture première de ce texte, vous ideniifïez et
notez, assez rapidement, le thème fondamental _qui s'en
dégage: l'intérieur et l'extérieur ne diffèrent en rien, tout
particulièrement dans le domaine historique.
Le problème
est d'aller ici, du sens global du texte, assez évident et
s'imposant assez fortement au lecteur, vers son architecture
interne, beaucoup moins transparente.
• Soulignez bien les mots essentiels, pour.
en dégager le
sens ou les sens: action, histoire, acte, ex.térieur, peuple,
Esprit, esprit d'un peuple.
Action: ce que fait quelqu'un,
exercice de la faculté d'agir, fait de produire Ün effet.
Histoire : · succession d'événements où bien science glo!>ale
du devenir des peuples, évolution totale de l'humanité.Aèfe
étymologiquement, ce qui est fait.
Extérieur-:.ce qui existe
en dehors d'un individu, objectivement, de mani�re appa:7
rente, visible, manifeste.
Peuple : ensemble d'hommes
vivant en ·société, habitant un territoire défini et q,yant en
commun un certain nombre d'institutions ..
Esprit : activité
pensante· en général, opposé, à la matière.
Esp,:it d'un
peuple:.· développement d'un princi� spiritu�l,: d'abord
obscur, qui s'épanouit dans les actions et les.
aspirat_ions d'un
peuple, lequel � saisit ainsi lui-même.
.
· .
· .
Devant ces différentes significations, une cert�in�-équivo
que se· présente à vous, en ce qui conce_rne.,le terme
d'hi#oire: Ce dernier terme n'a manifestement pas le même
sens dans la seconde phrase (" Dans l'histoire cet�e.
distinction....») :èt dans la sixième ( « Dans l'histoire..
en _particulier...
») : ici, c'est le sens global et unitaire qui -prévaut.
• Dès lors, la division du texte en quatre parti� ( I.
,in
tention et action chez l'homme en général; 2.
L'ii,térieur et
l'extérieur- chez les peuples; 3.
Le concept_ d'Esprit;
_4.
L'esprit.
d'un peuple) s'offre clairement à vous et vous
pourrez faire ,l'étude ordonnée du texte, puis en.
dégager
l'intérêt,, philosophique.
II.
BIBLI05,RAPHIE
HEGEL
La raison dans /'histoire (10/18).
Morceaux choisis.
Tome 2 (Idées-N.R.F.).
Encyclopédie, § 140 et additions.
III.
COMMENTAIRE DE TEXTE
l• Introduction
Quelle est l'idée générale du texte? Hegel _nous signale içi
qu'il est impossible de distinguer abstraitement l'intérieur
et /'extérieur, de les maintenir séparés comme deux formes
vides et qu'il convient, au contraire, de ·les considérer
comme un couple et comme une totalité concrète, tant en ce
qui concerne l'homme en g�néral, dans sa vérité et dans-sa
réalité, qu'en ce qui concerne l'histoire des peuples.
L'unité
de l'intérieur et de l'extérieur est un principe fondamental
dans l'étude de l'homme et dans la méthodologie historique.
Le texte proposé à notre étude se divise nettement en
quatre parties.
Dans la première (On distingue...
en rien de
l'intérieur), Hegel s'oppose fortement au point de vue
commun et souligne que tel est l'homme extérieurement, tel
il est intérieurement.
Dans la seconde (Dans l'histoire en
particulier...
but), He�el applique à l'histoire son principe
global concernant intérieur-et extérieur.
Dans la troisième
(L'Esprit...
existante), il dégage pleinement la réalité du
concept d'Esprit.
Dans la quatrième partie (Il en est ...
ce
peuple), la notion d'Esprit d'un peuple permet de saisir ce
peuple en acte et d'unifier l'intérieur et l'extérieur.
2° Étude ordonnée
Dans le premier paragraphe, Hegel s'oppose'à un inter
locuteur, armé du bon sens courant et habituel, interlocu-
Corrigés de philosophifJ
~ur s'exprimant à trav:ers :I.e .«.on».
Ici le pronom signifie
vraiseml;>lablement : lys gens;.
l'opinion, un plus ou moins
grand nombre de personnes...
.
,'
..
Qµel est Je point de vue des« gens», de l'opinion, point devue.
opposé, en tous points à celui de Hegel? L'opinion des
geni, isole, sépare, différencie, en ne permettant point de les
çonfondre, d'une part ce qui est du domaine de l'action,
c~est-à-dire du faire, ce qui se situe du côté de la pro:duction
objective d'.effets, et, d'autre .part, ce qui, chez un homme,
chez un e~istant singulier, est donné intérieurement, ce qui
coriceme sa v:ie psychologique, ce qui se passe :dans son •
esprit.
