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Comment interpréter l'usage de la première personne du pluriel dans l'énon­ ciation de l'incipit (p. 11-15, du début à «...

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« Comment interpréter l'usage de la première personne du pluriel dans l'énon­ ciation de l'incipit (p.

11-15, du début à « ••• que le plus tard possible.

») ? DÉMARRONS ENSEMBLE 1 La narration à la première personne du pluriel dans l'incipit de Madame Bovary a fait couler beaucoup d'encre.

Cette question renvoie à la notion de point de we narratif: qui voit et décrit cette scène célèbre de l'arrivée de Charles Bovary au collège de Rouen ? 1 L'.usage d'une première personne n'indique pas forcément un texte autobiogra­ phique, mais il présente le narrateur comme témoin de l'histoire.

À qui renvoie donc ce « nous» de l'incipit, dont l'usage ne se poursuit pas au-delà des pre­ mières pages du roman? Et pourquoi ce choix de la part de Flaubert? Cette ins­ tance narrative apporte-t-elle un sens particulier à l'incipit? 1 Ces questions sont incluses dans la formulation très ouverte du sujet : « Comment interpréter...

? » (INTRODUCTION) POINT MÉTHODE Bitlr une Introduction 1 Il s'agit d'abord d'amener le sujet.

Dans le cas de ce sujet d'oral, il s'agit d'évoquer l'utilisation de la première personne du pluriel dans l'incipit du roman. 1 La fin de l'introduction doit reformuler la question posle et proposer les axes de la réponse. 1 I.:incipit de Madame Bovary est très célèbre, autant par son sujet que par son écriture.

I.:arrivée de Charles Bovary au collège de Rouen est rapportée au moyen d'une première personne du pluriel, qui raconte et décrit l'entrée de Charles dans la classe et ses premiers contacts avec le monde scolaire.

Ce «nous» utilisé par Flaubert durant quatre pages, désigne les autres élèves de la classe, dans lesquels le narrateur - et peut-être l'auteur lui-même - s'inclut. 1 Flaubert n'utilise plus cette instance narrative dans la suite de son roman, ce qui crée les interrogations.

Pourquoi avoir ouvert le roman ainsi en pré- sentant Charles? Qu'est-ce que cela apporte au personnage et à l'intrigue? Le lecteur est-il concerné par cet usage de la narration? Autant de questions qui surgissent de cette originalité stylistique. [DÉVELOPPEMENT] POINT MÉTHODE Développer des idées dans le développement Le développement en deux parties s'appuie ici, pour répondre à la question posée, aux deux caractéristiques essentielles de l'écriture de Flaubert : produire l'illu­ sion du réel dans la description de la scène rapportée, et, par le registre ironique, faire passer le message satirique. I.

Le principe de réalité 1 «Nous» désigne un narrateur-témoin dont l'identité se fond Flaubert apparaît dans l'anonymat d'une première personne du pluriel.

Il s'agit alors comme ici des condisciples de Charles, qui le voient entrer pour la pre­ un témoin de la scène. mière fois dans leur classe.

Mais parmi ces élèves, il semble y avoir l'auteur lui-même, qui se fait narrateur. 1 Ce narrateur fictif vise à donner l'illusion du réel : il présente l'histoire comme la chronique d'un fait divers contemporain.

On pense alors à l'affaire Delamare qui inspira Flaubert.

Or, le docteur Delamare aurait été, dit-on, un disciple du père de Flaubert, célèbre médecin de l'époque.

Dans ce cas Flau­ bert laisse-t-il entendre qu'il va raconter la vie d'un de ses propres condis­ ciples au collège de Rouen? D'autant que le roman est dédié à Louis Bouilhet, l'ami rencontré pendant ses études, en classe de cinquième (la classe où entre Charles), au collège royal de Rouen, et que Flaubert a été plus tard renvoyé pour indiscipline; ce qui ancre l'histoire dans un principe de réalité très fort. 1 Ce principe de réalité est d'autant plus fort que ce pronom personnel semble aussi inclure le lecteur.

«Nous» sommes les spectateurs et les acteurs de cette arrivée mouvementée, nous sommes les élèves,.... »

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