La question juive en Pologne
Publié le 10/05/2023
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«
LA QUESTION
JUIVE EN
POLOGNE
1
Sommaire
Introduction :...............................................................3
I.
Pologne témoin et résistante.....................................3
A.
La mémoire politisée et réécrite ?...........................3
B.
« Les peuples victimes peuvent eux aussi être
coupables » M.
Gebert.................................................7
a.1 La Pologne face à ses démons ?............................7
a.2 Le rapport de Pilecki, déporté volontaire à
Auschwitz 1940-1943..................................................8
b.1 Les Polonais ont-ils tous été forcé de commettre
les meurtres envers la population juive ?....................9
b.2 Court sans te retourner :.......................................11
c.1 La place des Justes Polonais :.............................12
d.1 L’organisation Żegota..........................................14
d.2 La résistance des Polonais en tant que Soldats
Maudits :....................................................................15
C.
Contrer « l’anti-polonisme » ?.............................16
D.
La mémoire des Polonais.....................................18
d.2 Ida film de Pawlikowski .....................................20
d.3 Les Innocentes film de Anne Fontaine :..............22
Conclusion :...............................................................24
III.
Bibliographie et Annexes :..................................25
2
Introduction :
L'Histoire de la Pologne a toujours été un sujet tabou chez les Polonais.
Mais plus encore
que son histoire, la question juive en Pologne instaure une atmosphère pesante, et pèse sur les
épaules des Polonais.
C'est pourquoi cet essai tentera par de multiples arguments et par des
exemples, de montrer que la question juive en Pologne a d'abord été une source d'humiliation chez
les Polonais et que de nos jours cette question est politisée, réécrite à la gloire des Polonais.
Où se
trouve le juste milieu, alors ? Cet essai sera l'outil pour vous de mieux appréhender cette réflexion,
et ainsi par vous-même de vous faire une opinion.
Isabelle
I.
Pologne témoin et résistante
A.
La mémoire politisée et réécrite ?
Le parti Droit et Justice (PiS) a tendance à vouloir réécrire l’histoire de la Pologne pour la
glorifier.
C’est pourquoi le PiS cultive soigneusement et rigoureusement le mythe de la souveraineté
en héroïsant l’Histoire, soit pour propager, étendre, son idéologie catholico-conservatrice à toute la
société, soit pour satisfaire le peuple à ses propres ambitions, volontés.
Le PiS, nous pouvons le
confirmer réécrit et instrumentalise l’histoire de Pologne à des fins politiques.
On notera que la loi du 26 janvier 2018 votée par la Diète polonaise désigne et condamne les
personnes qui « attribuent à la Nation polonaise ou à l’État polonais une responsabilité ou bien une
co-responsabilité pour les crimes nazis commis par le Troisième Reich (…), ou bien pour d’autres
crimes de guerre ou crimes contre l’humanité ».
En effet, ce parti pousse et soutient un déni
historique sur quelconque participation ou même d’une simple volonté des Polonais à
l’extermination des Juifs de Pologne.
L’idée qui se cache derrière est d’interdire et de punir l’usage
du terme « camps polonais », mais la loi ne met pas en avant cette interdiction, mais contourne le
sujet en prétextant punir les personnes qui associeront le crime de la Shoah à la Nation
Polonaise.
Les peines sont lourdes entre une simple amande et trois ans de prison.
Il y a là une vraie
idée de punir cet usage d’association de la nation polonaise au crime de la Seconde Guerre
mondiale.
Comme pour ainsi dire que la Pologne n’a été que la victime occupée par le peuple nazi
mais aussi est le témoin des crimes commis par ce même peuple nazi.
Ultérieurement, une loi en 2006 qui ressemblait à celle de 2018 avait été aussi votée, par l’ancien
gouvernement PiS, Droit et Justice.
Selon la loi, nous étions condamnables dès la diffamation sur la
nation polonaise.
De ce fait, on pénalise tout individu qui publiquement attribue à la Pologne une
association, une responsabilité ou un rôle dans la Shoah.
On assiste là à une tentative d’effacer la
Pologne de l’histoire de ce crime.
Ce parti PiS se veut être un parti nationaliste, et s’engage dans les
questions historiques et politiques, conservateur.
Il se prétend être gardien de l’image de la Pologne
victime de la Seconde Guerre mondiale, puis du communisme et qui promeut le rôle de la Pologne
comme étant l'héroïne et où il n’y aurait pas la place pour critiquer ses actes qu’on peut considérer
comme affreux ou injustifiés à l’heure actuelle.
Ce qui sous-entend que chaque acte non-héroïque,
3
est justifiable par une obligation sur les Polonais d’exécuter les ordres ou par une nécessité de
survie des Polonais durant l’occupation.
On ne peut donc pas dire que durant la Seconde Guerre mondiale, il y a eu des pogroms sur les Juifs
de la part des Polonais.
