Catégorie : Fiches de lecture
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MICHAUX: La Nuit remue
Le recueil La Nuit remue, paru en 1935, comprend deux parties : La Nuit remue, écrit en 1934, et Mes propriétés, qui avait déjà été publié seul en 1929. Ces poèmes en prose insolites, parfois cruels et fantastiques, mettent enlumière les mécanismes de l'esprit et de la vie intérieure. La Nuit remue fait le lien avec l'oeuvre précédente, Qui je fus (1927), par le texte «Mon Roi», qui est un développement de six pages sur le thème du combat intérieur: «Et c'est mon Roi, que j'étrangle vai...
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MOLIÈRE: L'AVARE (Fiche de lecture)
fondamentale du comique de Molière. Ce dernier, lors de son long séjour en Province, a pu observer de près lestroupes ambulantes italiennes de la commedia dell'arte, auprès desquelles il prendra des leçons. Pièce de la maturité, L'Avare n'échappe pas à cette présence de la farce, une farce remise au goût du jour par l'auteur, mais profondément affinée, ayant gagné en profondeur, en complexité et en signification. Inspirée dePlaute, à l'image de la plupart des pièces du répertoire...
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MOLIÈRE: L'ECOLE DES FEMMES (Fiche de lecture)
Souche, a recueilli une orpheline, Agnès, qu'il a fait élever à la campagne, dans la plus parfaite ignorance ; il veut enfaire sa femme. Horace, le fils d'un de ses amis, ignorant le second nom d'Arnolphe, lui raconte comment il courtisela pupille d'un certain M. de la Souche (Acte I). Inquiet, Arnolphe tente de faire parler Agnès, et décide de hâter lespréparatifs de son mariage (Acte II). Il sermonne Agnès sur le mariage, cependant qu'Horace lui apprend que lajeune fille lui a envoyé un mot d...
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MOLIÈRE: TARTUFFE (Fiche de lecture)
annonce à sa fille Marianne qu'il renonce à lui faire épouser celui qu'elle aime, Valère, pour la donner à Tartuffe(Acte II). À l'acte III, Tartuffe paraît enfin Elmire, la femme d'Orgon, lui demande de renoncer au mariage, tandisqu'il lui déclare sa passion. Orgon, à qui l'on rapporte cet épisode n'en croit pas un mot, décide de hâter lespréparatifs du mariage et fait à Tartuffe donation entière de ses biens (Acte III). Pour confondre l'imposteur, Elmiredécide alors de demander à Tartuffe un se...
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MONTAIGNE: Les Essais (Fiche de lecture)
suit pas un ordre chronologique, mais il offre un portrait de lui-même d'abord à travers les réflexions que tel thèmepolitique (la guerre, la soumission au souverain, la torture, les lois...), moral et philosophique (la mort, l'amitié,l'éducation...) lui inspire ; ensuite dans les passages où il réfléchit sur la nature du moi et sur sa personnalité. 2. LE SENS CRITIQUE Montaigne fait preuve d'un sens critique et d'une tolérance que la postérité a érigés en modèles, qu'il s'agisse, parexemp...
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MAUPASSANT: Boule de Suif (Fiche de lecture)
Boule de suif, conte (1880). La Maison Tellier, contes (1881). Mademoiselle Fifi, contes (1882). Les Contes de la bécasse, 1883, contes (1883). Miss Hariett, contes (1883). Une vie, roman (1883). Les Contes du jour et de la nuit, contes (1885). Bel-Ami, roman (1885). La Petite Roque, contes (1886). Le Horla, contes (1887). Mont-Oriol, roman (1887). Pierre et jean, roman (1888). Sur l'eau, contes (1888). Fort comme la mort, roman (1889). Notre cœur, roma...
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LA VIE DE MARIANNE - MARIVAUX (Fiche de lecture)
DORANTE Eh bien ! chère Lisette, dis-le moi cent fois, que tu ne m'aimeras point. SILVIA Oh ! je te l'ai assez dit ; tâche de me croire [...] SILVIA Je dirai ce qu'il te plaira ; que me veux tu ? je ne te hais point. Lève-toi ; je t'aimerais, si je pouvais ; tu ne medéplais point ; cela doit te suffire. (II, 10 et 11) Les choses sont souvent suggérées plus qu'elles ne sont dites. Marivaux exploite toutes les ambiguïtés et lessubtilités du langage pour éclairer l'évolution du sentimen...