L'int,ériorité d'un homme représente ce qui est du
domai.ne de.la visée, de l'intention, du psychologique pur.
L'extériorité., au contraire, s'offre comme actè' ou de préférnnce com~e série d'actes, .
c'est-à-dire comme ensemble
objectif u11{fié.
A son interlocutéur imaginaire, aù, point de
vµe du :bon sens courant et èQinmun, Hegel ré!orque que
dans la sq.~ssion des évéf!em.ents (premier sens dit terme
histoire), fexistant se révèle, pr~isément comrri~ totalité et
$UCcessio11 d'.actes.
Ce n'est.
pas _un acte qui· p~ut le .définir;
mais bie11 tout un ensemble: .La série objective .d'.une vie
apporte ain,si la véri~é sur un ~o,mme.
· L'unité ·de l'intérieur
et,de rextérieur, c'est celle du subjectif et celle de l'objectif ·
conçu comme série des actes.
C~ n'est jamais'ùn act~ qui est
significa~if .car l'homme peut :masquer ou dissimuler un
d~tail de;:sa vie, mais b~l e_t..
b.ien un ensëm,ble, la forme
globale d'une existence.
Jetez un regard sur 11ne v(e et vous
pourrez juger l'homme...
.
.
.· , · .
, .
Si le sens commun sépare l'intérieur dè /'exMrieur, èette
distinctioÎI:~ retrouve.évidemment sous la forme de;l'oppo..~ition int~n,ion/action.
D.'un côté, le projet, le dessê~µ, le fait
de.se proposer .un certain but et, d'un autre côté, c~.qui est
effectivement réalisé.
Devant cette dichotomie:absfraite du
sens commun, Hegel signale que le seul critère, c'~t celui
,de la_, totaljt~ : il est possible de dissimuler un détail, non
_point- ·Je J9ut.
Par conséquènt, l'intérieur et l,.extérieU:r
,coïncideptet ont le même contenu, quand il s'agitd'étudier
_un homme, un existant singulier.
Il faut noter, dans ce
_premier.
:,Mragraphe, la vision .
synthétique et globale de
.)Hegej.,_:l,,oiµ d';iffirmer..
qu~ f,h9mrrie' n'est" q11e !'.extérieur
0
,;
120
1
.,
-
'
~
, ;
(ce qui serait creux), il affirme que l'iritérieur et l'extérieur
rejoignent et coïncident.
Cette vue est synthétique et
satisfaisante pour l'esprit.
.
Dans le deuxième paragraphe, Hegel applique son prin
cipe général · d'analyse (intérieur
extérieur, intention
action) au domaine de l'histoire, entendue au sens où il la
conçoit, c'est-à-dire comme devenir global des peuples et
mouvement spirituel.
Si nous examinons maintenant, non
plus seulement la sphère de la vie humaine; mais le
développement global de l'histoire, alors le principe « Îl)té
rieur
extérieur » trouve également toute sa vérité.
Evi
demment, il faut comprendre ici l'histoire au sens hégélien
d1.1 terme : l'histoire est conçue par .Hegel comme un tout,
ùn dévèloppement de l'Idée qui, d'abord abstraite; devient
de plus en plus précise et claire.
Or précisément, Hegel va
montrer que, dans la succession historique, l'intériorité d'un
peuplè ·n'est rien d'autre que la série de ses projections, et
réciproquement.
La séparatîon intérieur/extérieur est vala
ble momentanément, mais non point de façon durable, et ne
possède pas de valeur objective.
Elle ne présente pas les
conditions requises pour constituer un principe scientifique.
Les pe�ples, ensemble d'hommes vivant en société, sur un
tcrritoifc défini, se comprennent par rapport à cc qu'ils font
èxtérieun:ment, par rapport à ce qu'ils extériorisent.
Mais comment saisir historiquement cette unité'? C'est ce
qùe le ·troisième et quatrième paragraphe vont nous faire
appréhender.
Dans le troisième paragraphe, Hegel donne; en effet, à
voir le concept d'Esprit : l'Esprit, c'est l'activité-pensante en
général, opposée à la matière, c'est le dynamismè de l'Idée
parvenue à son être pour-soi.
Or, quel est le éaractère
fondamental de !'Esprit, qui va permettre de comprendre
l'unité :de l'intêrieur et de l'extérieur? L'Esprif; précisé
ment, n'èst · pas quelque chose d'immobile, de stagnant.
Notons d'ailleurs qu'étymologiquement, esprit vient du latin
spiritu�.
qui signifiait« souffle"· Rien de plus juste....
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