Analyse du sujet et problématisation : Ce sujet interroge le rapport entre la littérature et les débats d’idées. L’expression «...
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«
Analyse du sujet et problématisation :
Ce sujet interroge le rapport entre la littérature et les débats d’idées.
L’expression
« débats d’idées » est assez vague et mérite d’être précisée.
Elle met en jeu la capacité
des œuvres littéraires à fournir une argumentation pour défendre une thèse.
Le terme
« débat » implique une discussion sur des thèmes politiques, sociaux ou moraux ; le débat
d’idée prend place au sein d’une société donnée.
Imputer à la littérature un rôle dans les
débats d’idées c’est considérer la fonction importante qu’elle peut avoir dans la société.
Il s’agira ici d’analyser le type de fonction que peut avoir la littérature dans les
débats d’idée, mais aussi de statuer sur sa légitimité à prendre part à de tels débats ancrés
dans la société.
Problématique : La littérature a-t-elle un rôle à jouer dans les débats
d’idées ? Par quels moyens parvient-elle à soutenir une thèse de façon efficace ?
I)
La légitimité remise en cause de la participation de la
littérature aux débats d’idées
Certains considèrent que la littérature ne doit en aucun cas se mêler des débats
d’idées public, qu’elle n’a aucun rôle à y jouer car elle doit proposer une vision du monde
essentiellement personnelle et gratuite.
1)
L’écrivain : avant tout un explorateur de sentiments
Le rôle de l’écrivain est avant tout de transmettre une expérience personnelle à
travers l’exploration des sentiments humains.
La littérature transmet une vision du monde
essentiellement lyrique et personnelle.
L’intimité, la vie d’un artiste, d’un écrivain suscite
l’intérêt du public, car elle semble être la source première de l’inspiration artistique, qui,
sublimée, aboutit à une œuvre d’art.
Ex :
·
La poésie Ronsardienne, évoquant les souffrances amoureuses
du poète( cf.
Les Amours), mais aussi sa vie et les peines qu’elle procure
( cf.
Les derniers vers de Ronsard, le poème « je n’ai plus que les os »,
dans lequel Ronsard met en scène sa propre mort)
·
Les rêveries du promeneur solitaire de Rousseau (ex de lyrisme
personnel en prose)
2)
La littérature doit permettre une évasion du quotidien
La littérature peut avoir une fonction essentiellement divertissante en procurant
l’évasion du monde quotidien et des soucis qu’il cause.
Cette fonction divertissante de la
littérature tient au plaisir de l’identification et de l’abandon dans un voyage imaginaire
auquel elle convie.
La littérature a donc ici pour but de charmer le lecteur, de le faire
voyager dans un monde imaginaire le temps de la lecture, un monde dont il peut être le
héros en s’identifiant au protagoniste.
Cette posture de lecture c’est celle du petit Marcel
dans La Recherche du temps perdu (Proust), à qui sa mère raconte François Le Champi,
roman qu’il ne comprend pas totalement (d’autant plus que sa mère censure certain
passage) mais qui prend pour lui une aura mystérieuse délicieuse.
Cette posture
identificatoire est souvent celle de l’enfant-lecteur ; entre l’enfant et le héros d’un livre, il
y a souvent une amitié imaginaire qui se tisse.
Ex d’une littérature cherchant l’évasion :
·
les romans fantastiques
·
La poésie de Rimbaud dans Les Illuminations
·
L’"Invitation au voyage" de Baudelaire.
3)
Certains écrivains visent légitimement une création purement
gratuite, désintéressée
La littérature, pour certains écrivains doit être purement gratuite et revenir à sa
vocation de travail de la langue et des mots.
Elle ne doit avoir sa fin qu’en elle-même et
non trouver son but dans une cause publique, extérieurs à elle-même.
La mission et la
vocation de la littérature est l’accès à la beauté par le maniement de langue et le jeu sur
les mots.
Ex :
·
Les théoriciens de l’Art pour l’Art ( Théophile Gautier dans La
préface à Mademoiselle de Maupin fustige toute fonction utilitaire de la
littérature) et du Parnasse
·
Le groupe l’Oulipo et ses recherches sur les potentialités
ludiques du langage.
II)
La littérature a un rôle polémique à jouer dans les débats
d’idées
1)
La littérature : une arme politique
La littérature joue souvent un rôle politique, dénonçant le fonctionnement de la cité
ou proposant un autre mode d’organisation.
Certains auteurs veulent participer à l’action
politique en prévenant leurs lecteurs des problèmes et dangers dans ce domaine.
On peut
ici faire référence à un écrivain « engagé » politiquement au XIXe siècle : Victor Hugo.
Victor Hugo est élu représentant du peuple à Paris en 1848 et va lutter pour
l’avènement d’une démocratie libérale et humanitaire.
Le coup d'État du 2 décembre 1851
agit directement sur la vie et l'œuvre de Victor Hugo, puisqu'exilé jusqu'en 1870, l'écrivain
entreprit un terrible bras de fer contre Napoléon III.
Adossé à son île comme Gilliatt à son
rocher, Hugo brava les tempêtes d'un régime et, jour après jour, bâtit une œuvre dont
chaque texte était destiné à ébranler le Second Empire, et au-delà, tous les régimes antirépublicains.
(cf.
Les Châtiments)
2)
La littérature : un moyen pour la lutte sociale
La littérature est aussi un moyen de lutte sociale : les écrivains dénoncent souvent
les abus sociaux et autres inégalités de manière efficace souhaitant que leurs écrits aient
un impact réel et concret.
(ex : La critique sociale des rapports inégalitaires entre Maîtres
et Esclaves dans le théâtre de Marivaux....
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