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Bettelheim (Bruno)

Publié le 03/04/2015

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bettelheim

Bettelheim (Bruno). Psychanalyste américain d'origine autrichienne (Vienne 1903 - Silver Spring, Mary­land, 1990).

Après des études de psychologie, il acquiert une formation psychanaly­tique. Il est déporté en raison de ses origines juives à Dachau et à Buchen­wald, d'où il est libéré grâce à l'inter­vention de la communauté internatio­nale. De cette expérience, il retire un rapport intitulé Individual and Mass Behavior in Extreme Situation (1943), que le général Eisenhower donna à lire à tous les officiers de l'armée améri­caine. Il retira également de cette expé­rience le Coeur conscient (1960) et Survivre (1979), où il analyse les atti­

tudes humaines dans les situations extrêmes et hiérarchise les comporte­ments qui paraissent les plus efficaces pour sauvegarder l'intégrité fonction­nelle du moi. Il se rend après sa libéra­tion aux États-Unis, où il devient professeur d'éducation (1944) puis de psychiatrie (1963) à l'université de Chicago. Il prend également la direc­tion, en 1944, d'un institut destiné aux enfants en difficulté, qu'il réforme en 1947 sous le nom d'Institut orthogénique de Chicago. Il organise cet institut, qu'il décrit dans Un lieu pour renaître (1974), comme un milieu isolé des pressions extérieures, notamment des parents, et dans lequel il prend en charge les enfants autistes. Il remet en cause par sa pratique et par ses observations les conceptions de l'autisme en avançant que la cause première de cette maladie est un incident survenu dans la toute petite enfance, en particulier dans une relation mal établie entre l'enfant et sa mère. Il tente de démontrer cette thèse à partir de plusieurs cas dans la Forte­resse vide (1967). Dans son institut orthogénique, il ne laisse aucun détail au hasard : environnement à tout ins­tant favorable à l'enfant, répartition des pensionnaires en six groupes de huit, respect absolu de ce que veut l'enfant, sans intervention d'aucune hiérarchie car, selon ses dires, «le pouvoir cor­rompt«. Ses méthodes se réfèrent à S. Freud, à A. Aichorn et surtout à E. Erikson, promoteur du «principe de la sécurité fondamentale «. Bettelheim se rattache aussi au courant de l'égopsy-chologie. Après avoir écrit Dialogue avec les mères (1962) et s'être intéressé aux mythes et aux contes de fées (Psychana­lyse des contes de fées, 1976), il publie les Blessures symboliques (1976). L'impor­tance de Bettelheim, bien que parfois contestée, se marque notamment par la volonté de laisser à l'enfant toute la faculté d'autonomie possible, y com­pris dans ses tendances au repliement, pour que de lui-même il accède à

l'autre, au monde, de façon personnelle et authentique.

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