Conclusion BADABOUM!
Publié le 05/04/2015
Extrait du document
«
L'interdiction de parler de son aventure n'empêcha pas Marie de continuer à rêver à
son pays des merveilles.
Chaque fois qu'elle y repensait, elle le revoyait comme si elle y
était et, au lieu de jouer comme d'habitude, elle restait des heures sans bouger, perdue
dans sa rêverie.
Tout le monde la houspillait et l'accusait d'être toujours dans la lune.
Un jour que le juge réparait une pendule chez les Stahlbaum, et que Marie était
plongée dans ses rêves, près de l'armoire vitrée, elle prononça soudain ces étranges
paroles qui lui échappèrent malgré elle :
« Oh, cher M.
Drosselmeier, si vous étiez réellement vivant, je ne me comporterais pas
comme la princesse Pirlipat.
Je ne vous dédaignerais pas si, à cause de moi, vous aviez
cessé d'être un beau jeune homme.
»
Mais, au même instant, il se produisit une détonation si sonore, un choc si violent, que Marie
tomba évanouie de sa chaise.
Quand elle reprit connaissance, sa mère était auprès d'elle,
et elle lui dit
« Comment as-tu fait pour tomber de ta chaise ? Une grande fille comme toi ! Le neveu du
juge vient d'arriver de Nuremberg, je t'en prie, tâche de te tenir convenablement.
»
Marie leva les yeux.
Le juge avait remis sa perruque de verre et sa redingote jaune,
et souriait de contentement.
Il tenait par la main un jeune homme, petit, mais bien
proportionné, au visage menu aussi blanc que le lait et rouge que le sang.
Il portait une
splendide redingote rouge garnie de broderies d'or, des bas et des souliers de soie
blanche, et dans le jabot de sa chemise, il y avait un joli bouquet.
Marie avait rougi comme une pivoine en voyant le jeune homme, mais elle rougit
encore davantage, après dîner, quand le jeune Drosselmeier lui demanda de l'accompagner
au salon pour aller admirer l'armoire aux jouets.
« Allez jouer, les enfants, dit le juge.
Maintenant que mes pendules sont à l'heure, je n'y
vois aucun inconvénient.
»
A peine le jeune Drosselmeier se trouva-t-il seul avec Marie qu'il mit un genou à
terre et déclara :
« 0 ma très chère demoiselle Stahlbaum, vous voyez à vos pieds le plus heureux des
hommes, celui à qui vous avez sauvé la vie ici même.
Vous avez eu la bonté de dire que vous
ne me dédaigneriez pas comme la méchante princesse Pirlipat si, pour vous, je perdais la
beauté.
Dès cet instant, j'ai cessé d'être un vilain casse-noisettes et j'ai repris mon
aspect antérieur.
0 très chère demoiselle Stahlbaum, accordez-moi votre main.
»
Et Marie devint ainsi la fiancée de Drosselmeier.
Ainsi s'achève l'histoire de Casse-Noisette et du roi des rats..
»
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