Corrigé disponible Pensez-vous comme Molière que l'essentiel du plaisir théâtral réside dans l'ignorance de l'intrigue et de son dénouement ?...
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Corrigé
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Pensez-vous comme Molière que l'essentiel du plaisir théâtral réside dans
l'ignorance de l'intrigue et de son dénouement ?
Très souvent au théâtre, les genres sont codifiés : le spectateur de la comédie sait
que cela se finira bien et le spectateur de tragédie sait que cela se finira forcément mal.
De plus, très souvent, on retourne au théâtre voir la même pièce.
=> D’où vient le plaisir du spectateur ?
I- Ignorance de l’intrigue en question
A- Intérêts
• Il est vrai qu’il est dommage de connaître par avance l’intrigue et le dénouement de la
pièce => perte d’intérêt pour le spectateur/ lecteur qui sait ce qu’il va se passer.
Peu d’entrain à aller voir quelque chose de connu.
Plus aucun suspens…
• Intérêt de se demander comment cela va se finir.
Cf.
On ne badine pas avec l’amour ou
Lorenzaccio ou Ruy Blas > à chaque acte, le spectateur découvre l’intrigue.
Plaisir devant
l’inconnu.
=> Il semble donc que l'essentiel du plaisir théâtral réside dans l'ignorance de l'intrigue et
de son dénouement > dans la surprise de la découverte…
B- Un intrigue classée
• … Mais, toutefois, le théâtre => genre très codifié.
• Comédie ou tragédie : le spectateur qui se rend au théâtre sait déjà comment finira
l’action.
• Prenez en exemple une tragédie (ou d’une comédie et vous développez l’idée que tout
finit bien…) que vous connaissez Phèdre, Andromaque… D’où le recours au tragique :
sentiment que l’homme éprouve quand il prend conscience des forces (divines, politiques,
sociales, morale) qui le dominent, l’écrasent malgré la résistance qu’il leur oppose.
Dans
la tragédie, tout est sous le signe de la fatalité, le dénouement est malheureux.
La tragédie
a pour but de faire naître la terreur et la pitié chez le spectateur.
Soumis à des passions,
des sentiments extrêmes, exacerbés (parfois, pas loin de la folie), le héros de tragédie
n’est pas vraiment ambivalent et son sort sera forcément tragique.
VS le héros de comédie.
=> Comédie : action qui termine forcément bien.
C- Rebondissements
• Si l’on devine, par le genre, quel sera le dénouement de la pièce, le spectateur aime à
être surpris > le dramaturge peut choisir de faire attendre son spectateur en retardant par
de nouvelles péripéties, par des imprévus le dénouement attendu (retournement de
situation / imprévu…).
Ex : Molière a souvent recours au deus ex machina (ce qui lui a été reproché) > fin
étonnante, arrivée d’un personnage… => seul un artifice permet de respecter la loi du
genre imposant que tout s’achève dans l’harmonie
Cf.
l’intervention de l’autorité royale dans Tartuffe, Cf.
le retour du père d’Agnès dans
l’École des femmes.
• Dénouement étonnant.
Cf.
la fin du Cid => la tragédie devient tragi-comédie.
Chimène
peut épouser (le doit même) Rodrigue (> cela a été très contesté à l’époque).
Δ) Il semble logique de se dire que l’intérêt et le plaisir du théâtre résident dans la
découverte et donc le nouveau.
Cependant, il est rare de se rendre au théâtre sans
connaître déjà l’histoire.
Comment donc expliquer cela ? En quoi réside alors l’envie du
spectateur d’aller assister à une pièce déjà vue… ?
II- Les éléments de la représentation
Comme le rappelle Molière, « Le théâtre n'est fait que pour être vu ».
Le texte
théâtral, comme tout texte peut être lu mais sa spécificité le destine à être représenté =>
importance de tous les éléments du spectacle et aussi de la mise en scène…
NB : chaque metteur en scène, pour chauqe reprise d’une pièce, donnera sa propre vision
de la pièce qui se traduira dans les éléments de la représentation > qui sont donc
au
service du sens…
A- Le costume et décors au service de l’interprétation
• Le costume donne la carte d’identité du personnage : le personnage était défini,
principalement, par son costume : statut social, âge, sexe, tragique, comique...
Indicateur
social => l’habit fait le moine.
Ex : Dans le Jeu de l’amour et du hasard, pour changer de rang social, les personnages
changent de costume.
Théâtre : monde de l’illusion mais pourtant évoque bien des faits
réels => différences de rangs.
On reconnaît celui qui représente le pouvoir par son
costume : cape toge couronne.
Cf.
Ubu Roi.
• Le costume => permet au metteur en scène d’insister sur un aspect du personnage, de
souligner ce qui lui parait important, essentiel dans la pièce.
Ex : représentation de
Georges Dandin.
Tous les personnages sont habillés en vêtements du début du XXe siècle
vs Georges Dandin qui est habillé comme au XVIIe siècle => sorte de bouffon => insiste
sur le ridicule du personnage.
Ex : Rhinocéros = Jean doit être très strict, voire sévère vs Béranger.
L’attitude des deux
personnages est très différente.
Le costume, les accessoires, la posture des personnages
(=> acteurs) trahissent le caractère de Jean et annonce son « ralliement » aux rhinocéros.
Le spectateur devine que le personnage qui se différenciera sera, non pas le personnage,
apparemment positif, mais l'autre, Bérenger, qui est un peu débauché.
B- L’incarnation des personnages
• Responsabilité : le comédien endosse le personnage.
Ne doit donc pas décevoir les
spectateurs qui auraient pu s’être fait une représentation du personnage.
• Une pièce de théâtre est surtout une accumulation d’artifices >Le bon acteur sera celui
qui fait oublier toute l’artificialité du monde du théâtre.
• Importance de la parlure, des déplacement sur scène, de la diction du comédien…
R : au théâtre Fontaine, nous avons assisté à la représentation du Malade imaginaire.
Un
acteur a rendu très comiques les « latineries » de Diafoirus jeune.
• Importance du jeu des acteurs.
Dans Le Portrait de Dorian Gray, quand la petite Sybil
Vane, toute occupée à son amour pour son fiancé, joue mal Juliette, la pièce est huée.
Tout....
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