Article encyclopédique SRI LANKA AU XXe SIÈCLE Île de l’océan Indien, Sri Lanka, ancienne Ceylan (jusqu’en 1972), se situe dans...
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Article encyclopédique
SRI LANKA AU XXe SIÈCLE
Île de l’océan Indien, Sri Lanka, ancienne Ceylan (jusqu’en 1972), se situe dans
le prolongement direct de la péninsule indienne, au plan géographique comme
civilisationnel et culturel.
La colonisation européenne commence avec les
Portugais, au xvie siècle, qui se contentent de fonder des comptoirs.
L’arrivée
des Hollandais, au milieu du xviie siècle, transforme l’île en colonie
d’exploitation.
Mais, c’est la colonisation britannique commencée en 1796 qui
opère le changement décisif.
Possession britannique.
Dès 1815, le nouveau colonisateur réussit à conquérir le célèbre royaume
cinghalais de Kandy - et à le conserver malgré une grande insurrection en
1817-1818.
L’expansion des cultures d’exportations (cannelle, café et surtout
thé- le toujours fameux « thé de Ceylan » - puis, au xxe siècle, l’hévéa, sans
oublier la culture du cocotier) va de pair avec le développement du commerce et
la concentration des capitaux.
De grandes compagnies sont créées, sises en
Europe.
Leur gestion financière est assurée par des agences (managing agencies)
installées à Colombo et en Inde.
Cet incontestable développement économique
s’effectue au prix de bouleversements sociaux.
Pour entretenir et cultiver les
immenses plantations de thé, les grands propriétaires font venir de l’Inde du
Sud, du pays tamoul en particulier, des travailleurs immigrés qui, chassés de
chez eux par la famine, acceptent les conditions proches de la servitude que
refusaient précisément les Cinghalais.
Cette population tamoule « immigrée »
représentait au moment de l’indépendance (1948) environ 12 % de la population de
l’île.
Elle constitue un peuple tamoul « différent », qui sera pris en étau dans
le conflit qui opposera, à partir de 1983, le pouvoir cinghalais aux Tamouls
cinghalais « historiques ».
La colonisation britannique a forgé, comme ce fut le cas en Inde, une élite
intellectuelle de bonne classe à majorité bouddhiste et cinghalaise qui
s’imposera progressivement comme classe politique dirigeante.
L’accès à
l’autonomie interne avec un système représentatif fondé sur le suffrage
universel (1931) constitue une évolution politique déterminante.
La Seconde
Guerre mondiale - où Ceylan sert de point d’appui stratégique dans la guerre du
Pacifique - ouvre la voie de l’indépendance, laquelle est proclamée en février
1948.
La nouvelle république, qui emprunte au style du parlementarisme
britannique, s’inscrit dans la continuité d’une politique de développement
(agriculture, éducation), engagée à l’époque de l’autonomie interne sous la
direction du Premier ministre Don Stephen Senanayake (1884-1952), leader du
Parti de l’unité nationale (UNP), lequel incarne à l’époque un conservatisme «
éclairé ».
L’option socialiste.
En 1956 est opéré un brutal changement politique à la suite de la victoire de la
gauche aux élections.
Salomon Bandaranaïke (1899-1959) devient Premier ministre
avec l’appui de la communauté bouddhiste cinghalaise.
Il a fait des concessions
à cette dernière, notamment sur le plan culturel : le cinghalais remplace
l’anglais comme langue officielle et devient prioritaire dans les programmes
scolaires.
À la suite de son assassinat (1959), sa veuve, Sirimavo Bandaranaïke
(1916-2000), prend le relais avec une énergie et une compétence qui, dans les
années 1960 et 1970, font d’elle l’une des grandes femmes « régnantes » dans
l’Asie du Sud-Est.
Sri Lanka s’inscrit alors dans une option socialiste et
nationaliste radicale : réforme agraire, nationalisations, etc.
Sur le plan
international, le pays se montre très actif au sein du mouvement des
non-alignés, tout comme l’Inde voisine avec....
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