Chapitre IX (Pierre et Jean, page 217} s 10 ,s 20 Lorsqu'ils furent revenus à terre, Beausire les quitta tout...
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Chapitre IX
(Pierre et Jean, page 217}
s
10
,s
20
Lorsqu'ils furent revenus à terre, Beausire les quitta tout
de suite pour aller déjeuner chez un ami.
Alors Jean partit
en avant avec Mme Rosémilly, et Roland dit à sa fèmme:
- Il a une belle tournure, tout de même, notre Jean.
- Oui, répondit la mère.
Et comme elle avait l'âme trop troublée pour songer à ce
qu'elle disait, elle ajouta:
-Je suis bien heureuse qu'il épouse Mme Rosémilly.
Le bonhomme fut stupéfait.
-Ah bah ! Comment ? Il va épouser Mme Rosémilly?
- Mais oui.
Nous comptions te demander ton avis
aujourd'hui même.
-Tiens ! tiens ! Y a-t-il longtemps qu'il est question de
cette affaire-là ?
- Oh !• Non.
Depuis quelques jours seulement.
Jean
voulait être sûr d'être agréé par elle avant de te consulter.
Roland se frottait les mains:
-Très bien.
Très bien.
C'est parfait.
Moi je l'approuve
absolument.
• Comme ils allaient quitter le quai et prendre le boule
vard François-Ier, sa femme se retourna encore une fois
pour jeter un dernier regard sur la haute mer ; mais elle ne
vit plus rien qu'une petite fumée grise, si lointaine, si légè
re qu'elle avait l'air d'un peu de brume.
INTRODUCTION
1 Situer le passage
Cet extrait se situe à la fin du roman.
La famille Roland est venue
dire adieu à Pierre qui va quitter Le Havre à bord de la Lorraine.
Les dernières lignes d'un roman méritent toujours une attention
particulière.
C'est à cet instant que l'auteur quitte ses personnages,
clôt le récit et lui donne un sens.
C'est dans cette perspective qu'il
convient d'étudier cette page.
1Dégager des axes de lecture
Ce texte consacre le triomphe définitif de Jean sur Pierre.
En outre,
il mélange, d'une manière caractéristique de l'art de Maupassant, les
éléments d'un dénouement heureux à d'autres notations plus
graves.
li laisse ainsi le lecteur sur une impression amère.
r
PREMIER AXE DE LECTURE
i
1Le triomphe de Jean
►
1
LE TRIOMPHE DE JEAN SUR PIERRE
Jean apparaît désormais comme le chef de famille.
C'est lui qui
mène la marche, au bras de sa future épouse (« Jean partit en avant
avec Mme Rosémilly », 1.
2-3).
Et M.
Roland na peut s'empêcher d'admirer celui qu'il considère comme son fils (« Il a une belle tournure,
tout de même
»,
1.
4).
L'expression
«
notre Jean
»
(1.
4) est significa-
tive : elle traduit la totale intégration du fils Hlégitime à l'univers
familial.
Il est révélateur que le petit groupe emprunte le boulevard
François-Ier.
C'est là que se situe l'appartement convoité par Pierre
au chapitre 111, et que Jean occupe dorénavant.
M.
et Mme Roland
«
quitt[ent] le quai
»
et
«
pren[nent]
»
le boulevard (1.
20) ; ces deux
verbes ont évidemment une valeur symbolique : les personnages se
détournent définitivement de Pierre pour suivre Jean.
1La disparition de Pierre
Tandis que Jean gagne de l'importance au sein de la famille, Pierre en perd progressivement.
Il n'est pas question de lui dans la
conversation de ses parents (1.
4 à 19).
Il serait pourtant normal qu'ils
pensent à lui en cet instant, puisqu'ils viennent de lui dire adieu.
Mais, même à la fin du texte, quand Mme Roland songe à Pierre, le
LECTURES MÉTHODIQUES 1 21
narrateur ne mentionne pas le nom du personnage.
Celui-ci n'est
évoqué que par le lieu où il....
»
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