Article encyclopédique L’histoire du Pakistan se confond avec celle de l’Inde jusqu’en 1947, date de la Partition. La crainte des...
Extrait du document
«
Article encyclopédique
L’histoire du Pakistan se confond avec celle de l’Inde jusqu’en 1947, date de la
Partition.
La crainte des élites musulmanes de subir la domination hindoue dans
une Inde indépendante les conduit à revendiquer un territoire séparé pour les
musulmans.
En 1940, la Ligue musulmane réclame la création du Pakistan (« pays
des purs ») qui voit le jour le 14 août 1947.
Muhammad Ali Jinnah devient
gouverneur général.
Sa mort prématurée (1948) et l’assassinat de son successeur, Liaqat Ali Khan
(1951) plongent le pays dans l’instabilité politique.
Le général Muhammad Ayyub
Khan (1907-1974) saisit l’occasion pour s’emparer du pouvoir en 1958 et instaure
la loi martiale.
Il promulgue une nouvelle Constitution en 1962, celle de 1956
ayant été abrogée lors de son coup d’État.
Elle stipule que les lois de l’État
ne peuvent aller à l’encontre de la loi islamique (charia).
Durant son « règne
», le Pakistan connaît une remarquable croissance économique, tributaire
cependant de l’aide étrangère.
Sur le plan extérieur, le Pakistan, qui craint les visées hégémoniques de
l’Inde, forme des alliances avec les grandes puissances : les États-Unis (il
devient membre de l’OTASE en 1954 et du pacte de Bagdad en 1955) et la Chine (à
partir de 1963).
La principale pomme de discorde entre le Pakistan et l’Inde
demeure le Cachemire.
En 1948 déjà, une guerre a opposé les deux pays.
Elle
s’est soldée par une division de la région, le Pakistan établissant son
protectorat sur le Nord, qu’il appellera « Azad Cachemire » (Cachemire libre).
En 1965, un nouveau conflit met aux prises les deux voisins.
Il est arrêté grâce
à une médiation de l’ONU et de l’Union soviétique, mais la question du Cachemire
n’est pas réglée.
À partir de 1968, M.
Ayyub Khan est confronté à une forte opposition.
Il est
contraint de démissionner l’année suivante, le pouvoir passant aux mains d’un
autre général, Agha Muhammad Yahya Khan (1917-1980), qui instaure la loi
martiale.
Les élections de décembre 1970 voient la victoire de la Ligue Awami du
Pakistan oriental, menée par Mujibur Rahman (1920-1975).
A.
M.
Yahya Khan,
désireux d’empêcher M.
Rahman de prendre le contrôle du gouvernement central et
inquiet face aux velléités autonomistes des Bengalis, lance une offensive
meurtrière contre le Pakistan oriental.
Avec l’aide militaire indienne, les
Bengalis mènent une guerre d’indépendance et proclament la souveraineté du
Bangladesh en 1971.
Cette sécession contribue à battre en brèche le ciment
identitaire du Pakistan, celui d’un État fondé sur le projet islamique.
La
défaite contraint A.
M.
Yahya Khan à laisser le pouvoir à Zulfikar Ali Bhutto,
dont le parti, le Pakistan People’s Party (Parti du peuple pakistanais, PPP),
est en effet arrivé en seconde position lors des élections de 1970.
Z.
A.
Bhutto se lance dans une politique dont l’idéologie puise dans le
nationalisme, le socialisme et l’islam.
Elle lui vaut le soutien des classes
populaires.
En 1973, il fait adopter une nouvelle Constitution.
Sa hantise de
voir se reproduire l’éclatement du pays l’amène à adopter une politique
répressive pour mater les mouvements nationalistes régionaux au Baloutchistan et
dans la NWFP - Province de la frontière du Nord-Ouest (1972-1975).
Sur le plan
extérieur, il tente, d’une part, de se rapprocher de l’Union soviétique et de la
Chine, d’autre part, de réorienter la politique étrangère du pays vers le
Proche-Orient et les pays du Golfe.
En mars 1977, à la suite d’élections contestées, le pays se trouve au bord de la
guerre civile.
Le général Zia ul-Haq (1924-1988), chef d’État-Major des armées,
s’empare du pouvoir et instaure la loi martiale.
Il fait arrêter A.
Bhutto, qui
est pendu dans sa prison le 4 avril 1979, après une parodie de procès.
Ce régime
est marqué par une islamisation plus intensive du pays et un redémarrage
économique bénéficiant du renforcement de l’aide....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