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MAROT: Oeuvres poétiques
Pour secourir le Lyon secourable, Auquel a dit : «Tais-toi, Lyon lié, Par moi seras maintenant délié ; Tu le vaux bien, car le coeur joli as ; Bien y parut, quand tu me délias. Secouru m'as fort lyonneusement ; Or secouru seras rateusement.» (Adolescence clémentine, «Épître à son amy Lyon », v. 34-46) De nombreuses figures de rhétorique sont utilisées ici : des répétitions («secouru m'as», «or secouru»), despolyptotes, ou dérivations à partir de mots d'une même famille («chats, cha...
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L'Adolescence clémentine et sa Suite (Marot) - Fiche de lecture
Ce poème est une ballade, forme fixe comportant trois strophes généralement «carrées» (le nombre de versest égal au nombre de syllabes par vers, comme ici où l'on a des huitains d'octosyllabes) et terminées par unrefrain (ici «Il n'est que d'être bien couché») ; les strophes sont suivies d'un «envoi» (demi-strophecomprenant une adresse au destinataire et une reprise du refrain). Mais c'est l'épître qui sert le plus souvent à la sollicitation. Marot, emprisonné, demande sa grâce, comme d...
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L'Enfer de Marot (Fiche de lecture)
Lui dit ainsi : Viens çà, fais-moi tout sûr [informe-moi] Je te supplie, d'un tel crime et forfait. Je croirais bien que tu ne l'as point fait, Car ton maintien n'est que des plus gaillards. Mais je veux bien connaître ces paillards Qui avec toi firent si chaude émorche [firent le coup]. Dis hardiment. As-tu peur qu'on t'écorche ? Quand tu diras qui a fait le péché, Plus tôt seras de nos mains dépêché.» (L'Enfer, v. 240-250) Le passage est l'occasion de dénoncer les tortures infligées en...
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Maupassant : Maison Tellier (Fiche de lecture)
disparaissait derrière les grands arbres d'une ferme, pour reparaître au bout du feuillage, et promener denouveau à travers les récoltes jaunes et vertes, piquées de rouge ou de bleu, cette éclatante charretée defemmes qui fuyaient sous le soleil.» La nature avec ses couleurs, ses parfums, les effets de lumière, est appréhendée par tous les sens dans cettedescription dynamique de l'excursion champêtre d'un groupe de femmes. L'ART DE L'ÉPHÉMÈRE Cette «charretée de femmes» est le groupe...
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Le Horla de Maupassant (Analyse et résumé)
Le point commun de tous ces textes est la peur, qui naît de la solitude du personnage ou du narrateur, de sonimpossibilité à communiquer sa prise de conscience soudaine de tout l'inconnu qui rôde et menace, en lui ou autourde lui. Le conte La Peur (1884), analyse bien ce sentiment et l'illustre par des exemples, d'abord un récit de Tourgueniev, puis un souvenir personnel d'un voyage en Bretagne. Maupassant néglige l'anecdote au profit del'analyse théorique de sa propre hantise,...
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LESAGE: Gil Blas de Santillane (Fiche de lecture)
de ses étapes, Gil Blas rencontre des personnages qui deviennent ses protecteurs et qu'il sert pendant quelquetemps. Ces derniers occupent un rang de plus en plus élevé dans la hiérarchie sociale et permettent à Gil Blas lui-même de s'élever sur l'échelle sociale. Au terme de ses aventures, c'est un Gil Blas enrichi et anobli, retiré sur lesterres qu'il a acquises, que nous écoutons nous raconter sa propre histoire. 2. UN ROMAN D'APPRENTISSAGE Derrière la fantaisie débridée d'aventures drôles...
