Devoir de Philosophie

BILE, substantif féminin.

Publié le 03/11/2015

Extrait du document

BILE, substantif féminin.  

A.—  PHYSIOLOGIE.  Liquide visqueux, amer, de coloration jaune ou brune, sécrété par le foie et qui s'écoule dans l'intestin au moment de la digestion. 

—  Spécialement.  MÉDECINE ANCIENNE.  

·    Bile jaune (bile ordinaire). L'une des quatre humeurs cardinales (les autres étant le sang, l'atrabile ou bile noire, et la pituite) à laquelle on attribuait une influence déterminante sur le tempérament selon sa composition et sa proportion par rapport aux autres humeurs. 

·    Bile noire ou atrabile*. [Chez Hippocrate et Galien] , l'une des quatre humeurs cardinales, qu'ils supposaient être sécrétée par la rate et, en cas d'excès, agir sur le caractère en provoquant des accès de mélancolie, d'hypocondrie : 

Ø 1.... curieux phénomène de prescience chez nos prédécesseurs de l'Antiquité et du XVIIe.  siècle qui ont attribué certains états de dépression mentale à la mélancolie (...) et à l'« atrabile » autre expression littérale de la bile noire.

Ce que la France a apporté à la médecine depuis le début du XXe.  siècle, 1946, page 237. 

—   [La bile considérée, avec le sang et les nerfs, comme un élément déterminant de la personnalité humaine] :

Ø 2. Nous autres : de la bile et des nerfs. Il manque la chaleur du sang qui fait l'action; mais de là, peut-être, l'observation.

EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Journal,  1865, page 218. 

Ø 3.... le caractère change suivant que l'estomac fonctionne bien ou mal; la médisance, la colère, l'envie, c'est de la bile accumulée ou de la digestion ratée; la bonhomie, la joie, c'est le sang qui circule librement,...

GEORGES-CHARLES, DIT JORIS-KARL HUYSMANS, En route, tome 2, 1895, page 185. 

B.—  Par métaphore ou figuré.  [La bile est associée aux diverses formes ou manifestations de la colère (irritabilité, agressivité, violence, mauvaise humeur, hargne, aigreur, envie, amertume, etc.) ou de la mélancolie (morosité, anxiété, humeur noire, etc.)]  Cette bile de l'envie tirant et jaunissant la peau (ÉMILE ZOLA, L'Œuvre, 1886, page 314 ); crachant (...) la bile fadasse de mon dégoût (OSCAR VLADISLAS DE LUBICZ-MILOSZ, L'Amoureuse initiation,  1910, page 84) : 

Ø 4. J'ai dû regarder enfin comme incurable ce naturel vipérin, pétri de fiel, de poison et de bile, et qui a besoin de mordre pour sa propre santé.

HENRI-FRÉDÉRIC AMIEL, Journal intime,  1866, page 239. 

Ø 5. Ce crétin pique soudain une crise hystérique (...) puis ayant déchargé sa bile il s'isole pour soigner ses convulsions.

RAYMOND QUENEAU, Exercices de style,  1947, page 168. 

—  Au pluriel, rare : 

Ø 6.... j'absorbai des rancunes et des aigreurs qui ne m'appartenaient point, (...) les vieilles biles de Flaubert, des Goncourt, de Gautier m'empoisonnèrent...

JEAN-PAUL SARTRE, Les Mots,  1964, page 148. 

SYNTAXE : a) Émouvoir, échauffer, exciter, irriter, remuer la bile (de quelqu'un); déverser, décharger, épancher, exhaler, vomir sa bile (sur quelqu'un); épargner, modérer, retenir, tempérer sa bile. Avoir la bile enflammée. Être dans une grande colère. Faire jaunir quelqu'un de bile. Le mettre en colère. b) Mauvaise bile, bile rentrée, amère; flot de bile. 

·    Se faire de la bile. Se faire du souci. Ne pas se faire de bile. Ne pas s'en faire, laisser courir. Se faire une bile noire; se tourner la bile; se causer tant de bile pour rien. 

 

 

STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 380. Fréquence relative littéraire : XIXe.  siècle : a) 787, b) 674; XXe.  siècle : a) 544, b) 255. 

 

Forme dérivée du verbe \"biler\"

 biler

BILER (SE), verbe pronominal.  

Populaire.  [Presque toujours négatif ou à valeur négative dans un contexte]  Se faire de la bile*, se faire du souci. Il n'a pas l'air de se biler pour son copain (ALEXANDRE ARNOUX, Rêveries d'un policier amateur,  1945, page 199) : 

Ø Le vin (...) faisait oublier à ces hommes que la vie n'est qu'une pauvre chose, et que le destin est amer. Après du vin, voilà qu'ils avaient de la paille : pourquoi se « biler? »

RENÉ BENJAMIN, Gaspard,  1915, page 45. 

Remarque : On rencontre dans la documentation a) Le participe présent, adjectif bilant, ante, populaire N'être pas bilant Synonyme de n'être pas bileux. — ... C'est là qu'il est facile à vivre, et doux, et pas bilant (Louis Aragon, Les Beaux quartiers, 1936, page 62). b) L'adjectif bilé, ée. [En parlant d'aliments] Qui a été soumis à l'action chimique de la bile. Aliments salivés, gastriqués, bilés ou non (Claude Bernard, Cahier de notes, 1860 page 41). 

 

 

 

Liens utiles