Mais ce parti politique va encore plus loin, car c’est un parti anticommuniste, il ne reconnaît pas que le Parti communiste avait aussi des alliés dans la société
polonaise et qu’il avait des assises.
Selon le parti, la Pologne a été occupée par le Parti communiste
russe jusqu’en 1989.
C’est pourquoi, la Seconde Guerre mondiale aurait pris fin en Pologne qu’en
1989 et non pas comme dans le reste de l’Europe en 1945.
Cette nuance chronologique, des dates de
la fin de la seconde guerre que souhaite souligner le parti PiS, montre que la Pologne a souffert plus
longtemps d’une privation de liberté, d’une non-reconnaissance de la Nation Polonaise qui fut
toujours occupée, toujours sous domination et influence d’un pays autre que le sien.
Mais les réactions des pays voisins et des pays de l’Europe Occidentale sont assez sans équivoques.
Selon eux, ces lois seraient contre la liberté d’expression.
Ces lois iraient même encore plus loin en
interdisant aux rescapés de la Shoah de raconter leurs histoires et d’évoquer les comportements
hostiles que les Polonais auraient pu avoir vis-à-vis des Juifs.
On a une atteinte directe sur la
Mémoire, sur le passé, sur l’Histoire du peuple Polonais qui ne serait donc pas seulement témoin,
mais aussi acteur.
Mais la position de l’Allemagne est en retrait, elle ne donne pas vraiment son avis et ne partage
aucune réaction.
Puisqu’en effet, l’Allemagne depuis longtemps collabore avec le gouvernement
polonais.
Le Pays n’est pas trop critique sur le gouvernement polonais, car de son côté, il cherche à
se délester du poids du crime de la Shoah en incluant l’aide des Polonais à l’intérieur des « camps
polonais ».
Cette loi est à remettre dans le contexte historique ou les Polonais souhaitent être perçus comme les
« Justes » qui ont sauvé des Juifs.
Cet accent politique historique, de remettre le citoyen Polonais
comme sauveur des Juifs est déjà apparu dans les années 68.
Autour de 1968, on assiste à des
purges antisémites dans le parti et qui sont justifiées déjà par des discours, selon lesquels, les
Polonais auraient massivement sauvé des Juifs et qu’après-guerre le peuple Polonais aurait ressenti
une ingratitude envers eux de la part des Juifs.
Ainsi, l’accent sur lequel repose le principe d’effacer
les actes hostiles des Polonais envers les Juifs, de retirer la responsabilité du peuple Polonais envers
le massacre des Juifs, vient de la période communiste, qui déjà avait mis l’accent non pas sur ces
débordements et les actes criminels, mais avait plutôt mis l’accent sur les sauveurs Polonais, les «
Justes » qui se sont battus pour défendre et sauver le peuple juif.
Ainsi, finalement, le parti PiS
serait par ces lois dans la continuité du communisme, dans la volonté d’omettre des détails de
l’histoire en mettant en avant que les parties de l’histoire qui glorifie un pays et un peuple.
Surtout, nous pouvons citer un livre très très critiqué pour appuyer nos dires :
« Les Voisins » de JAN T.
GROSS.
Auteur polonais qui a été expulsé de la Pologne en 1968.
Il fait carrière aux États-Unis et
publie donc le livre « Les Voisins », sauf que le retour est énorme, les réactions sont plus
virulentes que jamais.
Ce livre raconte le massacre collectif des Juifs dans la région de
Jedwabne durant l’été 1941.
Ainsi, l’auteur met le pied dans un nid de guêpes.
Il rouvre un
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sujet sensible en Pologne qui est la participation finalement des Polonais dans les crimes envers les
Juifs, ainsi que des relations entre les Polonais et les Juifs et ce pourquoi le PiS se bat, d’effacer
justement tout rapprochement des Polonais dans l’histoire des pogroms juifs en Pologne.
L’auteur raconte l’horreur dans ce village dont les Juifs n’ont été que les martyres de cette
histoire.
Dans une grange des Juifs, y sont enfermés et brûlés vifs par leurs voisins Polonais du
village.
Cet acte barbare est commis lorsque l’armée soviétique se retire, car l’armée nazie avance.
L’auteur raconte donc dans les moindres détails cette histoire-là, mais le peuple Polonais ignore ce
crime ou connaît très mal cette partie de l’histoire ou tout simplement les Polonais n’arrivent pas à
croire que son propre peuple a pu commettre ça.
Car d’après l’histoire la Pologne est soit héros,
témoin ou victime, mais elle n’est pas actrice des actes hostiles et ne fait rien sans un intérêt
particulier, elle ne peut avoir commis un acte seulement par barbarie ou par plaisir.
L’histoire donc
que l’auteur raconte a permis de s’interroger sur les Polonais, mais d’un autre point de vue.
Ainsi,
on s’interroge sur le rôle des Polonais dans les crimes de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.
Cela a permis de mettre en opposition les....
»
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