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MALHERBE: Oeuvres poétiques (Fiche de lecture)
Ressemblent un torrent qui des hautes montages, Ravageant et noyant les voisines campagnes, Veut que tout l'univers ne soit qu'un élément.» (Ibid., v. 301-306) Certes Malherbe, devenu chantre du classicisme, reniera ce poème de jeunesse, mais, même rendu à une forme plussobre de poésie, il continuera d'exploiter, dans ces vers de circonstances, les thèmes de la poésie traditionnelle. Le premier de ces thèmes est celui de la guerre et de la paix. Poète officiel, Malherbe consacre sa poésie aux...
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MALLARMÉ: Les Fenêtres (Fiche de lecture)
Ce poème, comme la plupart des poèmes de Mallarmé écrits entre 1860 et 1864, est placé sous le signe des Fleurs du mal: ainsi, l'opposition entre l'«Ici-bas» et l'Idéal reprend celle entre Spleen et Idéal ; on retrouve en outre nombre d'images fortes provenant de Baudelaire: le «triste hôpital», le «grand crucifix» et «l'ordure» («Les Phares») ; le soleil sur la pourriture («Une Charogne») ; les parfums et le nonchaloir («La Chevelure»). À ce matériau d'emprunt, Mallarmé impose un traitemen...
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MALLARMÉ: Les Noces d'Hérodiade (Fiche de lecture)
De l' oeuvre, Mallarmé n'a laissé que trois fragments : «Ouverture ancienne», unmonologue de 96 vers, dans lequel la nourrice d'Hérodiade fait le portrait de sa maîtresse ;«Scène», dialogue de 135 vers, qui montre Hérodiade repoussant la nourrice qui veut lacoiffer, puis s'abîmant dans la contemplation d'elle-même ; «Cantique de saint Jean», unmonologue de sept quatrains prononcé par le saint lui-même pendant qu'on lui coupe latête. Mallarmé a écrit la «Scène» en premier. C'est lorsqu'il s...
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MALRAUX: La Condition humaine (Fiche de lecture)
Les communistes se sont alliés au Kuomintang, mais ils se partagent en deux tendances politiques : — celle de la politique soviétique inspirée par Staline qui veut s'allier aux forces locales de Tchang Kaï-Chek, dans unpremier temps, pour ensuite le combattre et établir le communisme. — celle de Chou En-Lai, représenté par le personnage de Kyo dans le roman, qui est inspiré par les idées de Trotskyet prépare l'insurrection de Shangaï en refusant toute compromission avec le Kuomintang. C'est à ce...
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LE CLÉZIO: Le Procès-verbal (Fiche de lecture)
Le roman débute par le portrait du héros ; on ne sait s'il sort d'un asile ou s'il a déserté. Il écrit à une jeune fille,Michèle. Quelques éléments de son passé et de son caractère montrent qu'il était prédisposé à une rupture : sansamis, habitué à se taire depuis des années, content «d'attendre longtemps, sans bouger, fier de n'avoir plus grand-chose d'humain» Il s'absorbe dans la contemplation du soleil et se laisse glisser, dans une maison isolée, tout au longde jours vides, dans une «extase...
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LA ROCHEFOUCAULD: MAXIMES (Fiche de lecture et analyse)
en donnait les moyens ; il ne se repose jamais hors de soi, et ne s'arrête dans les sujets étrangers que comme lesabeilles sur les fleurs, pour en tirer ce qui lui est propre.» Ainsi l'amour-propre est le moteur de nombre de nos actions et gouverne tous nos sentiments. C'est une forceomniprésente et omnipotente : «Il y a dans la jalousie plus d'amour-propre que d'amour.» «Nous ne ressentons nos biens et nos maux qu' à proportion de notre amour-propre.» (Maximes, 324 et 339) «Rien n'est si...
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LACLOS (CHODERLOS DE): Les Liaisons dangereuses (Analyse littéraire)
(Lettre CV) Le second exemple porte la duplicité à son comble ; il concerne la lettre qu'écrit Valmont à Mme de Tourvel des brasd'une de ses maîtresses. Dans une première lettre, il raconte l'épisode à la marquise de Merteuil : «Cette complaisance de ma part est le prix de celle qu'elle vient d'avoir, de me ser-vir de pupitre pour écrire à mabelle Dévote, à qui j'ai trouvé plaisant d'envoyer une Lettre écrite du lit et presque d'entre les bras d'une fille, interrompue même pour une infidélité...